1001 contes !!

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par morphin, 28 Décembre 2005.

  1. morphin

    morphin Visiteur

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    voila je me suis dit pourquoi pas nebdaw fi jam3 les 1001 contes avec votre aide à tous, je vais commencer par poster quelques 80 contes si il'a des interesses ..
    Si vous en connaissez n'hésiter pas à en poster. merci


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    Mieux vaut dormir la nuit en ayant des soucis qu’en ayant des remords

    On raconte qu’un homme, se fit prier par sa femme, qui était enceinte, afin qu’il lui apporta des radis, car elle avait envie d’en manger. Le mari prie sa femme en pitié et sachant qu’ils n’avaient pas de radis dans leur jardin, il alla en voler quelques-uns dans celui de son voisin. Ce dernier le surprit entrain de voler, le tabassa et lui enleva une oreille. Le pauvre homme, ayant honte de lui-même se dit : "Comment trouverais-je le courage de retourner chez moi dans cet état ! J’ai perdu une oreille pour des radis."


    Le pauvre homme, se mit alors en marche, d’une région a une autre, jusqu’à ce qu’il atteigne un village. La, il rencontra un vieillard qui lui demanda : "D’où venez-vous mon ami. L’homme répondit : "Le village d’où je viens est loin." Le vieillard demanda alors : "Est-ce que tu possèdes quoi que ce soit. As-tu un endroit ou tu peux passer la nuit." L’homme répliqua : "Absolument rien. Je ne suis qu’un simple passant." Il se mit alors a lui raconter sa vie, comment et pourquoi il a finit ici.

    Le vieillard ayant entendu son histoire, se leva et lui procura de quoi manger, lui montra un endroit pour dormir et lui souhaita bonne nuit. Le lendemain, le vieillard étant revenu voir le passant, trouva qu’il était toujours la et qu’il n’était allé nul part. Or, il y avait dans ce village un homme très riche, qui y vivait. Le vieillard se présenta à lui et lui exposa la situation, indiquant que le passant était un homme très bien. L’homme riche accepta de le prendre à son service et lui annonça qu’il lui offrira un salaire. Le passant de son cote, expliqua a son maître qu’il ne voulait pas de salaire. Qu’il ne cherchait qu’un endroit ou il pourrait avoir de quoi manger et une place pour dormir !

    Le passant resta donc dans ce village, travaillant dans les champs, prenant soins des bêtes de son maître. Un an passa depuis le jour ou il est arrivé ici. Son maître lui dit : "Dit moi mon fils, tu n’as pas un endroit ou tu aimerais aller, pour changer. Il ne faut pas que tu te sentes gêné. Vas, sort et amuses toi un peu." L’homme lui répondît : "Je n’ai nul part ou aller. Je préfères rester ici." Son maître lui répondît : "Il n’en n’est pas question. Tien ton salaire que j’ai mis de cote pour toi pendant tout ce temps et vas rendre visite à ceux qui te sont chers."

    Notre passant pris son salaire et partit. Le jour du marché, il se présenta la bas. Il entendit quelqu’un crier : "Qui veux acheter des conseils avec de l’argent, qui veut acheter des conseils avec de l’argent." Il s’approcha du vendeur et lui donna une partie de son argent. Il continua à faire le tour du marché et retourna voir le vendeur de conseils une autre fois, puis encore une autre jusqu’à ce qu’il finisse par lui donner tout l’argent qu’il avait sur lui. Le vendeur alors s’adressa à lui et lui dit : "Si tu arrives quelque part au coucher du soleil attends que la nuit tombe ; Si tu rencontre sur ton chemin une rivière attends que les eaux se calment ; Mieux vaut dormir la nuit en ayant des soucis qu’en ayant des remords."

    Notre passant se retourna alors et continua son chemin. Il marcha longtemps jusqu’à ce qu’il atteigne un cimetière. Or, le soleil se couchait. Il se rappela alors des paroles du vendeur de conseils. Il aperçut une maison. Il s’apprêta à entrer sans savoir que des esprits y vivaient. Ils les pris pour des êtres humains. Il trouva un homme entrain de manger de la terre. Celui ci l’invita à partager son repas mais le passant refusa et sortis. Il retourna à l’intérieur et voilà qu’il trouve un autre entrain d’ingurgiter du sang. Ce dernier l’invita à son tour a partager son repas mais il refusa aussi et il sortis. La troisième fois, en rentrant, il aperçoit un homme, entouré de bonne nourriture. Ce dernier l’invita comme les autres a partager son repas et notre passant cette fois ci accepta.

    Il demanda alors a celui qui l’invita : "Si vous saviez, je suis entré deux fois ici et j’ai trouve la première fois quelqu’un qui mangeait de la terre. La deuxième fois c’était quelqu’un qui ingurgitait du sang." L’hôte lui répondit : "Celui qui ingurgitait du sang n’a fait que du mal à ses parents et sa famille, sa chère et son sang. Quant a l’autre, quand il vivait, il s’arrangeait pour voler des terres qui ne lui appartenait pas." Notre passant resta alors abasourdis et compris que ces trois personnages sont en fait des esprits.

    Le lendemain donc, il continua son chemin. Voilà qu’il arrive à un endroit ou coulait une rivière. Il se rappela tout a coup des paroles du vendeur de conseils quand il lui dit : "Si tu rencontre sur ton chemin une rivière attends que les eaux se calment." Il s’installa alors sur le bord de la rivière et s’assit. C’est la qu’il aperçût un homme avec des chevaux. Ce dernier laissa ses chevaux la et essaya de traverser la rivière. Mais voilà que les eaux de celle ci se mirent à monter et la rivière emporta le propriétaire des chevaux. Le passant se leva et se rendant compte que l’homme n’a pas échappé à la mort, prix les chevaux de celui ci et continua son chemin.

    Il découvrît que les chevaux trimbalaient toutes sortes de richesses sur leur dos. Il se souvint alors de son foyer, de sa femme. Il compris qu’il fallait absolument qu’il retourne chez lui pour la revoir. Or notre ami, avait une cicatrice sur le front. Celle ci était cachée par le chapeau qu’il portait sur la tête. Arrivé chez lui, il appela et voilà que sa femme sortie de la maison accompagnée d’un jeune homme. Sa femme s’adressa donc a lui : "Si vous n’avez pas d’endroit pour dormir, attachez vos chevaux et rester ici pour passer la nuit." On lui donna de quoi manger et on lui indiqua l’endroit ou il pouvait s’allonger pour la nuit. Il s’installa donc pour dormir. La nuit tomba et il ne put fermer l’oeil. Il se disait : "Ma femme m’a oublie. Comme je ne suis pas revenu vers elle, elle a pris un autre homme. Non, je ne peux accepter ca. Cette nuit, je dois les tuer tous les deux." Ne pouvant dormir, il réfléchissait au problème auquel il faisait face. Voilà qu’il se souvint tout a coup des paroles du vendeur de conseils : "Mieux vaut dormir la nuit en ayant des soucis qu’en ayant des remords." Il décida alors d’attendre le lendemain. Il était tellement soucieux qu’il resta éveillé toute la nuit.

    Le jour se leva, il se mit à épier les habitants de la maison. Il entendit alors le jeune homme qui appelait : "Mère, voulez-vous de l’eau pour vous laver ?". En entendant ces paroles, il comprit. Le jeune homme en question n’était nul autre que le bébé qu’il avait laisse dans le ventre de sa femme. Il se leva, se dirigea vers sa femme et lui dit : "Dites-moi, je voudrais vous demander. Ce garçon, c’est votre fils ?" Elle lui répondît qu’effectivement il l’était. Il lui demanda alors : "Et son père ou est-il ?". Sa femme lui répondît : "Si vous saviez. Quand j’étais enceinte de mon fils, je voulais manger des radis. Mon mari sorti pour m’en ramener un peu. Et depuis, je ne l’ai plus revu." Notre passant enleva alors son chapeau et lui dit : "Me voilà. Je suis revenu femme." Il raconta alors a sa femme et son fils, tout ce qu’il a vécu depuis qu’il les a quittés. Il leur reporta ce que le vendeur de conseils lui dit : " Si tu arrives quelque part au coucher du soleil attends que la nuit tombe ; Si tu rencontre sur ton chemin une rivière attends que les eaux se calment ; Mieux vaut dormir la nuit en ayant des soucis qu’en ayant des remords."


    conte berbère
     
  2. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    Histoire du Coffre



    Il y avait un roi et ce roi avait un fils tendrement aimé qui lui dit :
    - Roi mon père, laisse moi aller au marché et voir tes sujets.
    - Fais selon ton plaisir, lui répondit le roi.

    Le prince s'en vint donc au marché et dit à tous les hommes :
    - Vous ne vendrez ni n'achèterez avant que vous n'ayez compris ces devinettes !

    La première :
    Quel est l'être qui, le matin, marche sur quatres pattes, à midi sur deux et le soir sur trois ?

    La seconde :
    Quel est l'arbre qui a douze branches et dont chaque branche porte trente feuilles ?

    Aucun ne sut répondre. Tous les hommes restèrent muets. Le marché se dissout.
    Une semaine passa. Le jour du marché ramena le fils du roi. Il demanda :
    - Avez-vous trouvé des réponses à mes devinettes ?

    Une fois encore tous se turent et se dispersèrent. Qui devait acheter n'acheta pas. Et qui devait vendre ne vendit pas. Le marché se défit.

    Or parmi ces hommes rassemblés se trouvait le surveillant du marché. Il était trés pauvre et avait deux filles, l'une fort belle et l'autre, la plus jeune, chétive mais pleine d'esprit.

    Le soir lorsque son père rentra, cette dernière lui dit :
    - Mon père, voici deux marchés que tu pars et que tu nous reviens les mains vides. Pourquoi ?
    - Ma fille, répondit le surveillant, le fils du roi est venu et nous a déclaré : " Vous ne vendrez ni n'achèterez tant que vous n'aurez compris le sens de ce que je vais dire."
    - Et que vous a demandé de deviner le prince ? reprit la jeune fille.

    Son père lui rapporta les paroles du prince.

    La jeune fille réfléchit un peu avant de répondre :
    - c'est facile, mon père : l'être qui, le matin, marche sur quatres pattes, à midi sur deux et le soir sur trois, c'est l'homme.

    Au matin de sa vie, il rampe sur les pieds et les mains, plus grand il avance sur ses deux pieds. Devenu vieux, il s'appuie sur un bâton.
    Quant à l'arbre, c'est l'année :
    l'année a douze mois et chaque mois porte trente jours.

    Une semaine passa. En ramenant le jour de marché, elle ramena le fils du roi. Il demanda :
    - Et aujourdhui avez-vous deviné ?

    Le surveillant parla. Il dit :
    - Oui, Seigneur. L'être qui le matin marche sur quatres pattes, à midi sur deux, le soir sur trois, c'est l'homme. Et quant à l'arbre, c'est l'année.
    - Ouvrez le marché ! ordonna le fils du roi.

    Quand vint le soir, le prince s'approcha du surveillantet lui dit :
    - Je veux entrer dans ta maison.

    Le surveillant répondit :
    - Bien seigneur.

    Et ils partirent à pied. Le prince déclara :
    - Je me suis enfui du paradis de Dieu. J'ai refusé ce que voulait Dieu. Le chemin est long ; porte-moi ou je te porterai. Parle ou je parlerai.

    Le surveillant garda le silence. Ils rencontrèrent une rivière : Le fils du roi dit :
    - Fais moi traverser la rivière ou je te la ferai traverser.

    Le surveillant qui ne comprenait rien ne répondit pas.

    Ils arrivèrent en vue de la maison. La plus jeune fille du surveillant (celle qui était malingre mais pleine d'intuition) leur ouvrit. Elle leur dit :
    - Soyez les bienvenus : ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu. Mes frères frappent l'eau avec l'eau. Ma soeur se trouve entre un mur et un autre.

    Le fils du roi entra. Il dit en voyant la plus belle fille du surveillant :
    - Le plat est beau mais il a une fêlure.

    La nuit trouva toute la famille réunie. L'on tua un poulet et l'on fit un couscous de fête. Lorsque le repas fût prêt, le prince dit :
    - C'est moi qui partagerai le poulet.

    Il donna la tête au père ; les ailes au jeunes filles ; les cuisses aux deux garçons ; la poitrine à la mère. Et il se réserva les pattes. Tous mangèrent et se disposèrent à veiller.

    Le fils du roi se tourna alors vers la jeune fille pleine d'esprit et lui déclara :
    - Pour que tu m'aies dit : "Ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu il faut qu'elle soit sage-femme". Pour que tu m'aies dit "Mes frères frappent l'eau avec l'eau" ils arrosaient des jardins. Et quant à ta soeur, "entre un mur et un autre", elle tissait la laine avec un mur derrière elle et un autre : le métier.

    La jeune fille répondit :
    - Lorsque tu t'es mis en route, tu as déclaré à mon père : "Je me suis enfui du paradis de Dieu". C'est la pluie qui pour la terre est le paradis de Dieu : Tu craignais donc de te mouiller ? Et puis tu as dit : "J'ai refusé ce que voulait Dieu". C'est la mort que tu refusais ? Dieu veut que nous mourions, mais nous, nous ne voulons pas.
    Tu as dit enfin à mon père : "Le chemin est long, porte moi ou je te porterai ; parle ou je parlerai" pour que le chemin semble plus court.
    Tout comme lui tu as dit, lorsque vous vous êtes trouvé devant la rivière : "Fais moi passer la rivière ou je te la ferais passer" : tu voulais dire : "indique-moi le gué ou je chercherai" .


    En entrant dans notre maison, tu as regardé ma soeur tu as dit "Le plat est beau, mais il a une fêlure". Ma soeur est belle en effet, elle est vertueuse, mais elle est fille d'un pauvre homme.
    Et puis tu as partagé le poulet. A mon père tu as donné la tête : il est la tête de la maison.
    A ma mère tu as donné la poitrine : elle est le coeur de la maison.
    A nous les filles tu as donné les ailes : nous ne resterons pas ici .
    A mes frères, tu as donné les cuisses : ils sont les soutiens, les piliers de la maison.
    Et toi tu as pris les pattes parce que tu es l'invité : ce sont tes pieds qui t'on amené jusqu'ici, ce sont eux qui te ramèneront.

    Dés le lendemain le prince alla trouver le roi son père et lui déclara :
    - Moi, je veux épouser la fille du surveillant du marché
     
  3. milagro

    milagro Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    merciiii pour ces contes de fées , ça me fait planer !!
    en fait stp si t'en as d'autres n'hésite pas à partager avec tes lecteurs affamés d'un monde fantastique !!
     
  4. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    de rien Milagro, chacun de nous a été bercée un jour par milles contes extra-ordinaires et enchanteurs racontés par la grand mére,j'en garde un souvenir ému. les histoires que les femmes marocaines se racontent entre elles. Nous sommes un peuple oral par exellence.
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    Le maître d'école et la femme (conte marocain)

    Dites-moi, maître, demanda la femme, qu'est-ce qui l'emporte, est-ce le savoir de la femme ou celui du clerc ?
    Tout savoir existant, répondit-il, appartient en exclusivité à Dieu et aux clercs.
    Nous, reprit la femme, nous possédons un savoir qui fait mourir et fait revivre.
    Blasphème ! s'exclama le clerc, il n'y a que Dieu qui puisse faire mourir et faire revivre.
    Bon, dit-elle, entendu. Pour sûr, je vous le ferai connaître, ce savoir.
    Ne ménagez pas votre peine, répliqua le clerc, tout ce qui est en votre pouvoir, faites le.

    La femme laissa passer un certain temps jusqu'à ce que le maître d'école eût oublié la chose. Elle attendit que ce fut son tour de lui porter son repas(1) ; Alors, elle se fit belle et alla le lui porter. Arrivée au bord de la citerne, dans laquelle il y avait six mètres d'eau, elle appela le clerc.
    Oui, cria-t-il.
    Voici votre déjeuner, Monsieur, dit-elle.

    Le maître d'école vint donc chercher son repas. Dès qu'il fut arrivé, voilà qu'elle s'agrippa à lui et poussa des cris.
    Mais qu'est-ce que vous faites ? s'exclama le clerc.
    Je vais vous faire mourir... dit-elle.

    Puis elle lui demanda :
    Dois-je vous ressusciter ?
    Oui, dit-il.
    Alors, dit-elle, laissez-vous tomber dans la citerne.

    Le malheureux clerc se laissa tomber dans la citerne. Quand les gens entendirent les cris de la femme, ils accoururent.

    Arrivés auprès d'elle, ils lui demandèrent
    Qu'est-ce qu'il y a ?.
    J'avais, dit-elle, apporté son repas au maître d'école, je l'ai appelé, il est venu le chercher, et voilà qu'il a été pris d'un étourdissement et qu'il est tombé dans la citerne.

    Les gens s'avancèrent et retirèrent le clerc de la citerne.

    Quand celui-ci eut séché ses vêtements, il annonça à la femme qu'il la citait en justice.
    Allez, lui dit-elle, vous avez autre chose à faire.
    Pas question, s'obstina-t-il.
    Alors, lui demanda-t-elle, je voudrais que vous me donniez de quoi au moins me couvrir. C'est que je suis gênée d'aller chez les gens dans cette tenue.

    Le clerc lui donna la pièce d'étoffe dans laquelle il se drapait habituellement, et il resta lui-même en djellaba.

    Arrivés chez le cadi, la femme dit à celui-ci
    Dieu m'est témoin cet homme a perdu la raison.

    C'est bon dit le cadi, expliquez vous.

    Pour l'amour du ciel, Monseigneur, s'écria le maître d'école, il faut que vous tranchiez mon différend avec cette femme. Elle m'a appelé en me disant "Voici votre déjeuner" Je suis sorti pour aller le chercher ; alors elle s'est agrippée à moi et a poussé des cris. Je lui ai demandé : "Mais pourquoi est-ce que vous avez fait ça !". Elle m'a répondu : "Je m'en vais vous faire mourir". Au moment où...(les gens allaient arriver), elle m'a demandé "Voulez- vous que je vous ressuscite ?"
    "D'accord" lui ai-je dit.
    Alors elle m'a ordonné de me laisse tomber dans la citerne. "Je me suis donc laissé tomber dans la citerne", poursuivit-il, les gens sont accourus et ils ont demandé "qu'est-ce que c'est que ça, qu'est-ce qui vous prend ?". Alors elle leur à dit : "J'avais apporté son repas au maître d'école et voilà que je l'ai trouvé qui était tombé dans la citerne".

    Qu'est-ce qui est arrivé, demanda le Cadi à la femme, pour que vous ayez fait tomber le clerc dans la citerne ?
    Je vous en supplie, Monseigneur, dit-elle, c'est ce que je vous ai dit.
    Que m'avez-vous dit ? demanda le cadi.
    C'est que, dit-elle, le clerc, ne lui faites aucune confiance car il est fou.
    Pas du tout, Monseigneur, s'écria l'autre, je ne suis pas fou.
    Si, Monseigneur, insista la femme, il est fou : en effet d'ici pas longtemps, il va même vous dire que ce que je porte là est à lui.
    Ben quoi, comment, s'exclama le clerc, à qui d'autre serait-ce, évidemment ? !
    N'est-ce pas ? Monseigneur dit la femme, vous voilà arrivé là où je vous avais dit...
    Ce que vous avez dit est vrai, reconnu le cadi, le clerc n'a plus sa raison.
    Je vous en prie, monseigneur, dit la femme, il faut que vous me donniez quelqu'un qui puisse m'aider à ramener ce clerc pour le soigner avec des plantes jusqu'à ce qu'il soit guéri.
    Ligotez-le, ordonna le cadi, aidez cette femme à le ramener.
    Dieu m'est témoin, s'écria le maître d'école, que ceci est une pure injustice : depuis quand donc ai-je perdu l'esprit ? (2)

    0n emmena le clerc.
    Je vous en supplie, demanda la femme, descendez-le dans le silo, et que surtout il ne rompe pas ses liens et en vienne à me tuer.

    0n fit descendre le clerc dans le silo. La femme, elle, s'en alla placer le moulin à main à l'ouverture du silo. Alors chaque fois qu'elle tournait la meule, vlan, elle envoyait un seau d'eau au maître d'école. Et celui-ci de gémir : « Aïe aïe aïe, c'est la fin du monde ce déluge ! »

    Chaque fois que des gens venaient jeter un coup d'½il sur le clerc, ils l'appelaient :
    Maître
    Oui, disait-il.
    Comment allez-vous, Monsieur ? lui demandait-on.
    Mais vous-mêmes répondait-il comment allez-vous ? Est-ce que vous n'avez pas failli être emporter par une trombe, avec cet orage d'hier soir ?

    Les gens se disaient : « Ce pauvre maître d'école, sa folie continue à empirer ».

    Un jour, la femme l'appela :
    Monsieur Mohammed !
    Oui, dit-il.
    Est-ce que ça vous suffit, ou bien je vous en rajoute ?
    Je vous supplie, dit-il, c'est assez Elle fit donc venir les gens. Ils le retirèrent du silo et il regagna sa mosquée.

    Au bout d'un certain temps le voilà qui dit à la femme :
    Il faut absolument que vous rende la monnaie de votre pièce
    Entendu, Monsieur, répondit-elle, je vous demande alors d'aller me labourer un potager
    D'accord, dit le maître d'école et il s'en alla donc prendre un attelage et labourer.

    Lorsqu'elle lui porta son déjeuner, la femme avait le pan de son vêtement rempli de poissons. Quand elle eut posé le déjeuner devant le clerc et que celui-ci eut commencé à manger, elle s'éloigna et fit semblant de se mettre à ramasser des poissons. Puis elle lui demanda :
    Pourquoi labourez-vous sans ramasser ces poissons qui sont dans le sillon ?
    Ça alors ! s'exclama le clerc.
    Tenez, jetez un coup d'½il, dit-elle.

    S'étant levé, voilà qu'il trouva les poissons.
    Eh bien, dit-il, emportez-les ; ce soir, vous me les ferez cuire. Quand le maître d'école fut rentré, elle lui servi du pain.
    Et où donc, demanda-t-il sont les poissons de tout à l'heure ?
    Ça ne va quand même pas vous reprendre, s'exclama-t-elle, ce qui vous est arrivé dernièrement ? Il se jeta sur elle et se mit à la frapper. Elle poussa des cris.

    Les gens accoururent et leur demandèrent :
    Qu'est-ce qui vous arrive ?
    Je vous en supplie, implora la femme, sauvez-moi. Ne nous posez aucune question ni à moi ni à cet homme avant de l'avoir ligoté : c'est que ce qui lui est arrivé dernièrement le reprend à nouveau.

    On le ligota.
    Eh bien, dit la femme, demandez-lui maintenant qu'est-ce qui lui a pris et pourquoi il s'est mis à me frapper.

    On l'interrogea :
    Monsieur Mohammed, qu'est-ce qui vous a pris de frapper cette femme ?
    Tout à l'heure, dit-il, j'étais allé labourer. Lorsqu'elle m'a eu apporté le déjeuner, elle s'est mise à ramasser des poissons dans le sillon. Je lui ai dit d'aller nous les faire cuire pour le dîner. Or elle les a tous mangés au lieu de les mettre à cuire.
    Pour ce qui est de ce clerc, constatèrent les gens ,sa folie ne s'est pas encore dissipée. Faites-le descendre encore dans le silo.

    Et le clerc de répéter :
    Mais je vous dis qu'il y avait des poissons, aussi vrai que si vous les aviez vus de vos yeux.
    Allez, mon pauvre monsieur, dirent-ils, attendez d'être guéri. Et ils le firent redescendre dans le silo.



    --------------------------------
    Conté par Abdesslam n Id Bram, juillet 1949.
    Alphonse Leguil Contes berbères de l'Atlas de Marrakech, Edition L'harmattan, 2000

    (1) Il est de coutume de subvenir matériellement au besoin d'un clerc, et chacun des villageois le fait à tour de rôle. (2) Le cadi est manifestement peu futé : il s'agit d'une moquerie contre l'autorité
     
  5. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    Hmad UNAMIR (région de Taroudant)

    Une femme avait un garçon qui s’appelait Hmad Unamir.Chaque matin,au réveil, il trouvait ses mains teintes de Henna. A l’école coranique,le maître vit le henné sur ses mains et lui dit :«Seules les filles mettent le henné.»
    Hmad Unamir lui dit :
    –Maître, sur mes mains blanches de la veille au petit matin je trouve un dessin fait avec du henné.
    –Il faut donc pas que tu t'endormes la nuit pour que tu saches qui te mets le henne.
    Il prit des amandes, les mangea pour ne pas s’endormir. Accompagné de son esclave, un ange descendit du ciel. L’esclave prend la main de Hmad Unamir pour que l’ange lui mette le henné. Il la laissa jusqu'à ce qu’elle ait presque fini, puis il lui prit la main.Elle lui dit :
    –Lache - moi donc,tu es incapable de réaliser mes désirs.
    –Que sont-ils ?
    –tu égorges pour moi un mouton chaque jour ou tu me construis sept chambres dont chacune communique avec l’autre. Et que personne ne me vois.
    –Je suis incapable d’égorger pour toi un mouton chaque jour, mais je peux te construire sept chambres dont chacune communique avec l’autre.
    Il batit une maison de sept chambres ou elle habita. A chacune de ses sorties,il fermait les chambres et cachait la clé dans la paille. A l’heure des repas, il emportait à manger dans la chambre de l’ange.Quand sa mère pose le couvert, elle dispose de deux parts dans le plat. Mais elle fut envahie par la curiosité.
    Elle se disait :«Que cache Hmad Unamir dans sa chambre ? Pourquoi ne dit il rien ?»
    Un jour, une poule fouillait dans la paille et tomba sur la clé et la prit. La mère vit la clé, la récupèra intriguée et ouvrit les chambres une à une jusqu'à ce qu'elle pu trouver l’ange en train de se peigner les cheveux.
    Elle dit :
    –C’est donc ce que mon fils cache dans sa chambre ! Elle referma les chambres et remit la clé à sa place dans la paille.
    Quand Hmad Unamir fut de retour, il prit la clef et ouvrit les chambres.
    L’ange lui dit :
    –Je veux que tu me fasses une petite ouverture car je suffoque beaucoup ici. Il s’exécuta ; elle se transforma alors en pigeon, s’envola et sortit par le trou. Quand Unamir fut de retour, il ne la trouva pas. Elle lui avait laissé une bague qu’il mit au doigt.
    Il sortit, marcha longtemps jusqu’à une colline verte sur laquelle perchait un aigle.
    Il dit :
    –Aigle,colline verte,un pigeon blanc,n’est-il pas passé par là ?
    Il répéta trois fois sa demande et l’aigle agacait lui répondit :
    –Ce pigeon est au septième ciel.
    Hmad Unamir lui dit :
    –Que faire pour le rejoindre ?
    –Si tu peux satisfaire mes conditions,je t’aiderai à le rejoindre.
    –Quelles sont tes conditions ?
    –Tu égorges ton cheval,tu en prends sept morceaux de chair et sept gorgées de
    sang.
    –Je suis capable d’égorger mon cheval,en prendre sept morceaux de chair et sept
    gorgées de sang.
    –Alors monte sur mon dos.
    Il monta sur le dos de l’aigle qui s’envola jusqu’au premier ciel. «Donnez-moi à manger »,lui dit l’aigle.
    Il lui donna un morceau de viande et une gorgée de sang. Ils s’envolèrent jusqu’au 2ème,puis au 3ème,au 4ème,au 5ème et au 6ème ciel.
    En direction du 7ème ciel,Hmad Unamir fit tomber le dernier morceau de viande, mais il le remplaça par un autre coupé de son bras. Quand ils arrivèrent au 7ème ciel, l’aigle dit à Hmad Unamir :«Donnes-moi donc à manger.»
    Il lui donna une gorgée de sang et un morceau de cette viande-là. Quand l’aigle la mangea, il la trouva salée. Il lui dit :
    –Pourquoi ce morceau de viande est-il salé?
    –Par Dieu un morceau m’est tombé des mains et je l’ai remplacé par un autre coupé de mon bras.
    –Si tu n’avais pas été généreux avec moi, je t’aurais fait tomber de mon dos et il
    n’arrivera de toi pas même une goutte de sang sur terre.
    L’aigle le prit jusqu’à un arbre près d’une source,l’y déposa et retourna à ses occupations.Hmad Unamir resta sur l’arbre.
    Les anges venaient puiser l’eau de la source.Ils portaient des jarres. Et chaque fois que l’un d’eux voulait puiser l’eau,il y apercevait le visage de Hmad Unamir et dit :«Je suis si belle et je porte une jarre aussi laide !»
    Il prend un caillou, casse la jarre et s’en va. Il en va ainsi jusqu’à ce que sa femme vint aussi puiser l’eau. Elle vit Hmad Unamir et dit :«Mon visage est aussi beau...»
    Elle prit la jarre et voulut la casser.Hmad Unamir lui dit :
    –Ne casse pas la jarre,c ’est moi.
    –Pourquoi es-tu venu ?
    –Je suis venu là où tu es.
    –Alors reste ici jusqu’à la tombée de la nuit.
    Il resta sur l’arbre jusqu’à l'heure dite.Elle vint et l’emmena chez elle.Il y habita pour toujours.
    Quand les gens allaient fêter la fête sacri fice, elle voulut rendre visite à ses parents.
    Elle dit à Unamir :«Toi,tu restes dans la chambre. J’irai chez mes parents. Prends tout ce que tu désires sauf la pierre sur la natte.»
    Elle tarda à revenir.Lui était fatigué d’attendre. Il dit :«Il faut que je sache ce qu’il y a sous cette pierre.»
    Il prit la pierre, enleva la natte et vit sa mère debout devant la maison en compagnie de son père. Sa mère tenait le couteau et le père le mouton.Elle disait :«Qui va égorger pour moi le mouton de la fête du sacrifice ?»
    Unamir chagriné enleva son tablier et le jeta par le trou, mais il n’arriva point sur terre. Il jeta son turban, mais en vain. Il enleva sa djellba,la jeta mais n’arriva point non plus.
    Las, il se jeta dans le trou pour rejoindre ses parents afin d’égorger leur mouton, mais il n’arriva de lui qu’une seule goutte de sang qui tomba sur le mouton et l’immola.


    --------------------

    l7ikma dyal had l'histoire: des fois vaut mieux ne pas se sacrifier pour les anges... qlq'un a vu le film ?
     
  6. kabayla

    kabayla Touriste

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    Re : 1001 contes !!

    ellah y7efdek w ynejjik
     
  7. kabayla

    kabayla Touriste

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    Re : 1001 contes !!

    wa lou7 chi haja a sa7bi ra7na kansaynou
     
  8. milagro

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    Re : 1001 contes !!

    lol tout a fait d'accord !! on attend toujours !
    matebkhalch 3lina.
    [17h]
     
  9. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    ahh ca me fait plaisir qu'il y'a du monde avec lequel je peux partager mes histoires !! fi khater kabayla et Milagro et sorry pour le retard !!
    --------------------------------------------------------------------------------​


    ne voire chez les autres que ce qu'on n'a pas !!


    ce conte existe dans plusieurs traditions et sous différentes versions....

    Un homme est entrain de casser un MUR, il fait une chaleur torride, le SOLEIL brille très fort, l'homme en avait marre d'être un simple bonhomme entrain de casser un mur, il regarde le SOLEIL et il se dit :
    - Ah! si seulement j'étais à la place du soleil.

    Et hop ! par un coup de baguette magique, il se transforma en SOLEIL.
    L'homme devenu soleil est content de l'être, il regarde de la haut la terre et les humains, il est content d'être devenu un SOLEIL, MAIS, un gros NUAGE arriva et il lui cacha la terre, notre bonhomme devenu soleil est triste d'être un simple soleil caché par un nuage.

    il se dit alors :
    -"Ah si seulement j'étais à la place du nuage !

    et hop par un coup de me7racha magique, il se transforma en nuage, il est heureux notre bonhomme d'être devenu un nuage capable de cacher le soleil, Mais le VENT commença à souffler, et le vent emporta le nuage, il le cassa en mil morceaux..notre bonhomme devenu nuage en avait marre d'être un simple nuage cassé et transporté par le vent, il se dit :

    - Ah ! si seulement j'étais à la place du vent !
    et hop par un coup de baguette magique il se transforma en vent, il souffle le vent, il devient tempête,
    not' bonhomme est content d'être tempête, mais à un moment, il y a un MUR qui arrête le vent, notre bonhomme n'était plus content d'être du vent arrêté par un mur, il se dit :

    -AH ! si seulement j'étais à la placedu MUR.
    et hop par un coup de baguette magique, il se transforma en MUR, mais à un moment il y a un bonhomme qui arriva et qui commença à casser le mur, et notre homme se dit :

    ah ! si seulement j'étais à la place de ......



    Envier les autres quand ils ont quelque chose qui nous manque nous fait oublier que nous possédons quelque chose qui leur manque  [06c]
     
  10. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    un de mes contes préferés : la légende d'Anzar (Anzar=Pluie) (conte d'origine kabyle je crois)



    Il etait jadis un personnage du nom d 'Anzar. C'etait le maitre de la pluie. Il desirait épouser une jeune fille d'une merveilleuse beauté : comme la lune dans le ciel, elle brillait sur terre. Son visage était resplendissant, son vetement d'une soie chatoyante.
    Elle avait l'habitude de se baigner dans une rivière au reflets d'argent. Quand le Maitre de la pluie descendait sur terre et s'approchait d'elle, elle prenait peur, et lui se retirait. Un jour,il finit par lui dire :

    Tel l'éclair, j'ai fendu l'imensité du ciel, O toi, Etoile plus brillante que les autres, donne moi donc le trésor qui est tien sinon je te priverai de cette eau.

    La jeune fille lui répondit :
    Je t'en supplie, Maitre des eaux, au front couronné de corail, (je le sait) nous sommes faits l'un pour l'autre mais je redoute le "qu'en dira-t-on" A ces mots, le Maitre de l'eau tourna brusquement la bague qu'il portait au doigt. la rivière soudain tarit et il disparut. La jeune fille poussa un cri et fondit en larmes.

    Alors elle se depouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle cria vers le ciel :
    O Anzar, O Anzar O toi, floraison des prairies, Laisse à nouveau couler la rivière, et viens prendre ta revanche !
    A l'instant meme, elle vit le Maitre de leau sous l'aspect d'un éclair immense. Il serra contre lui la jeune fille : la rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure.
     
  11. milagro

    milagro Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    merciiiiiiii c'est fantastique !!
    je resterai fidéle à tes bonnes histoires !!
    [06c]
     
  12. kabayla

    kabayla Touriste

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    Re : 1001 contes !!

    ytouuuuuuuuuuuuuuuub 3lik .... sir rak tema
     
  13. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    merchi merchi vous me faites rougir [06c]

    L’Homme, la Vipère et le Hérisson (conte marocain bérbere)​

    C’est l’histoire d’un homme qui était en déplacement. Arrivé au bord d’un ruisseau, voilà qu’il trouva une vipère. Eh l’homme, lui dit-elle, je vous en conjure, faites moi passer. C’est ça, ma bonne dame, fit le voyageur, je m’en vais vous faire passer et alors ne voudrez plus descendre. Pour sûr, protesta-t-elle, je vous en vous en ferai promesse solennelle. C’est entendu, dit-il, où vais-je vous mettre ? Jetez moi simplement sur votre épaule. Il la prit donc sur son épaule. Et quand il l’eut fait passer, elle ne voulut plus descendre.

    Elle lui signifiait qu’elle le citait en justice : Nous allons soumettre notre litige au chameau que voilà, lui dit-elle. Le chameau, lui, était vieux ; il ne se levait plus. Sil me condamne à descendre, ajouta-t-elle, je descendrai ; s’il vous condamne à me porter, vous me porterez.

    Quand ils furent près du chameau, elle dit à celui-ci : Pour ce qui est de ce fils d’Adam, partout où il me trouve, il me tue. Et vous, maintenant, comment allez-vous trancher entre nous ? Faites- lui un n½ud coulant, dit le chameau. Tant que j’étais en bonne santé et que je transportais de lourdes charges, je vivais dans l’intimité de l’homme. Maintenant que j’ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état il m’a abandonné.

    Ils partirent et se rendirent auprès d’un cheval. Voilà, lui dit la vipère, je vous ai amené cet individu, pour que vous nous fassiez justice. Il n’y a pas d’autre justice pour lui, dit le cheval, que celle-là même que vous lui avez faite là. Au temps où j’étais en bonne santé, il m’avait confectionné une selle et une rêne brodée, et il me faisait ferrer en temps utile ; et j’avais droit à toute sorte de fourrages et à tout ce qui me faisait besoin. Je le sauvais du milieu de l’ennemi et le ramenais dans le camp ami. Maintenant que j’ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état l’homme m’a abandonné. Serrez lui le n½ud coulant à lui en faire jaillir les yeux des orbites.

    En voilà deux, dit la vipère à l’homme, à qui nous avons soumis notre différend. Chez qui voulez-vous encore aller ? Je ne vous en demande plus qu’un seul, dit-il. C’est entendu, accorda-t-elle, mais à quelque personne que nous nous adressions, vous trouverez dans son arbitrage les conséquences de votre comportement.

    Ils se rendirent chez le hérisson. Pour l’amour de Dieu, chef, dit l’homme, il faut que vous me rendiez justice avec cette créature. Elle m’a demandé de lui faire passer le ruisseau. Je l’ai fait. Elle ne veut plus descendre. Vos lois ne sont pas les miennes, dit le hérisson. Et pourquoi n’avez-vous pas les mêmes lois que nous ? demanda la vipère. Parce que, dit-il. Non, non, insista la vipère, prenez la décision qui vous semblera bonne, et faites nous la nous savoir. C’est que, dit le hérisson, les gens du ciel, ceux de la terre n’ont pas à les juger. C’est donc à moi que vous faites allusion ? demanda la vipère. Parfaitement, dit le hérisson, si en effet vous voulez obtenir justice, il vous faut descendre à terre afin que je prononce ma sentence. Et après, vous ferez comme il vous semblera bon. Elle descendit donc.

    Et maintenant, lança le hérisson à l’homme, voilà le vivant par terre et vous, vous avez la mort dans la main. Qu’est-ce que vous attendez d’autre ? L’homme aussitôt frappa la vipère et la tua.

    Quand il l’eut tuée, il se pencha sur le hérisson et lui dit : Je m’en vais t’emporter pour te donner à des gamins. Est-ce vraiment indispensable que j’aille avec toi ? demanda le hérisson. Absolument, dit l’homme. Au nom du ciel, supplia le hérisson, c’est que j’ai des enfants, et tu connais bien les droits qu’ils ont sur nous. En quelque état que je les laisse, c’est ainsi qu’ils resteront. Il faut que tu m’accompagnes pour passer les voir. D’accord, fit l’homme et il partit avec lui.

    Ils arrivèrent à l’entrée d’un terrier dans lequel il y avait une vipère. Je t’en prie, dit le hérisson, il faut que tu m’aides. C’est que mes enfants sont assez désobéissants. Il suffit que je leur dise : "Allez", pour qu’ils me fassent des difficultés pour sortir. Toi, barre-leur la route, et le premier qui sort tu l’attraperas.

    Le hérisson entra dans le terrier. Quand il arriva auprès de la vipère, il mit la tête contre les pieds, se roula en boule et piqua la vipère.

    L’homme, de son côté, se coucha complètement sur le ventre et se mit à observer attentivement la venue des petits du hérisson.

    Quant à la vipère, dès qu’elle sortit elle tomba sur l’homme qui était là à guetter. Et vlan, elle le mordit. Le hérisson, qui la suivait, eut la surprise de constater qu’elle en avait déjà terminé avec lui. Et voilà, s’écria-t-il , comment on joue un bon tour à quelqu’un !
     
  14. milagro

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    Re : 1001 contes !!

    __ mdr __ excellente !
    @spi®in : ce sont tes propres contes je présume !??
     
  15. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    c'est pas du copier/coller milagro trankille ! meme si c'est ce qu'exige la diffusion du savoir et fait l'ignorance de la richesse de notre culture...pour certains contes j'ai du tout simplement les réécrire.. autres sortent de ma collection personnelle, que j'ai trouver ici et ailleurs sur le net ...
    ------------------------------------------------------
    Souleimane et la chouette: un conte marocain berbère de la région de Marrakech recueilli par Alphonse Leguil et figure dans son livre : Contes berbères de l'Atlas de Marrakech, bonne lecture.


    Souleimane et la chouette

    C'est l'histoire d'un roi du nom de Souleimane qui régnait sur le monde des esprits et celui des hommes, ainsi que sur les oiseaux.
    Un jour, sa femme lui dit : "Il nous faut un tapis fait de plumes"
    Or lui n'était guère capable de lui résister.
    "Ma chère lui dit il les oiseaux : en ce moment il fait froid, si nous leur otons leurs plumes à coup sûr ils mourront tous de froid.
    "Rien à faire dit elle arrange toi comme tu voudras"
    Il convoqua alors les oiseaux. Tous se présentèrent. Mais il manquait la chouette. Elle seule n'était pas venue. Elle était au moins très en retard.
    "Quand la chouette arrivera, dit souleimane, avertissez moi que je la punisse
    Lorsqu'elle fut arrivée et qu'on l'eut amenée devant le roi, celui ci l'apostropha : " qu'est ce qui t'a pris, rebut des oiseaux, à être comme ca en retard?"
    "Monseigneur, dit la chouette, promettez moi l'impunité, et je vous le dirai
    Souleimane lui donna sa parole et la chouette lui dit :
    "Monseigneur, je me posais des questions sur quatre sujets"
    J'étais perplexe à propos des nuits et à propos des jours : je me demandais ce qui surpasse l'autre : les nuits ou les jours ?
    Et j'étais perplexe à propos des hommes et des femmes : je me demandais ce qui surpasse l'autre : les hommes ou les femmes ?
    C'est cela Monseigneur conclut elle qui m'a fait perdre du temps et a retardé mon arrivée
    Eh bien demanda le roi qu'est ce donc qui surpasse l'autre, les jours ou les nuits ?
    "Monseigneur répondit elle j'ai découvert que les nuits surpassent les jours et que les femmes surpassent les hommes
    "Pourquoi donc ? fit il
    "Parce que, les nuits de clair les nuits de clair lune sont cimptées comme jours

    Tu as raison dit il et les hommes en koi les femmes les surpassent elles ?
    C'est parce que Monseigneur tout homme qui fiat la volonté de sa femme, c'est comme femme k on le compte !

    Fin.
     
  16. milagro

    milagro Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    chapeau bas l'artiste !!
    bonne continuation !!
    [06c]
     
  17. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    un trop beau conte bérbere à méditer
    Le lion, le chacal et le mulet

    C’est l’histoire d’un lion qui s’en vint trouver un chacal et lui dit : « Je voudrais que vous me procuriez de quoi manger : voilà huit jours que je reste sur ma faim » « Il y a ici, répondit le chacal, un mulet qui broute dans un pâturage : mais il faut que nous lui trouvions un motif ». « Entendu, dit le lion, quoi que vous décidiez, je vous soutiendrai » « Venez, reprit le chacal, rendons-nous ensemble chez lui. Dès que j’arriverai, je lui dirai que le roi nous a prescrit de produire chacun son arbre généalogique, à savoir ses racines, bref l’identité de son père. Voilà, continua-t-il, le langage que je lui tiendrai, c’est ça le meilleur prétexte. Le mulet, c’est connu, n’a pas d’origine avouable : ses parents sont la jument et le baudet, sauf votre respect. Alors, conclut le chacal, quand nous nous présenterons à vous, il faut que vous m’interrogiez en premier »

    Ils arrivèrent donc auprès du mulet. Le chacal l’appela et lui dit : « Venez voir ce que dit le lion ». « Moi, dit le lion, je ne suis que l’envoyé du roi. Ne me prêtez aucune mauvaise intention » « Je vous en prie messire », dit le mulet. « Je viens, dit le lion, vous poser une question : il faudrait que vous me fassiez connaître vos origines » « En ce qui me concerne, oncle lion, dit le chacal, je suis chacal, descendant de chacals, et ceci jusqu’au chacal que Noé a pris avec lui dans l’arche. » « Et vous ? » demanda-t-il au mulet. « Moi, monseigneur répondit le mulet, je n’ai pas de tête. Il faut que j’aille demander à ma mère quelle est mon origine ». « Entendu », dit le lion.

    Or notre mulet était de solide carrure. Il s’arrêta auprès d’un forgeron, et quand il lui eut mis une ferrure neuve, il revint en se mettant à boiter d’un pied.

    Les deux autres lui demandèrent : « Qu’est-ce qui arrivé pour que vous boitiez ? » « C’est, dit-il, une lettre que ma mère m’a fourrée dans le sabot. J’avais peur que si je la mettais dans la bouche elle se mouille ; alors je l’ai mise dans le sabot ».

    Quand il fut près d’eux, il leur dit : « Désignez l’un de vous pour qu’il vienne la lire » Le lion dit au chacal : « Allez la lire ». « Monseigneur, prétexta le chacal, je n’y vois pas clair du tout ».

    Le lion s’avança pour la lire. Alors, le visant bien entre les deux yeux, le mulet lui décocha une ruade qui lui fit voler le crâne en éclat.


    fin
     
  18. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    jamais plus je ne dormirais !
    sur les pentes ensoleillées et arides de la montagne berbère. Dans l'entrelacement des branches noueuses d'un vieux cep de vigne qui avait poussé là, un couple de rossignols avait bâti son nid. Tandis que la jeune femelle couvait consciencieusement ses oeufs tout au long des jours et des nuits, le mâle, lui, volait à la recherche de moucherons sans trop s'écarter toutefois du nid, dont il assurait une garde vigilante.
    C'était en juin, et la vigne, sous l'action bienfaisante du soleil, poussait magnifiquement.

    Or, un soir, le rossignol, fatigué par des courses plus longues qu'à l'ordinaire, s'endormit profondément sur le bord du nid, pour ne s'éveiller qu'au matin. A sa stupéfaction, il constata alors que sa femelle et lui-même étaient devenus prisonnier des vrilles de la vigne, dont la poussée exubérante avait formé durant la nuit une cage inattendue.

    Après bien des craintes et des efforts, il parvint enfin à se libérer et à dégager sa couvée. Mais l'alerte avait été chaude.
    Pour se tenir éveillé, et ne plus s'exposer à l'avenir à semblable péril, il prit la décision de chanter chaque nuit.
    "Et ce chant, en souvenir de cette fâcheuse aventure, répète dit on dans son trille harmonieux, la phrase suivante : "je ne dormirai plus, jamais plus..."



    Conte berbère rapporté par Pierre MANIERE in "Algéria", Février-Mars 1950.
    de M. Guy Roque (1) Texte envoyé par Mme ROQUE.
    Acep-Ensemble N° 233 juin 2002
     
  19. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    Une nuit


    Une nuit, un homme fit un rêve. Il rêva qu'il marchait au bord de la mer en compagnie du Seigneur.
    Sur le fond du ciel, il voyait se dérouler les scènes de sa vie. Il remarquait, dans chaque scène, deux traces parallèles de pas dans le sable. L'une était la sienne; l'autre celle du Seigneur.

    À la dernière scène, il se retourna pour voir ces empreintes sur la grève.
    Il s'aperçut alors qu'à divers moments de sa vie, il n'y avait qu'une trace de pas. Et que ces moments de marche solitaire correspondaient aux heures les plus tristes et les plus sombres de sa vie.

    Intrigué, il dit à son compagnon; "Seigneur, tu m'as assuré de toujours marcher à mes côtés si j'acceptais de me joindre à Toi. Mais je m'aperçois qu'aux périodes les plus dures de ma vie, il n'y a plus qu'une empreinte dans le sable. Pourquoi m'as-tu abandonné au moment où j'avais le plus besoin de Toi?".

    Le Seigneur se tourne alors vers lui et lui répond: "Mon enfant, mon très cher enfant, tu sais que Je t'aime et que je ne saurais t'abandonner. Il faut que tu comprennes ceci : si tu ne vois qu'une trace de pas aux moments les plus difficiles de ton existence, c'est qu'alors, tout simplement, Je te portais dans mes bras...
     
  20. morphin

    morphin Visiteur

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    Re : 1001 contes !!

    C'est l'histoire de la fille et du lion.

    Cette fille vivait avec ses parents dans une petite maison au milieu de la forêt. Elle allait souvent à la rivière pour puiser de l'eau. Un jour, à son retour, chargée de deux sceaux remplis d'eau, elle rencontra un lion. Celui-ci, gentiment lui proposa son aide. Mais la jeune fille refusa d'une manière très impolie et très vexante.

    Arrivée chez elle, très fière, elle raconta l'incident à ses parents. Ils la blâmèrent lui expliquant que l'on ne refuse pas une aide offerte aimablement et de surcroît de la part d'un animal aussi respectable que le lion. Elle ajouta qu'en fait c'était sa mauvaise haleine qui lui avait dicté ce comportement.

    Le lion qui était à côté de la maison, avait tout entendu… Les propos de la jeune fille le touchèrent profondément… Il s'en alla.

    Les jours passèrent lorsqu'une fois au même endroit, la jeune fille rencontra à nouveau le lion. Ce dernier lui dit :

    « Prends cette branche et frappe-moi très fort à la tête. »

    La fille lui répondit :

    « Mais non, je ne peux pas, tu ne m'as rien fait et quand bien même, tu es quelqu'un de bien trop fort pour qu'on veuille te faire du mal.

    "Frappe-moi tout de suite ou je vais te manger", lui dit le lion avec colère.

    La jeune fille s'exécuta. Elle vit le sang couler sur le front du lion. En rentrant chez elle, elle n'osa pas raconter cette rencontre à ses parents. Elle avait trop peur de se faire gronder encore une fois.

    Quelques jours plus tard, alors qu'elle revenait de la rivière, elle vit le lion sur son chemin, il semblait l'attendre. Elle déposa ses deux sceaux pleins d'eau et courut vers lui. Elle lui dit :

    « Ô ! Lion, comment vas-tu ? Comment te sens-tu ? Je suis contente de te voir. Et ta blessure ? Mais tu n'as aucune cicatrice ». - « Oui. Tu m'as frappé, tu as vu le sang couler sur mon front, mais ma cicatrice s'est refermée et je suis complètement guéri. Je n'y pense même plus. Par contre, tu te souviens du jour où tu as refusé mon aide parce que j'avais mauvaise haleine, disais-tu ? Cela, je n'arrive pas à l'oublier, tes paroles ont provoqué une profonde cicatrice dans mon c½ur et jamais plus elle ne se refermera".

    " Ô lion, pardonne moi, je ne te dirai plus jamais de propos vexants ». lui dit la jeune fille. - "Comment veux-tu que je te pardonne, j'ai trop mal dans mon c½ur. Je suis obligé de me venger". lui répondit-il.

    Et il la mangea. [06c]
     

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