A Oujda, les clandestins racontent l'abandon dans le désert, la détresse,la mort

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 13 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    ls sont descendus des autocars les uns derrière les autres sans rien dire pour s'engouffrer aussitôt dans un gymnase aménagé en dortoir. Tous tenaient une bouteille d'eau à la main. Les plus démunis étaient en chaussettes. Les plus riches serraient une couverture.

    "Subsahariens" ­ le mot fait florès ces jours-ci au Maroc ­, ils constituent un échantillon de ces clandestins africains raflés dans le royaume et dont les autorités marocaines ont tenté de se débarrasser en les abandonnant dans le Sahara au lendemain de la "bataille" de Melilla, ces assauts répétés de clandestins, ces jours derniers, contre les barbelés qui entourent l'enclave espagnole au Maroc.


    Les Africains avaient pour consigne d'aller plein est en direction de l'Algérie toute proche. Mais, dimanche soir 9 octobre, ils sont de retour à Oujda, la ville frontalière du nord du Maroc d'où ils étaient partis sous bonne escorte, pour certains la veille, pour d'autres depuis près d'une semaine. Ceux-là mêmes qui les avaient chassés les accueillent ce soir.

    Le retour doit beaucoup à une poignée d'organisations non gouvernementales (ONG) et de médias étrangers ­ espagnols pour l'essentiel ­ qui ont été alertés en milieu de semaine dernière de ce qui se passait dans la région. "S'il n'y avait pas eu les journaux, je serais mort de soif dans le désert et mes dix compagnons aussi", affirme un Sénégalais de 32 ans tandis que la protection civile distribue alentour de la nourriture. Chacun a droit à un pain, une poche de lait, du poulet accompagné de légumes, et une bouteille d'eau.

    Tout a été bien organisé par les autorités locales et aucune tension n'est perceptible. Des lits de camp attendent dans le gymnase et une antenne médicale a été dressée. Car il faut faire face : 317 Sénégalais ont été rapatriés du Sahara ce dimanche à Oujda ; 189 autres qui avaient été arrêtés à proximité de Nador, la ville marocaine voisine de Melilla, les ont rejoints plus tard. Du coup, les Marocains ont aménagé un second centre d'accueil, plus vaste, et destiné aux seuls Maliens. Vers 22 heures, 606 Maliens sont venus y échouer.

    Les clandestins n'ont pas de papier d'identité sur eux. Ce sont donc les ambassadeurs des deux pays les plus représentés, le Sénégal et le Mali qui, dépêchés dans le sud saharien, ont fait le tri pour savoir qui était qui. Pour l'heure, tandis que ses compatriotes ­ pour la plupart âgés de 20 à 30 ans ­ s'affalent sur les lits de camp, l'ambassadeur du Sénégal, Abou Ndiaye, tiré à quatre épingles, disserte sur les effets pervers de la mondialisation qui draine vers les pays du Nord les déshérités de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.


    "ON N'A PLUS D'EAU"


    Au passage, il remercie les autorités marocaines qui vont mettre ­ peut-être dès lundi ­ un avion à la disposition du Sénégal pour rapatrier ses compatriotes. "Mais on les reverra dans la région dans quelques mois", pronostique le diplomate. Il est sans doute un peu tôt pour philosopher.

    Dimanche soir, tous les Subsahariens n'étaient pas regroupés à Oujda, loin s'en faut. Neuf autocars ­ donc plusieurs centaines de personnes ­ se trouvaient en fin de journée à proximité d'Ouarzazate, selon le témoignage d'un Camerounais, Hervé, joint brièvement par téléphone. "Il y a des Africains de sept ou huit pays avec nous, avec quelques femmes. Personne ne nous dit où on va nous amener", a-t-il raconté au Monde.

    Et puis il y a les autres, dont le nombre est inconnu et qui errent toujours par petits groupes dans le désert quelque part entre l'Algérie et le Maroc. L'un d'eux se prénomme Adama. Il est ivoirien et, tout aussi brièvement contacté dimanche soir par Le Monde, il a appelé à l'aide. "Faites quelque chose pour nous, sinon on va mourir. Il y a déjà un Sénégalais qui est mort d'épuisement, presque entre mes bras, il y a deux jours. Je lui ai fait le bouche-à-bouche mais c'était trop tard. Des gendarmes nous ont chassés. J'ai laissé sa dépouille. On n'a pas mangé depuis vendredi et on n'a plus d'eau. On essaie de marcher jusqu'à Oujda -250 kilomètres environ de l'endroit où ils se trouveraient-. Il fait trop froid la nuit pour s'arrêter. Si les gendarmes marocains nous attrapent ils vont nous envoyer dans le désert en Mauritanie", affirme-t-il.

    Les autorités marocaines ont démenti tout projet d'"exfiltrer" des immigrés clandestins par la Mauritanie. Elles se sont également défendues d'avoir abandonné dans le désert des centaines de Subsahariens ­ sinon davantage. "C'est faux de dire que le Maroc abandonne des gens au Sahara. On essaie simplement de leur faire quitter le Maroc par les endroits où ils sont arrivés, c'est-à-dire l'Algérie", nuance un ministre ­ de gauche ­ sous couvert d'anonymat.

    Les témoignages des Subsahariens ramenés à Oujda sont plus abrupts. Certains parlent d'échauffourées dans les autocars entre policiers et Subsahariens (dont certains ont fait le voyage menottés à leur voisin) ; d'autres préfèrent raconter l'espèce de jeu de ping-pong mortel entre militaires algériens et gendarmes marocains dont ils ont été les victimes en plein désert. D'autres préfèrent parler de la compassion trouvée auprès des populations nomades, où des compagnons abandonnés en plein désert "parce qu'ils ne pouvaient plus avancer et qu'on n'avait pas d'eau pour tout le monde".

    "Dans mon groupe, on a laissé cinq personnes. Elles doivent être mortes. Il y a eu beaucoup de morts", dit Ansou Sarr, le Sénégalais. Samedi et dimanche, le long de la route qui relie Melilla à Oujda, on pouvait rencontrer des groupes de Subsahariens qui, eux, tentaient de rallier la frontière algéro-marocaine après avoir échoué à pénétrer dans l'enclave espagnole. Avec leur bouteille d'eau et leur maigre balluchon, ils avaient une façon pathétique d'avancer qui témoignait de leur harassement. Ils avaient beau être libres, leur sort n'était pas plus enviable que celui des "Africains du Sahara".

    Jean-Pierre Tuquoi
    Le Monde

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    article propose par aghilasse
     
  2. wah

    wah wjada secs

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    Re : A Oujda, les clandestins racontent l'abandon dans le désert, la détresse,la mort

    est ce qu'on pourrait savoir d'où est ce que vous tenez l'info??
    thanks
     
  3. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Re : A Oujda, les clandestins racontent l'abandon dans le désert, la détresse,la mort

    si tu regardes tres bien en bas de l'article, il est mentione que cet article vient du journal Le Monde
     
  4. momo1234

    momo1234 Visiteur

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    Re : A Oujda, les clandestins racontent l'abandon dans le désert, la détresse,la mort

    iwa, 3atyin dak lmaghrib f had lkadiya. achnou dhar likoum f had chi. lmaghrib habss, coum d labachar bach maydakhalch l europe, ou l europe 3ata dak lmaghrib. iwa, koun ghir ba3da 3aounou lmaghrib bach ihad man had lkadiya, la moussa3adat la walou ou baghin lmaghir icomm b lwajib, koun ghit khlaouhoum, inakzou hadak lgariyage, ou ydabrou m3ahoum sbalyoun....
     
  5. toub9al

    toub9al Visiteur

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    Re : A Oujda, les clandestins racontent l'abandon dans le désert, la détresse,la mort

    اكد المتحدث باسم الحكومة المغربية ووزير الاتصال نبيل بن عبد الله اليوم ان المغرب رفض اقامة مراكز عبور للمهاجرين الافارقة الى اوروبا. وقال في مؤتمر صحافي عقده في باريس ان "المغرب ليس مستعدا لاقامة مراكز عبور ويرفض اقامتها لاننا لا نعتبر المنطقة معنية مباشرة".

    وكرر بن عبد الله القول ان "بعض الاشخاص يعتقدون ان المغرب قادر على اقامة المراكز لكننا لا نقبل هذه الصفقة"، متهما اوروبا بأنها "تلقي ما لا تحتاج اليه على المغرب" "من اجل تسوية قضية" المهاجرين الذين يسعون الى بلوغ اوروبا من خلال عبور المغرب والجزائر.

    jariddatt elaph .com
    - hnna 3jbatnni l7okoma dyalna europa tatssadarlina ghir lmachakil ,ghah mlli 2idirro lihom al mokhayam ghadii 2itzadoo o 2ichkllo mochkil amnii 2illa magallo 7ta homa sahara dyalhom.....
     

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