Égypte : fin de l'état d'urgence déclaré il y a trois mois

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 13 Novembre 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Égypte :
    fin de l'état d'urgence déclaré il y a trois mois

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    AFP/Archives

    Un tribunal égyptien a ordonné mardi, deux jours avant la date prévue, la fin de l'état d'urgence imposé mi-août quand les forces de sécurité réprimaient dans le sang les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.

    Le gouvernement a annoncé dans un communiqué qu'il respecterait cette décision mais qu'il attendrait une notification officielle avant de l'appliquer.

    L'état d'urgence, accompagné d'un couvre-feu nocturne, était censé prendre fin jeudi.

    Le président par intérim Adly Mansour avait déclaré l'état d'urgence le 14 août, le jour où les forces de l'ordre ont dispersé deux grands rassemblements de partisans de M. Morsi au Caire, au prix de centaines de morts.

    Au total, au moins un millier de personnes ont été tuées, essentiellement des pro-Morsi, le 14 août et dans les jours qui ont suivi.

    L'état d'urgence donne de larges pouvoirs aux services de sécurité, mais selon les dispositions établies par un décret de M. Mansour, il n'était pas possible de l'étendre de nouveau sans un référendum.

    Mardi soir, le ministère de l'Intérieur tout comme l'armée ont fait savoir qu'ils maintenaient le couvre-feu jusqu'à ce qu'ils reçoivent une notification officielle. Ce couvre-feu, progressivement réduit depuis son instauration, restait en place de 23H00 GMT à 03H00 GMT.

    L'état d'urgence a été imposé de façon quasi-permanente en Égypte depuis des décennies, avant sa levée le 31 mai 2012.

    Sa remise en place par M. Mansour était surtout importante d'un point de vue symbolique, a estimé Heba Morayef, responsable de Human Rights Watch en Égypte. "Le ministère de l'Intérieur semble avoir la conviction que les lois répressives ont un effet de dissuasion", a-t-elle dit.

    La majorité des quelque 2.000 islamistes arrêtés depuis la destitution de M. Morsi par l'armée --dont quasiment tous les dirigeants des Frères musulmans-- ne l'ont ainsi pas été en vertu des dispositions prévues par l'état d'urgence, a-t-elle rappelé.

    Le président par intérim doit d'ailleurs promulguer bientôt par décret de nouvelles régulations des rassemblements, qui sont perçues comme des restrictions à la liberté de manifester et de faire grève et qui ont déjà suscité de vives réactions de mécontentement même parmi les membres du gouvernement et ses partisans.

    Les partisans de M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte, appellent régulièrement à manifester, en particulier le vendredi à l'issue de la prière musulmane hebdomadaire, même si la répression a limité leur capacité à mobiliser massivement.

    Mardi, les États-Unis ont salué la levée annoncée de l'état d'urgence et du couvre-feu, tout en exprimant leurs "inquiétudes" face aux projets des autorités égyptiennes de "légiférer en matière de sécurité".

    "Nous exhortons le gouvernement à respecter les droits de tous les Égyptiens, ce qui implique d'assurer que tous les Égyptiens puissent exercer dans le calme leur liberté de rassemblement et d'expression", a déclaré la porte-parole du département d’État, Jennifer Psaki.

    Ces derniers jours, les tensions entre pro-Morsi et pro-armée se sont illustrées dans le domaine du football, quand un attaquant du club cairote Al-Ahly a provoqué une vive polémique en faisant le signe de ralliement des pro-Morsi pour célébrer le but qui confortait le 8e titre de champion d'Afrique.

    Ahmed Abdul Zaher a été suspendu pour le Mondial des clubs en décembre, privé de prime de match, et ajouté à la liste des joueurs que le club souhaite vendre la saison prochaine.


    Outre les pouvoirs élargis des forces de l'ordre, l'état d'urgence a permis au gouvernement d'assigner l'ancien président Hosni Moubarak, actuellement jugé pour complicité dans le meurtre de manifestants début 2011, à résidence dans un hôpital militaire du Caire.

    M. Moubarak avait été libéré de prison en septembre, son temps de détention provisoire ayant atteint la limite légale avant un procès. Mais il pourrait être de nouveau incarcéré, le gouvernement ayant amendé une loi allongeant la durée de détention provisoire.




    Mise à jour : mardi 12 novembre 2013 23:09 | Par AFP
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