A l'hôpital Moulay Abdallah : les patients de Mohammedia perdent patience

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 24 Août 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Une journée au service des urgences

    Situé en plein centre-ville, dans le vieux quartier d'Al Kasbah, l'hôpital Moulay Abdellah fait l'objet de plusieurs critiques, en ces périodes estivales qui connaissent une augmentation sensible du nombre des accidents routiers. Le corps médical, lui-même, ne cesse de dénoncer les problèmes inextricables contre lesquels il bute. Principale unité hospitalière de la ville, cet hôpital se caractérise par l'état vétuste des installations, de la défaillance de l'équipement en place et d'un personnel chargé de l'accueil, dont les vigiles plantés à l'accès principal en font partie, pas du tout accueillant.


    Son mauvais traitement à l'égard des patients et leurs familles est accentué par une corruption galopante.

    «J'ai été victime d'un accident de la circulation. Mon état était grave. Une fois arrivée au service d'accueil des urgences de l'hôpital Moulay Abdellah de Mohammedia, j'entendais l'infirmière dire à mon frère qui m'accompagnait qu'il devait payer la somme de 60 DH avant tout accès aux urgences. Résultat d'un tel comportement : mon frère a failli s'en prendre physiquement au médecin soignant et aux autres infirmiers.

    L'affaire a pris une autre dimension après l'arrivée de la police», se souvient amèrement Khadija, la trentaine. Elle se pose la question de savoir si l'on doit demander à une personne gravement traumatisée de payer avant de bénéficier des soins des services des urgences. Khadija ajoute que «les 60 DH sont facturés comme le prix de la consultation. Si le cas nécessite une radio, il faut aussi débourser 150 DH en moyenne.

    Si le patient ne peut pas marcher jusqu'à la salle de la radio, il doit payer la somme de 10 DH pour bénéficier d'un fauteuil roulant. A cela, il faut ajouter le prix des médicaments pour arriver à 500 DH».

    Le témoignage de cette dame, fonctionnaire, renseigne sur l'amère réalité vécue quotidiennement par nombre de patients faisant appel aux secours des services d'accueil des urgences. Récemment, une autre femme, qui s'était présentée aux urgences de cet hôpital, a été sauvagement malmenée, insultée et enfin brutalement bousculée contre le mur par un infirmier qui l'a traitée de tous les noms.

    Pour prévenir ce genre de comportement irresponsable, le directeur de l'hôpital avait promis que «la personne impliquée sera punie, et même licenciée».
    Situé en plein centre-ville, dans le vieux quartier d'Al Kasbah, il fait l'angle de l'avenue Hassan II et de la rue d'Alger. Il est l'objet de plusieurs critiques, surtout en cette période estivale qui connaît une augmentation sensible du nombre des accidents routiers. Le corps médical, lui-même, ne cesse de dénoncer les problèmes inextricables contre lesquels il bute.

    Principale unité hospitalière de la ville, cet hôpital se caractérise par l'état vétuste des installations, de la défaillance de l'équipement en place et d'un personnel chargé de l'accueil, dont les vigiles plantés à l'accès principal en font partie, pas du tout accueillant. Son mauvais traitement à l'égard des patients et leurs familles est accentué par une corruption galopante.

    En effet, les pratiques de corruption s'étalent pratiquement au grand jour. Les rendez-vous et les urgences ne sont jamais respectés. Des patients se voient ouvrir grandes les portes des services de l'hôpital, pendant que d'autres attendent des mois pour accéder à une simple consultation. Ce sont les parents, les amis, les autorités, les personnes qui ont des signes extérieurs de richesse ou de statut social sont les privilégiés.

    «Dès qu'ils arrivent, ils passent directement voir le docteur. Les infirmières répondent aux plaintes des patients parqués dans les couloirs et salles d'attente par l'indifférence, sinon l'arrogance», insiste Salah. Certaines infirmières font de leur domicile une «pharmacie» ou même une «clinique» pour les couches les plus défavorisées. Les médicaments y circulent dans l'illégalité totale et sont fournis à des prix qui défient toute concurrence. Les soins sont également prodigués à ceux qui se trouvent dans l'incapacité de se payer les services d'un hôpital qui n'a de public que le nom. La gratuité des soins est une histoire ancienne. «Si je suis là, c'est parce que je suis pauvre. Mais, il paraît qu'il faut être riche, même dans un établissement hospitalier public. L'Etat doit nous garantir gratuitement les soins médicaux», nous confie Rachida, 45 ans, sans emploi.

    «Certains médecins détournent la clientèle vers les cliniques privées où ils pratiquent à temps partiel», affirme Saïd, un visiteur âgé de 21 ans. Un autre jeune témoigne qu' «avec l'absence de toute sorte de couverture médicale et le niveau de salaire très bas chez la majorité des citoyens, tomber malade au Maroc est devenu vraiment un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre.

    Si au moins nous bénéficions d'une assurance maladie, on aurait pu aller nous faire soigner chez les privés». Un médecin qui a préféré garder l'anonymat ironisait en disant que «si quelqu'un a un problème inattendu de santé : intoxication, accident, chute de tension ou même plus grave, une crise cardiaque, il ne faut surtout pas penser au service des urgences de Mohammedia».

    Une situation anarchique dont les conséquences se répercutent, de manière négative, sur les citoyens ne disposant, en majorité, d'aucune couverture médicale. Pour les âmes sensibles, il est déconseillé de le visiter, surtout la nuit. C'est l'embouteillage dans les urgences de l'hôpital Moulay Abdellah de Mohammedia. Peu de moyens et une «demande» galopante. Le personnel est le plus souvent dépassé par les événements quand plusieurs cas se présentent en même temps.

    L'hôpital est sous-équipé, avec des pénuries chroniques en médicaments et où le personnel soignant est réduit au strict minimum. Insuffisances au niveau de la prise en charge des malades, désorganisation totale dans le fonctionnement des boxes de consultations, difficultés d'utilisation des lits de porte, accueil administratif et médical défaillant, difficultés de différencier médecine générale et urgences, un parc automobile de transport sanitaire obsolète et des ambulanciers sans formation pour ce genre d'activité (voir encadré).

    L'intérieur de l'hôpital ressemble à un abattoir. Partout, du sang et des saletés. Au milieu de ce décor, une foule impressionnante attendait dans une minuscule salle d'attente. Certains saignaient, alors que d'autres gémissaient. Dans les couloirs, des blouses blanches tachées de sang passaient de temps à autre, jetaient un regard dans la salle et disparaissaient.

    L'attente dans ces lieux peut être interminable. La réception se pratique sans réception préalable d'informations médicales sur le patient. En conséquence, les préparatifs de secours appropriés ne peuvent pas s'organiser.

    Le calvaire de l'attente du médecin dans les services d'urgences est souvent vécu par de nombreux patients, alors qu'en France, chaque cas urgent est pris en charge en 3 minutes, les démarches administratives sont faites en dernier lieu. Les victimes de coups et blessures, de malaise cardiaque, d'intoxications alimentaires arrivent parfois par dizaines.

    Ils sont généralement «couchés» sur des brancards qui se trouvent être dans un état d'hygiène déplorable. Sales, sentant les odeurs du sang et autres éther et mercurochrome, ils sont rarement lavés et aseptisés. Les microbes qu'ils peuvent contenir en font des «brancards à risque». Dans les blocs opératoires, l'anesthésie est rarement pratiquée. Par négligence, on compte presque quotidiennement des morts.

    Transport ambulancier anarchique
    Suivre les étapes que franchira le malade réputé urgent permet de saisir les problèmes posés à l'étape pré-hospitalière. Dans ce cadre, on relève la pénible attente de l'ambulance, le ramassage hâtif effectué par de simples brancardiers dont le dévouement exemplaire ne saurait pallier les compétences insuffisantes en matière de premiers secours et l'absence de tout geste de secourisme et encore moins de réanimation sur les lieux de détresse.

    On relève aussi le transport précipité, à grand renfort de trompes, dans une ambulance dont le rôle se trouve réduit uniquement à une fonction de moyen de locomotion et n'offrant, par ailleurs, aucune garantie de sécurité. Au Maroc, elles sont plus de 350 ambulances exploitées par plus de 150 entreprises qui transportent les patients et les accidentés. Leur permis d'exploitation est délivré par le ministère de l'Intérieur et non pas par le ministère de la Santé. Selon une étude réalisée par le CHU Ibn Rochd sur la mortalité des traumatisés graves dans la région du Grand Casablanca, la mortalité globale sur les lieux de l'accident et pendant le transport est de 63%. De même, 34% seulement des accidentés arrivent à l'hôpital dans un délai inférieur à deux heures.

    A noter que seules les ambulances de la protection civile sont autorisées à transporter les accidentés ou les victimes de noyade. Ce secteur public est plus ou moins organisé. Par contre, le secteur ambulancier privé à Casablanca, qui représente 40% du parc national, exerce dans l'anarchie totale. Les règles définies par la loi sont bafouées en l'absence de contrôle. La présence d'un infirmier ou d'un secouriste pendant le transport du malade n'est nullement respectée.

    Il n'existe ni réglementation établie concernant la formation du personnel de l'équipement de base des véhicules, ni répartition des tâches valables pour tout le Royaume entre les différents secteurs disposant d'un service d'ambulances. Par ailleurs, 75% du parc ambulancier privé a plus de dix ans.

    La gestion, de plus de 80 entreprises que compte la métropole, souffre de l'improvisation, si bien que 50% exercent sans local, 30% exercent à partir de leur domicile et 20% seulement possèdent un local. Certaines ambulances disposent seulement d'un brancard et aucun équipement de perfusion ou de respiration.

    Par El Mahjoub Rouane
    Le Matin

     
  2. omis

    omis Accro

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    Re : A l'hôpital Moulay Abdallah : les patients de Mohammedia perdent patience

    c poooooooooooooooouriiii walah, j'ai passer 2 années d'études la bas et j coné bien cet hopital et tou les hopitaux de rabat
     
  3. iberia

    iberia Visiteur

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    Re : A l'hôpital Moulay Abdallah : les patients de Mohammedia perdent patience

    Quatre heures d’attente aux urgences pour une fracture. Pénurie de médecins et d’infirmières. Manque d’information, mauvais accueil…. Les récriminations contre l’hôpital public ne manquent pas….ça se "passait" en Europe…. Contrairement au Maroc, la machine administrative médical européen se met à l’écoute des patients et en tire qlq enseignements. La loi sur les droits des malades et la qualités du système de santé à ouvert une porte à la communication et aux dérapage abusive.
    Prendre en charge un patient, c’est pas seulement le guérire, c’est avant tout l’écouter, le respecter, et lui prodiguer les soins les plus convenable possible. Pour pallier à ce problème, il faut créer une loi qui donne l’avantage aux patients comme l’Europe l’a fait.
    Il faut rééduquer certains médecin et infirmiers, leur apprendre à parler, à communiquer aux malades, à faire preuve d’un certain humanisme et non de chantage.
    Il faut que les hôpitaux mettent en place des procédures pour répondre aux plaignants le plus rapidement possible afin de sanctionner les abus.  J’irai même plus loin, pour quoi ne pas créer des associations de malade, de plaignant,….ou on pourrait regrouper les insatisfactions et porter cela au ministre de la santé…. C’est de cette façon qu’on pourra avancer
     

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