A Madrid, les videurs de boîte de nuit vont retourner à l'école

Discussion dans 'Scooooop' créé par rbati1979, 16 Janvier 2009.

  1. rbati1979

    rbati1979 Bannis

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    Les 15 000 videurs de boîte de nuit que compte Madrid vont devoir retourner à l'école. En tout cas réviser en vitesse leurs souvenirs de classe, s'ils en ont. A partir du 5 avril, pour assurer le contrôle à l'entrée des discothèques et des bars de nuit, il faudra être accrédité. Et pour obtenir cette autorisation de la Communauté autonome de Madrid, l'aspirant videur devra se soumettre à une batterie de tests. Une première session d'examen est prévue le 14 mars. Au menu, une cinquantaine de questions portant sur les droits et les devoirs fondamentaux de la Constitution, les délits contre les personnes, la sécurité, les autorités, la santé publique, etc. A ce succinct tour d'horizon juridique s'ajouteront des tests psychologiques.

    Jusque-là, les critères de recrutement étaient simples. "Ils viennent dans les salles de gym et les clubs de culturisme pour repérer des costauds, raconte un jeune videur occasionnel au quotidien La Razon, jeudi 15 janvier. On discute pendant les séances d'entraînement. C'est 70 euros pour la nuit, le double pour des "sessions spéciales". On ne nous demande pas nos papiers, il faut être bien bâti et savoir cogner sans laisser de traces." Dorénavant, pour se présenter à l'examen de videur, il faudra avoir un casier judiciaire vierge, ce qui augure un renouvellement assez large des effectifs.

    Cette volonté d'assainissement est la réponse des autorités de la région et de la ville à une série de faits divers sanglants ayant impliqué des "porteros" à la sortie d'établissements nocturnes. En novembre 2008, plusieurs locaux célèbres de la nuit madrilène ont été soumis à une fermeture administrative après la mort d'un jeune client, roué de coups par un videur. Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier, le chef des videurs d'une boîte célèbre du centre-ville, le Heaven, a été tué d'une balle dans la tête. Aussitôt pris en chasse, l'agresseur a abattu le responsable des relations publiques d'une discothèque voisine et blessé deux autres videurs.

    Selon la police, il s'agissait d'un règlement de comptes entre un clan de Bulgares et une bande rivale d'Espagnols pour le contrôle de l'entrée et de la sécurité des discothèques, donc de la circulation de la drogue. Francisco Granados, conseiller pour la sécurité à la région de Madrid, est catégorique : "Le crime organisé s'est en grande partie rendu maître de la nuit madrilène." La lutte contre ces mafias "doit être inclue dans nos priorités", a reconnu le ministre de l'intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. A moins que le "diplôme" bientôt obligatoire suffise à interdire l'entrée de la profession aux indésirables.


    Jean-Jacques Bozonnet
     

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