«Le crash du Rio-Paris aurait pu être évité»

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 4 Octobre 2009.

  1. @@@

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    Dans un rapport d'enquête révélé par le JDD et qui doit être remis cette semaine à la justice, deux pilotes expérimentés mettent à l'index les fameuses sondes Pitot et pointent une cascade de responsabilités.

    «Sans la panne des sondes Pitot, il n'y aurait pas eu d'accident.» Président du Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf) et commandant de bord sur A320, Gérard Arnoux est formel. Co-auteur d'une contre-enquête sur le crash du vol Rio-Paris, dont le JDD publie les principales conclusions, il remet en cause la thèse officielle du Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) et dénonce une série de «négligences» sans lesquelles l'accident «aurait sans doute pu être évité».


    Les sondes Pitot - ces capteurs qui mesurent la vitesse de l'avion - «sont conçues sur la base de standards de certification obsolètes qui ne prennent pas en compte le givrage à haute altitude», affirme Gérard Arnoux. «Il est une vérité incontestable que nous devons marteler sans relâche : sans la panne des sondes Pitot, il n'y aurait pas eu d'accident», insiste-t-il. Dès les premiers jours qui ont suivi le crash de l'AF447, le 1er juin dernier, ces capteurs avaient créé une vive polémique entre les pilotes et la direction d'Air France.

    Pour le BEA - qui espère expliquer le crash de l'AF447 d'ici à «un an, un an et demi» -, une défaillance de ces sondes Pitot est «un élément, mais pas la cause». «Le BEA cherche à minimiser le rôle joué par les Pitot parce qu'il n'a pas diligenté les enquêtes que les lois et règlements lui imposaient de faire depuis au moins le signal d'alarme tiré par son homologue allemand en 1999, et en tout état de cause depuis les incidents de 2008», dénonce le président du Spaf.

    Menée avec Henri Marnet-Cornus, ancien pilote de chasse et commandant de bord sur A330 à la retraite, l'enquête accuse encore le BEA de «refuser d'adopter des techniques d'analyse modernes. Il privilégie toujours ce qui se passe dans le cockpit au détriment d'autres facteurs». Le rapport des deux pilotes, qui doit être remis cette semaine au juge d'instruction, affirme également qu'en dépit de plusieurs incidents et des recommandations d'Airbus durant l'été 2008 de remplacer les anciennes sondes AA, Air France n'a pas équipé automatiquement tous ses avions de nouvelles sondes BA. La compagnie, elle, se défend en assurant qu'Airbus lui a indiqué pendant plusieurs mois que les modèles BA ne résolvaient pas les problèmes de givrage à haute altitude, avant de se raviser en avril 2009.


    Le problème des sondes sous-estimé

    «Tous les acteurs ont sous-estimé le problème des sondes», tonne Gérard Arnoux. Selon les conclusions de son rapport, les agences européenne et américaine de l'aviation civile ont été informées dès 1996 par Airbus que les normes de certification des sondes Pitot étaient obsolètes. A nouveau alertée sur ce problème à l'automne 2008, l'AESA répond en mars 2009 qu'aucun problème de sécurité ne justifie le remplacement obligatoire des sondes Pitot AA. Elle interdira ces mêmes sondes cinq mois plus tard.

    Et Gérard Arnoux et Henri-Marnet Cornus de pointer d'autres défaillances au niveau des instructions de pilotage ou de la transmission des données météo. «Chez Air France, nos performances en matière de sécurité ne sont pas à la hauteur du premier transporteur mondial, lancent-ils. Obnubilée par la réduction des coûts, la direction n'a pas compris que la sécurité est un investissement productif.»


    http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...-crash-du-rio-paris-aurait-pu-etre-evite-.php
     

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