«Le bicaméralisme est un frein aux réformes»

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 8 Septembre 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Le système bicaméral du Maroc est un frein à la dynamique des réformes. C'est l'avis de Nizar Baraka, membre du bureau exécutif du Parti de l'Istiqlal. Il estime également que la Koutla n'est pas une alliance conjoncturelle.

    ALM : Quels sont d'après vous les véritables enjeux de ce scrutin partiel ? De quelles influences pourrait-il être crédité sur l'échiquier politique ?
    Nizar Baraka : Ce scrutin partiel permettra d’avoir une idée sur l’état des forces politiques en présence au niveau local ainsi qu’au niveau des Chambres professionnelles et des représentants des salariés et ce à la veille d’échéances importantes pour notre pays, les élections législatives de 2007. Pour autant, cela ne risque pas de remettre en cause de manière sensible le poids de la majorité dans la seconde Chambre puisque le renouvellement ne touche que le tiers de la Chambre des conseillers. En fait, ce scrutin permettra de jauger la capacité de notre démocratie émergente à faire face aux déviances résultant de l’usage de l’argent sale et redonner ainsi de la crédibilité aux institutions élues. Malheureusement, je crains qu’on soit encore loin du compte.


    La Koutla et les partis de la majorité sont encore montrés du doigt pour avoir cautionné des gens "infréquentables" ou, du moins, recouru aux mêmes pratiques de fraude décriées ici et là. Qu'en pensez-vous ?
    Mettre tous les malheurs de la transition démocratique du pays sur le dos de la Koutla est probablement trop facile et certainement faux. Je pense au contraire que la Koutla et particulièrement le Parti de l’Istiqlal ont toujours combattu ce type de pratiques qui retardent l’avènement de la démocratie dans notre pays. Nous n’avons d’ailleurs aucun intérêt à ce que la Chambre des conseillers ne soit pas représentative et ce d’autant plus que l’article 77 de la Constitution lui octroie le pouvoir de voter des motions d’avertissement ainsi que des motions de censure du gouvernement, ce qui constitue une arme redoutable.

    Dans plusieurs régions, des candidats de la Koutla se sont engagés dans une sorte de guerre fratricide. Un nouvel épisode de tension n'est-il pas à craindre par exemple entre vous et l'USFP ?
    Je vous rassure, il n’y aura pas de tensions entre nos deux partis. Dans la déclaration de la Koutla de juillet dernier, nous nous sommes d’ailleurs engagés à poursuivre notre action ensemble, après les échéances électorales présentes et futures, en vue de construire une société démocratique, prospère et solidaire. En confirmant que la Koutla est un choix stratégique et non pas une alliance conjoncturelle à un an des élections législatives, nos partis ont clarifié leur position dans le paysage politique national et ont exprimé leur volonté de poursuivre la dynamique de réformes qui a permis au Maroc de connaître une transition démocratique et d’être sur un sentier de développement soutenu et durable où le citoyen est au centre des préoccupations de l’action publique.

    Le Parti de l'Istiqlal a présenté à ce scrutin une seule femme. Pourquoi à votre avis ?
    La sous-représentation féminine au sein des collèges électoraux explique largement cet état de fait regrettable. D’où l’intérêt d’étendre la discrimination positive au niveau des scrutins locaux. Ce n’est qu’à travers le système des quotas que l’on parviendra à faire évoluer les mentalités au sein de la société et rendre justice à un de ses piliers les plus importants. Cela a toujours été une conviction profonde pour le Parti de l’Istiqlal qui a introduit le quota au profit des femmes dans ses statuts, il y a plus de 25 ans.

    De plus en plus de voix s'élèvent pour le retour au monocaméralisme et l'abandon de la deuxième Chambre. Quel est votre avis concernant cette autre polémique ?
    Il est clair que le système bicaméral dans notre pays constitue un frein à la dynamique réformatrice que connaît le Maroc ces dernières années. C’est pourquoi il est nécessaire de rendre le Parlement plus efficace en reconsidérant les attributions de la deuxième Chambre, afin qu’elle ne soit plus une image dupliquée de la Chambre des représentants, en lui retirant notamment le pouvoir de renverser le gouvernement. Il s’agit également de réviser la composition de la Chambre des conseillers pour qu’elle se limite à la représentation des collectivités locales et de réduire les procédures d’approbation des lois en améliorant le fonctionnement des commissions mixtes paritaires et en prévoyant le vote bloqué pour les textes prioritaires du gouvernement. Quant aux Chambres professionnelles et les salariés, ils seront représentés dans le Conseil économique et social dont la mise en place était prévue dans la Constitution de 1992, il y a déjà 14 ans.

    Aujourdhui
     

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