90 millions de DH détournés à Taslif-Salaf!

Discussion dans 'Scooooop' créé par @@@, 12 Mars 2010.

  1. @@@

    @@@ Accro

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    L’information a eu l’effet d’une bombe. Un scandale financier secoue actuellement les organismes de financement Taslif-Salaf (détenus à 56% par la Cnia-Saâda) récemment fusionnés, et aussi cotés en Bourse.

    Il s’agit d’une affaire de fraude et de détournement de fonds portant sur 90 millions de DH.
    Il serait question de dossiers «bidons» de financement de camions, selon nos informations.
    Et c’est la division du crédit qui en serait responsable.

    La plainte a été déposée par Maître Fekhar, avocat de Salaf-Taslif. A l’heure où nous mettions sous presse, quatre personnes, dont une femme, ont déjà été auditionnées par la 2e division économique de la Police judiciaire.







    http://www.leconomiste.com/
     
  2. @@@

    @@@ Accro

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    Affaire Salaf : Les détails d’une escroquerie

    · CIN et promesses pour créer des sociétés fantômes

    · Des dossiers de crédits signés malgré les irrégularités

    · Des rabatteurs, un comptable et des complices en interne


    UNE copie de la carte d’identité nationale, 200 DH et une promesse de travail! Ce sont là les ingrédients de base de l’énorme escroquerie dont Salaf a été victime.

    L’établissement de crédit est lui-même filiale de Taslif, société de crédit également et qui fait partie du groupe Sanam.

    La scène se passe dans un café, rue Houman Fatouaki à Casablanca. Durant le mois de Ramadan, K.M. propose à N.M. de lui trouver un poste chez une de ses connaissances ayant une société de transport. Les deux hommes sont natifs de Fès. Il l’emmène par la suite dans une agence du Crédit du Maroc située à Sidi Maârouf. K.M. ouvre, en présence du candidat à l’emploi, un compte bancaire…

    Le rabatteur ira jusqu’à créer une société -Qota Trans- au nom de la victime.
    N.M. s’apercevra par la suite qu’elle n’est que l’un des petits maillons d’une grande escroquerie. C’est ce même constat auquel parviendra une autre victime (B.H.).
    La pièce maîtresse du puzzle consiste à créer d’abord des sociétés fantômes en ayant recours à des prête-noms. Et soumettre par la suite une demande de crédit pour l’acquisition de camions à l’établissement Salaf.

    Plus d’une dizaine d’entreprises fantômes auront ainsi accès à des financements. L’une des opérations a même portée sur 43 véhicules pour un montant de 2,64 milliards de DH. Une somme faramineuse! C’est ce que révèle pourtant l’enquête préliminaire de la police judiciaire (BNPJ).

    Car, dès décembre 2009, deux plaintes pour escroquerie, déposées par les malheureuses victimes, déclenchent les investigations. Pendant presque 4 mois, la BNPJ de l’arrondissement de Derb Omar interroge victimes et témoins, arrête les suspects, épluche les dossiers… Bref, un vrai remue-ménage qui s’étendra jusqu’au management de Salaf.

    Mi-février, une des victimes annonce à la BNPJ qu’elle a rendez-vous rue Prince Moulay Abdellah, près du café la Chope. La brigade organise un guet-apens au comptable (A.B.) qui serait à l’origine de la création des sociétés fantômes. Une somme de 40.000 DH et huit dossiers de sociétés en cours de constitution sont saisis sur lui.

    Interrogé, il rétorque que «ce sont là des frais de dossiers». Et n’hésite pas à indiquer aux enquêteurs son contact. Qui se révélera être un des intermédiaires dans cette affaire d’escroquerie.

    Des photocopies de cartes d’identité encore et toujours… Cinq sociétés fantômes avec la même domiciliation légale. Ce n’est là qu’un échantillon de certaines informations recueillies suite à l’examen des registres de commerce.

    Le comptable passe aux aveux en déclarant «constituer des sociétés ayant une dénomination en liaison avec le transport et en s’appuyant sur les copies CIN» livrées par deux rabatteurs. A.B. touchait 7.000 DH comme frais sur chaque dossier et 1.500 DH pour ses honoraires. Le réseau (5 autres personnes) prenait le relais en soumettant une demande de crédit à Salaf. Reste à savoir pourquoi il cible cette société de crédit et pas une autre?

    Le représentant légal de Salaf, Mohamed Adil Benzakour, est alors convoqué… Et déclare que la société qu’il représente a «financé 11 entreprises pour un montant total de 64 millions de DH». Ils ont servi à l’achat de camions poids lourd.

    Les conclusions de la BNPJ n’écartent pas l’hypothèse d’une «négligence de la société et d’une complicité interne».

    Toujours est-il que l’établissement de crédit initie à son tour une enquête interne.
    Un dossier parmi d’autres retient particulièrement l’attention, celui de la société Marolland qui aurait vendu 43 camions.

    Les doutes de la police judiciaire seront confirmés dans la mesure où depuis que l’affaire a atterri chez le juge d’instruction, 5 personnes ont été placées en détention préventive depuis le 10 mars. Parmi eux, de hauts responsables de Salaf. Les personnes en détention sont présumées être complices dans l’escroquerie pour à peu près 100 millions de DH, soit quatre fois le bénéfice net réalisé en 2008.

    L’un des responsables de Salaf sera inculpé lors de son retour d’un voyage en Espagne. C’est lui qui, d’après les déclarations faites aux enquêteurs, «signait notamment les bons d’enlèvement qui concerne uniquement les nouveaux camions». L’auditeur de Salaf a même fourni des dossiers de sociétés fantômes où «il y avait irrégularités et ont pourtant bénéficié de crédits».

    L’archiviste et le responsable contentieux ont constaté à leur tour des irrégularités. Le premier sera muté pour que son poste soit repris par un parent proche.
    Dans cette affaire, une moralité à retenir: ne jamais laisser traîner sa carte d’identité nationale. Vous risquez à tout moment d’être victime d’une escroquerie.





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