À qui appartient la Lune ?

Discussion dans 'High tec' créé par titegazelle, 4 Mars 2017.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    © Nasa - L'astronaute Scott Kelly a pris cette photo de la Lune
    depuis la station spatiale internationale le 2 juillet 2015
    - Crédit photo : Nasa -

    L'arrivée d'entreprises privées dans le jeu de la conquête spatiale pourrait bouleverser les règles juridiques en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique.

    La question semblait réglée depuis des années. Depuis qu'un Traité international établi sous l'égide de l'ONU avait, en 1967, stipulé dans son article II que «l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l'objet d'appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d'utilisation ou d'occupation, ni par aucun autre moyen». La Lune n'appartiendrait donc à personne (ou à tout le monde).

    Mais la conquête spatiale a considérablement évolué depuis 1967. Et les réglementations ont fleuri, des accords bilatéraux ou multilatéraux entre gouvernements ou entre agences spatiales se sont multipliés. Des tonnes de documents définissent les règles et les responsabilités pour les tirs spatiaux, les satellites, les hommes dans l'espace, la station spatiale internationale, les sondes exploratrices... Les règles juridiques applicables à l'espace sont aujourd'hui très (trop) complexes, sans véritable plan d'ensemble. Même les spécialistes ont du mal à se retrouver dans ce qui est devenu une jungle quasi inextricable. D'autant que se développent les premières entreprises privées de vols spatiaux comme Space X. Que se passera-t-il si l'une d'elles prend pied sur la Lune pour l'exploiter?

    L'exploitation de la Lune parfaitement autorisée

    Et les revendications de propriété de terrains lunaires se multiplient. Si bien que l'Institut international du droit de l'espace (IISL) avait rappelé qu'il est de la responsabilité de chaque État de ne pas légaliser ces revendications de propriété. Le problème est que tout le monde n'a pas ratifié ni même signé le traité de l'espace de 1967.
    Au 1er janvier 2017, 105 pays avaient ratifié le traité de 1967 (dont la Chine, la France, la Russie et les États-Unis) , et 24 autres ne l'avaient que signé (la signature est moins «forte» que la ratification).

    Un autre traité international, établi en 1979, concerne l'éventuelle exploitation de la Lune et des autres corps célestes. Exploitation qui est encadrée mais parfaitement autorisée. Seuls onze États l'ont signé, dont la France et l'Inde. Mais aucun acteur majeur comme les États-Unis, la Russie, la Chine ou le Japon ne l'a fait.

    Et on sait que des projets sont dans les tiroirs de plusieurs agences spatiales concernant des exploitations «minières»: l'hélium-3 (qui pourrait devenir un supercarburant) et l'eau de la Lune, le magnésium, le cobalt ou l'uranium de Mars, l'or des astéroïdes...

    Néanmoins, en annonçant son retour sur la Lune d'ici à 2020 et l'établissement d'une base lunaire permanente en 2024, la Nasa a surtout insisté sur l'intérêt scientifique du projet. Et sur le fait que la Lune pourrait constituer une base de lancement pour des vols habités vers d'autres planètes.

    Des projets d'hôtels ?

    Il existe également des projets d'hôtel lunaire ou en orbite. Quel droit s'y appliquerait ? Pour l'instant, il serait semblable en grande partie au droit maritime. Les engins spatiaux portent, comme les bateaux, des pavillons. C'est donc le droit du pays où est enregistré l'engin qui s'applique à lui. Si une fusée russe est lancée depuis le territoire français, la France et la Russie sont responsables d'elle pendant son trajet, à l'aller comme au retour, mais à l'intérieur de la fusée, ce sont les lois russes qui s'appliquent.

    Remettons les pieds sur la Lune. Nombreux sont les hurluberlus, un peu partout dans le monde, qui s'en disent propriétaires. Le plus connu est Dennis M. Hope (il s'est autoproclamé président du gouvernement galactique), un Américain qui, en 1980, a déposé des actes de propriété de la Lune et de toutes les planètes du système solaire auprès des services fonciers de la Ville de San Francisco, avec copie à l'ONU et aux gouvernements américains et russes.
    À travers sa société, Lunar Embassy, il vend des parcelles lunaires. On peut ainsi s'offrir un lot de 4 000 m² près de la mer de la Tranquillité pour un peu plus d'une trentaine d'euros. Et recevoir son superbe titre de propriété accompagné d'une photo du terrain en question et des caractéristiques géographiques de son emplacement. De quoi faire un beau tableau à accrocher à son mur pour une somme modique (ceci dit, vous pouvez le réaliser vous-même pour encore moins cher).

    Une autre société américaine s'est également lancée dans ce commerce en 1999. La Lunar Republic Society est basée à New York et affirme également être propriétaire de la Lune. Bien que ces titres n'aient bien sûr aucune valeur «notariale», ces sociétés affirment avoir déjà vendu des millions de mètres carrés de Lune.
    À des milliers de personnes qui sont vraiment... dans la lune.





    [​IMG] Le Figaro - Jean-Luc Nothias
    https://www.msn.com/fr-fr/actualite...s/à-qui-appartient-la-lune/ar-AAnDMm0#image=1

     

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