2007 ? : ... Vaut mieux en rire !

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 1 Janvier 2008.

  1. Le_Dictateur

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    Voici qu’arrive le temps de dire adieu à une autre année pour en accueillir une nouvelle. C’est là le moment privilégié des fêtes, mais aussi des bilans.

    Que retient-on donc de ce qui s’est passé au Maroc en 2007 ? Bien des événements, bien sûr. Nous en avons sélectionné quelques uns, heureux et malheureux. Nous pensons qu’après tout, en rire est le plus agréable moyen de se les remémorer...

    Maîtres politiciens et cancres électeurs

    EST-CE à cause des trop courts rideaux noirs qu’arboraient nos urnes et qui n’ont, malgré leur émouvante laideur, pas su attirer le chaland ? Ou à cause du couscous de ce vendredi de vote dont les effets soporifiques ont été plus forts que l’appel du devoir civique ? Ou peut être, enfin, à cause de l’aversion avérée des Marocains pour l’école - vu que les bureaux de vote ont été installés dans les établissements scolaires de l’Etat - que le citoyen lambda n’a pas réussi à se forcer à s’y rendre (même en fin de journée, quand radios, télés et ministère de l’Intérieur ont multiplié les alertes) pour voler au secours d’un taux de participation enregistrant, ce jour-là, son record de faiblesse ?

    En tout cas, les élections législatives du 7 septembre 2007 n’ont intéressé que 37% d’électeurs.

    Bien sûr, les analystes, politologues et autres experts autoproclamés de la vie politique marocaine ont pas mal ergoté sur les causes de cette « désaffection nationale » pour la chose électorale. Mais plus les diagnostics sont sophistiqués et plus ils s’éloignent de la réalité qui est toute simple : quand il n’y a pas enjeu, il n’y a pas action ! Les quelque 2/3 d’électeurs marocains qui n’ont pas participé au scrutin n’y ont tout bonnement pas vu d’enjeu convainquant ou motivant.

    Les résultats de ces élections nous ont pourtant donné un parlement pour 5 ans et un gouvernement - peut être - pour aussi longtemps. Eh bien, tant pis, maîtres politiciens et cancres électeurs retiendront la leçon pour le prochain examen...

    Sacré gouvernement !

    Les élections terminées, il a bien fallu constituer un gouvernement. En démocratie, au terme des consultations électorales, le gouvernement est constitué sur la base de la majorité issue des urnes.

    Au Maroc, on se veut en démocratie. On tente donc cette voie-là. Le Premier ministre nommé est le chef du parti arrivé en tête (du moins en nombre de sièges remportés).

    C’est Abbas El Fassi, Secrétaire Général de l’Istiqlal. Il est chargé de constituer son équipe ministérielle. C’est là que les problèmes commencent... Ni les gagnants sont tous du même camp, ni les clivages entre les protagonistes sont suffisamment assurés pour que se dessinent (clairement) 2 camps pouvant ‘bipolariser’ l’échiquier politique (et créer les conditions d’une compétition pour une véritable alternance).

    Ce que les Marocains voient alors relève de Kafka... Presque tous les partis prêts à intégrer la majorité... Presque tous leurs cadres convoitant un portefeuille ministériel... Et un crêpage de chignon général, même entre alliés, pour avoir, chacun, le meilleur et le plus...

    Quand le spectacle eût pris fin, après intervention royale, la démocratie nous dévoilait ses surprises ! Aucun ministre populaire - pardon, du Mouvement populaire - ce parti, bien que comptant parmi les gagnants, n’ayant pas été retenu dans la majorité. L’USFP, grand parti perdant, propulsé « N°2 » du gouvernement (avec El Yazghi, ministre d’Etat sans portefeuille et Radi, ministre de la justice). Mais aussi et surtout, plus du 1/3 des portefeuilles confié aux SEP (sans étiquette politique). Les SEP ne relevant d’aucun parti, comment peuvent-ils être en si grand nombre dans un gouvernement censé être partisan... ? Ben... Nous, on se comprend. Tant pis pour les autres !

    Partis. Partiront, partiront pas...

    Le Maroc avait déjà un problème avec ses partis politiques. Les plus anciens qui se qualifient de « partis démocratiques » vivent tournés vers le passé et les temps glorieux du Mouvement national. Et les nouveaux que l’on nomme « partis sans base » croient que leur affligeant manque d’adhérents peut être remplacé par une médiatisation tous azimuts des chefaillons.

    Mais, chemin faisant, à ce problème se sont ajoutés tant d’autres qu’il serait fastidieux d’en dresser ici la liste exhaustive. Au point que l’on n’est plus très sûr d’avoir encore des partis politiques dignes de ce nom au Maroc. Les directions des partis ne sont pas de cet avis, bien sûr. Mais les bases... ?

    Une chose est sûre, pas un seul parti n’a échappé à un mouvement - et donc à un choc - de ses plaques tectoniques ! 2007 aura été particulièrement néfaste pour les « dinosaures »... Osman (Rassemblement National des Indépendants) a été poussé par les siens vers la sortie, avec succès. El Yazghi (Union Socialiste des Forces Populaires) - également sous la pression des siens - s’est vu obligé d’abdiquer. Quant à Aherdane (Mouvance populaire) qui, à 94 ans, est sourd à toute contestation interne, il vient d’annoncer son départ à un journal, sans en avoir avisé ceux de son parti qui disent n’être au courant de rien.

    Enfin, Abbas El fassi, Premier ministre, n’a en principe pas droit à un troisième mandat à la tête de l’Istiqlal. Mais au prochain congrès, prévu pour le printemps prochain, le parti peut changer d’avis... On verra...


    Ce que 2007 n’a pas vu, 2008 le verra. Sinon 2009, 2010, ou encore 2011. Quoiqu’il en soit, d’ici les élections de 2012, un aggiornamento général sera opéré. Surtout si les partis existants y sont forcés par l’apparition, par exemple, d’un grand parti de centre gauche dirigé, comme le veut la rumeur, par un dynamique Fouad Ali Al Himma...

    Adieu veaux, vaches...

    Il s’est plié en trente six. Il a fait tout ce qu’il lui était - décemment - possible de faire. Mais le Maroc n’a pas eu l’expo de 2012 pour laquelle s’est portée candidate Tanger. Dans le monde effronté des artistes, on lui aurait dit ce qu’on dit généralement aux postulants talentueux qui ne décrochent pas le rôle : « t’as pas couché ! ». Eh oui, le Maroc a mis en avant du sérieux, du beau, du sentimental, du crédible... Mais tout ça n’était pas suffisant. La Corée l’a coiffé au poteau, allez savoir comment...

    Tant pis, Tanger ne s’empêchera pas pour autant d’évoluer comme elle comptait le faire. Et nous, nous nous consolerons en sachant que les prix ne s’envoleront pas tout de suite dans la ville d’Hercule.

    L’homosexualité politisée...

    2007 n’a pas épargné nos oreilles chastes. Mais oui, bien sûr que nous savions tous que l’homosexualité faisait un peu partie de notre patrimoine (pas de cris d’orfraie. Il s’est de tout temps chuchoté que Marrakech et Tanger étaient les villes de prédilection des homosexuels hommes et Tétouan, celle des homosexuels femmes ! D’ailleurs, l’homosexualité est un patrimoine commun de l’humanité.

    Révisons nos livres d’histoire... Sodome et Gomor, on n’a pas inventé...). Mais personne, chez nous, n’en avait fait jusque là une affaire d’Etat. Et voilà que, juste un peu avant d’expirer, 2007 devient l’année où le ministre de l’Intérieur enregistre son record d’interventions officielles sur l’homosexualité. Il s’était exprimé après qu’un rituel de mariages entre hommes ait fait tant du bruit, du côté de Meknès, que les parlementaires lui avaient demandé des comptes. Le revoilà qui s’exprime après de vraies-fausses noces d’homosexuels à Ksar El Kébir qui ont tourné en émeute, les islamistes y ayant ajouté leur petit grain de sel.

    Peu importe qu’il s’agisse, dans un cas comme dans l’autre, de vrais ou de faux homosexuels (si ce sont de vrais, qu’on nous épargne l’hypocrisie de s’en offusquer). Le plus grave est que la rue s’enflamme pour cela et que le ministre de l’Intérieur doive se justifier urbi et orbi à propos de vraies-fausses fautes comme s’il en était lui-même responsable ! Que le code pénal sanctionne l’homosexualité ne suffit plus, il faut encore qu’on politise la question ?

    Que ne feraient nos politiciens pour le citoyen ! Ils iraient jusqu’à se mêler de ses fe...s.

    Le Reporter - Rédaction
     
  2. A_mir

    A_mir les causes perdues...

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    Si seulement ils s'occupaient de nos "fe...s" comme il dit! Si seulement ils regardaient avec un oeil attentionné sur quoi on est assis, et qu'ils sentent avec des mains honnêtes le feu qui brûle en dessous... si seulement ils se bougeaient les siennes dans le bon sens!

    Je ne partage pas tout ce qu'a dit la rédaction du Reporter, mais j'apprécie notamment l'objectivité de la 1ère partie de leur analyse.

    Merci SturGeon
     

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