«Y a-t-il un avenir au Maroc» de Réda Lamrini : Un roman politique

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 24 Juin 2006.

  1. Le_Dictateur

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    Auteur d'un essai sorti en 1990 sous le titre «Le Maroc de nos enfants», Réda Lamrini a adopté depuis une forme romanesque pour s'exprimer sur des sujets politiques. Résultat : trois ou quatre ouvrages toujours sur le même ton : direct, voire brutal et sans subtilité. Entretien.

    Le Matin : Pourquoi ce livre aujourd'hui?
    Réda Lamrini : Ce n'est pas un livre que j'ai écrit pour aujourd'hui, cela suppose qu'il y a un timing.

    Vous avez déjà écrit un livre à la fin des années 80 sous le titre «Le Maroc de nos enfants», le présent ouvrage est-il une sorte de mise à jour?

    Le premier était écrit en 1990, on venait de sortir de la campagne d'assainissement, il y avait des élections deux années auparavant. C'était l'année de toutes les espérances mais aussi de toutes les déceptions. «Le Maroc de nos enfants» était donc motivé par les circonstances de l'époque, c'était presque un réquisitoire.

    Aujourd'hui, les perspectives sont ouvertes et, en fait, je n'aurais jamais écrit ce livre si la question qui figure sur le titre ne m'était pas posée effectivement. C'est cette question qui m'a inspiré ce livre sous forme de fiction, parce que l'espoir est permis plus que par le passé. Et ce n'est pas un espoir béat, c'est un espoir sous condition.

    Ce sont ces conditions qui forment l'essentiel de votre livre. Quelles sont alors ?


    Le livre ne fait qu'effleurer les problèmes du pays, ce n'est pas le sujet qui me préoccupait, ni d'ailleurs les solutions qui sont connues. Ce qui m'intéressait c'était la question de savoir quelle est la voie qui nous permettrait de mettre en ½uvre ces solutions. Je rappelle que le livre est une fiction qui met en ½uvre des protagonistes dont la préoccupation première est l'avenir de leur pays. Il y a donc des idées, un débat d'où il ressort que la mise en ½uvre des solutions pour le pays revient à ceux qui en ont la charge, donc aux hommes politiques. Et la «mère» des solutions serait de mettre en place un système de gouvernance politique qui permet aux gens compétents et sincères d'être aux postes de commande.

    Pourquoi avoir choisi la forme romanesque pour un thème politique ? Un essai aurait fait l'affaire.

    Au début, je l'ai conçu comme un essai, mais l'essai a un inconvénient, c'est que l'auteur est seul à exposer ses idées. Il serait difficile de donner la parole à beaucoup de voix, ce serait fastidieux pour le lecteur comme pour l'auteur. Le second inconvénient c'est le caractère un peu docte de l'essai, l'auteur est là en train d'asséner des vérités au lecteur, je trouve ça intenable. Le roman est tout le contraire, il y a plusieurs personnages, chacun à ses idées, chacun est porteur de message etc. J'imagine que c'est beaucoup plus agréable pour le lecteur. En plus, il y a une petite histoire qu'il peut suivre.

    Effectivement les personnages s'accordent sur l'utilité de la politique de développement humain en cours.

    Le développement humain n'est pas une politique, c'est une philosophie qui met l'homme au centre des préoccupations de développement. Aujourd'hui c'est pour parer à des urgences et à des inégalités criardes mais j'espère qu'à l'avenir les politiques seront d'une telle cohérence qu'ils n'auront plus à parler de l'INDH, pace que chaque gouvernement aura pour objectif d'atteindre le développement humain.


    Source - LE MATIN
     

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