500.000 malvoyants au Maroc à cause de la cataracte

Discussion dans 'Info du bled' créé par omarigno, 26 Mai 2006.

  1. omarigno

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    Premier Congrès national d’Implantologie et de Chirurgie Réfractive
    500.000 malvoyants au Maroc à cause de la cataracte

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    Les traitements chirurgicaux modernes des anomalies de la réfraction de l’½il (myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie), les nouveautés des implants dans le traitement de certaines affections de l’½il et la place actuelle du laser, sont les principaux thèmes qui seront développés lors du premier congrès national d’implantologie et de chirurgie réfractive (branche très pointue de l’ophtalmologie), qui aura lieu à Casablanca, le 27 mai 2006.

    Cette manifestation de formation médicale continue, est une opportunité pour les scientifiques afin de débattre de deux problématiques sérieuses, la cataracte et la greffe de cornée.

    En effet plus de 500 000 marocains atteints de cataracte, seraient en attente d’un acte thérapeutique chirurgical et plusieurs malades victimes d’atteinte infectieuse ou traumatique de la cornée, ont pour seule issue thérapeutique la greffe d’une cornée, prélevée sur un cadavre.

    Le premier thème majeur de cette rencontre nationale de formation continue en ophtalmologie de pointe, porte sur la chirurgie réfractive, qui a pour objectif de corriger toutes les anomalies de réfraction de l’½il qu’il s’agisse de myopie, d’hypermétropie, d’astigmatisme ou de presbytie.

    Toutes ces anomalies peuvent bénéficier aujourd’hui de la chirurgie réfractive qui se fait soit par un acte chirurgical spécifique soit par laser

    Le deuxième volet est l’implantologie qui est une branche de l’ophtalmologie, qui s’intéresse aux implants intraoculaires (lentilles réfractives, mises en place à l’intérieur de l’½il pour le traitement des anomalies réfractives).

    Selon des estimations faites par le Ministère de la Santé et par l’OMS, on estime à 50 000 nouveaux cas de cataracte par an, et il y aurait 500 000 cas en attente de chirurgie.

    Aujourd’hui, les spécialistes marocains, estiment qu’il faudrait revoir à la hausse ces chiffres. Et réviser la liste des 41 affections remboursables, établie par l’Agence Nationale d’Assurance Maladie (ANAM), sur laquelle, la cataracte, qui est la première cause de cécité au Maroc, ne figure pas.

    L’ère des points de sutures dorénavant révolue

    La chirurgie moderne de la cataracte (phacoemulsification), consiste en de petites incisions de quelques millimètres (mm) avec des implants pliables, assurant une sécurité pendant l’acte opératoire, une convalescence rapide. Cette chirurgie moderne est pratiquée aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Quant aux coûts de prise en charge, le prix d’une chirurgie pour traiter une cataracte varie entre 6000 à 9000 dh. Il est important de signaler que le ministère de la santé marocain, a fait des efforts considérables, durant les 4 ou 5 dernières années, en équipant des établissements de soins publics d’ophtalmologie d’une trentaine de machines. Le secteur libéral étant doté de quasiment, le double.

    Pour les greffes de cornées au Maroc, on estime à plusieurs milliers de malades, qui sont en attente d’un acte thérapeutique chirurgical. D’autant plus qu’il s’agit d’une population très jeune, du fait que 70% des malades ont un âge qui varie entre 30 et 40 ans.

    Cela concerne des maladies cornéennes, dont le seul traitement est le remplacement de la cornée défaillante par une cornée prélevée sur un cadavre, bien sur en respectant les précautions d’usage. Se sont des milliers de jeunes marocains qui se retrouvent dans des situations d’handicap visuel.

    Les spécialistes marocains préconisent deux solutions. La première consiste en la réalisation de prélèvements de cornées au Maroc, à partir de cadavres.

    Cette technique, était pratiquée de façon courante dans les années 90 dans les établissements hospitaliers agrées, aujourd’hui, elle ne se fait plus.

    La deuxième solution consiste en l’importation de greffons (cornées). Pour ce deuxième cas de figure, les spécialistes marocains s’interrogent sur le monopole de l’importation en exclusivité des USA, pour un coût avoisinant les 1000 dollars l’unité, avec tous les risques de détérioration liés au facteur temps, à l’éloignement et aux délais de conservation. En sachant, qu’on peut avoir des greffons moins chers et plus disponibles à partir de pays plus proche, tels que l’Espagne, la France ou la Belgique. :


    Pourquoi, aujourd’hui, à l’ère de la rationalisation des dépenses de soins, on continue à dépenser pour certains mutualistes, l’équivalent de 50 000 dh, pour aller se faire greffer en Europe ou en Tunisie, alors qu’avec le prix d’un malade en Europe, on peut en opérer 5 au Maroc.

    Sur un autre registre, le nombre d’ophtalmologues au Maroc en 2006, avoisine les 600 dont 80% sont installés dans l’axe Rabat-Casa. Et pour schématiser le déficit flagrant en cette spécialité, une province comme Figuig, dont la surface équivaut à celle du Royaume de Belgique, ne dispose d’aucun ophtalmologue.

    Et à titre de comparaison, sur le plan maghrébin, l’Algérie a 1200 spécialistes des maladies de l’½il et la Tunisie a 500 ophtalmologues pour les 6 millions de tunisiens.

    Dr Anwar CHERKAOUI
    lopinion.ma
     

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