ÉTATS-UNIS • Ces esclaves qui ont construit le Capitole

Discussion dans 'Scooooop' créé par HANDALA, 20 Novembre 2007.

  1. HANDALA

    HANDALA Bannis

    J'aime reçus:
    91
    Points:
    0
    ÉTATS-UNIS • Ces esclaves qui ont construit le Capitole ​


    Symbole de la liberté aux Etats-Unis, le Capitole a été construit en grande partie par des esclaves. Aujourd'hui, des historiens et des militants se battent pour la reconnaissance du rôle de ceux qui n'ont jamais connu la liberté.

    [​IMG]
    AFP ​

    Lorsque la jeune Sarah Jean Davidson se rendit à Washington au plus fort du mouvement pour les droits civiques, dans les années 1960, la vue des bâtiments historiques environnants ne suscita en elle aucune émotion particulière. Aujourd'hui présidente d'un groupe d'étude sur l'histoire des Noirs en Arkansas, elle se souvient : "Quand je regardais le Capitole, je ne ressentais aucune connexion." Elle était loin d'imaginer qu'un de ses ancêtres, esclave en Virginie, avait peut-être participé à sa construction.
    Ce sont en effet des esclaves qui ont érigé ce monument à la gloire de la liberté et de la démocratie, valeurs auxquelles ils n'ont pu pleinement goûter. Aujourd'hui, leur contribution pourrait enfin être reconnue.
    Les législateurs ont l'intention de mettre en avant cette contribution grâce à une exposition à la mémoire des esclaves qui ont bâti le Capitole, brique après brique, depuis ses fondations jusqu'à la statue en bronze trônant sur son dôme. "Le Capitole, symbole de notre démocratie, n'a pas été construit en une nuit, ni grâce à des machines", déclare John Lewis, un représentant du district de Géorgie, fils de métayers, qui est une figure historique du mouvement des droits civiques. "Des travailleurs, notamment des esclaves afro-américains, ont trimé pour faire sortir de terre ce vaste bâtiment."
    Les esclaves intervenaient à presque tous les niveaux, de la taille des pierres à l'assemblage de larges blocs, explique Felicia Bell, responsable de la Société d'histoire du Capitole. Les pressions pour achever le bâtiment au plus vite contraignaient les esclaves à travailler aussi bien dans la chaleur étouffante de l'été que dans le froid glacial de l'hiver. Beaucoup s'épuisèrent à la tâche, furent blessés ou y laissèrent leur vie.
    "Imaginez construire le Capitole de vos propres mains", dit Lewis. "Imaginez-vous, pendant l'été brûlant, vous échinant en plein soleil, sans grue, sans élévateur ni aucun outil moderne."
    Lewis a dirigé un groupe de travail parlementaire qui a recommandé, la semaine dernière, l'installation de plaques commémoratives ainsi que l'organisation d'une exposition au Capitole retraçant l'histoire des esclaves et des membres du Congrès de l'époque. Le groupe de travail a également invité les guides du Capitole à présenter cet aspect de l'histoire du bâtiment, et a proposé de donner le nom d'"Emancipation Hall" à la grande galerie d'accueil du Capitole. "C'est facile d'oublier, pendant que nous préparons des lois pour préserver et protéger notre liberté, que les murs mêmes qui nous entourent ont été construits en partie par des hommes qui ne jouissaient pas de cette liberté", déclare Vernon Ehlers, représentant du Michigan et responsable républicain de la commission. "La reconnaissance de l'importance du rôle des esclaves dans l'histoire de notre pays est une très vieille dette."
    Quand George Washington a défini son vaste projet de nouvelle capitale pour les Etats-Unis, il n'avait pas prévu que la petite population du bassin du Potomac ne compterait pas assez de charpentiers, maçons ou tailleurs de pierre, peut-on lire dans le rapport de William Allen, historien au bureau de l'architecture du Capitole. Pour faire face à cette pénurie de main-d'œuvre, les responsables du chantier firent appel à des fermiers qui leur louèrent leurs esclaves de façon temporaire. En général, c'était les maîtres qui recevaient le paiement, et non les esclaves.
    On ne garda pratiquement aucune trace des contributions ou du nom des esclaves ayant travaillé sur le chantier du Capitole. Philip Reid, qui a participé à la réalisation de la statue en bronze, fait figure d'exception. Acheté pour la somme de 1 200 dollars pour son "talent évident" dans une fonderie, Reid reçut 41,25 dollars pour avoir aidé son maître à finir l'un des premiers moules de la statue.
    Selon Davidson, la reconnaissance du rôle des esclaves dans la construction du Capitole revêt une importance capitale pour les jeunes Afro-Américains qui se sentent étrangers aux institutions américaines.
    "Nous regardons ce passé," explique Lewis, "non pas pour rouvrir d'anciennes blessures mais pour être sûrs de rendre compte de l'histoire dans sa totalité, pour que les souffrances de ces esclaves ne soient jamais oubliées."

    Theo Milonopoulos
    Los Angeles Times ​


     
  2. vanlee

    vanlee Abou Mouataz

    J'aime reçus:
    118
    Points:
    0
    iwa rahom ba9in machadoch l7oriya diyalhom
     

Partager cette page