Abdellah Kadiri: Le roi n’a pas d’amis

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 15 Mars 2009.

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    Antécédents

    1937. Naissance à Berrechid
    1956. Rejoint les Forces armées royales
    1973. Quitte les FAR
    1982. Fonde le PND
    1990. Nommé ministre du Tourisme
    2008. Accepte la fusion du PND avec le PAM (Parti authenticité et modernité)
    2009. S’apprête à lancer un nouveau parti


    Le PV
    Abdellah Kadiri n’a pas l’air affecté par la série de déboires essuyés ces deux dernières années : son échec personnel aux législatives de 2007, la dissolution du PND, le bras de fer avec El Himma (qui l’a “vidé” de son parti, au passage). “Ce sont des choses tout à fait normales en politique”, relativise-t-il, un peu pince-sans-rire, avant de conclure : “Je ne suis pas un homme fini”. Installé dans son bureau au siège d’un parti qui n’existe plus, dans un local qui colle parfaitement avec l’image de “parti de l’administration” qui a longtemps accompagné le PND (bureaux déserts, mobilier vieillot, portraits de Mohammed VI accrochés aux murs), Kadiri ne se fait pas prier pour répondre “avec appétit” à nos questions sur El Himma, le coup d’état de Skhirat, Driss Basri, etc. Au grand dam de son conseiller en communication, qui essaye de tempérer ses ardeurs. “Mais que voulez-vous, à la fin, je suis comme ça”, conclut l’ancien député. Inutile d’insister.


    Smyet bak ?
    Mohamed Kadiri

    Smyet mok ?
    Menni Bent Ahmed

    Nimirou d’la carte ?
    W35922

    Comme on a pu vous le demander ailleurs : Naâl Achitane a Si Abdellah, est-ce qu-il n’est pas temps de vous réconcilier avec Fouad Ali El Himma ?
    Mais je n’ai aucun problème avec lui, détrompez-vous !

    Sérieux ?
    Oui, je le suis. Ce qui a pu se passer entre Si Fouad et moi n’a rien de personnel. Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat.


    Si Fouad, comme vous l’appelez, vous a quand même dépossédé de votre parti, le PND. Ce n’est pas rien…
    Il est vrai que son attitude envers nous n’a pas été correcte. Il nous a promis monts et merveilles et, au final, il n’a pas tenu ses promesses. Et pour ça, je lui en veux, je l’admets. Mais je ne vais pas me lamenter sur mon sort, cette page est tournée pour moi. Je tiens à aller de l’avant. D’ailleurs, dans les jours à venir, je vais recevoir le récépissé m’autorisant à créer un nouveau parti. Donc, tout va bien.

    Au fait, que vous a promis El Himma ?
    Il nous a proposé de créer un grand parti dont le PND serait l’ossature principale. Ce qui est normal, sachant que notre parti était le plus important des cinq qui ont donné naissance au PAM (Parti authenticité et modernité). Après la fusion, nous n’avons récolté que des miettes. Et c’est alors que nous avons décidé de nous retirer du PAM.

    Contrairement à vous, El Himma lui, ne semble pas vouloir tourner la page. Il vient de porter plainte contre vous pour diffamation…
    Libre à lui de faire ce que bon lui semble. Moi aussi, je peux l’attaquer pour la même raison. Ces dernières semaines, il m’a traité de tous les noms dans la presse.

    Vous ne seriez pas en train de menacer l’ami intime du roi ?
    Je ne menace personne. Et puis, à ma connaissance, Mohammed VI n’a pas d’amis. Il n’a que des sujets, dont je fais d’ailleurs partie.

    El Himma vous réclame cinq millions de dirhams de dommages et intérêts. Vous avez la somme, au cas où ?
    Bien sûr que non. El Himma a entamé également des démarches judiciaires pour s’approprier les biens du PND. Mais de quels biens il parle ? Tous nos locaux sont loués. Nos comptes bancaires sont presque à sec… Par contre, nous avons quelques théières, des verres et un brasero, on peut lui céder tout cela, s’il est intéressé.

    Vous annoncez la création d’un nouveau parti. Vous ne pensez pas qu’à votre âge, 72 ans, il est temps de prendre votre retraite ?
    Je vous rassure tout de suite : je compte prendre ma retraite dans un an. Si je ne l’ai pas fait avant, c’est parce que beaucoup de mes concitoyens m’en ont empêché.

    Ah bon ? Lors des dernières législatives, vos concitoyens à Berrechid, votre fief, ne vous ont pas élu…
    Je vous recommande d’aller sur place pour voir comment les gens m’apprécient. Vous serez vraiment surpris, dans le bon sens évidemment. Pour ce qui est du scrutin de 2007, c’est la fraude électorale qui m’a coûté ma réélection. Cette histoire, et celle que j’ai eue avec Fouad Ali El Himma, m’ont d’ailleurs passablement dégoûté de la politique.

    Vous ne regrettez pas d’avoir quitté l’armée en 1973 ?
    Non. Je devrais, à votre avis ?

    Issu de la prestigieuse Académie militaire de Saint-Cyr, vous étiez promis à une brillante carrière. Vous auriez pu être général aujourd’hui…
    Ce n’est pas si sûr. A l’époque, j’avais beaucoup de problèmes avec mes supérieurs. Résultat, je suis resté bloqué au grade de commandant, alors que mes camarades gravissaient le plus normalement du monde les échelons dans la hiérarchie militaire. Sans oublier que mon implication involontaire dans le coup d’Etat de 1971 n’a pas arrangé les choses.

    Dites-nous, comment vous êtes-vous retrouvé au beau milieu du putsch manqué de Skhirat ?
    Le 10 juillet 1971, le lieutenant-colonel Mhamed Ababou m’a invité, avec un groupe d’officiers, à déjeuner avec lui dans la région de Bouknadel, point de ralliement des cadets d’Ahermoumou. Il nous a alors informés de son projet d’attaquer le palais royal. Au début, j’ai cru que c’était une farce ou un piège tendu par mes supérieurs. Mais j’ai très vite réalisé que c’était sérieux. Comme tout le monde le sait, j’ai bien sûr refusé de suivre Ababou. Si je me suis engagé dans l’armée, c’était pour servir la monarchie et non la renverser.

    Et Ababou a accepté votre refus sans problème ?
    Il ne m’a fait aucun mal. J’étais l’un de ses meilleurs amis. Par contre, son frère Mohamed voulait me mettre une balle dans la tête, mais Mhamed l’en a empêché.

    Une fois que le convoi a pris la direction de Skhirat, qu’avez-vous fait ?
    J’ai pensé me rendre au palais pour mettre au courant Hassan II, mais il était déjà trop tard, le convoi avait pris de l’avance. J’ai ensuite pensé alerter la police ou la gendarmerie, mais là aussi je me suis dis que si Ababou réussissait son coup, il ne me le pardonnerait jamais. J’ai finalement rejoint ma famille. Une décision qui m’a valu cinq mois d’emprisonnement. J’ai même été à deux doigts du peloton d’exécution, c’est Oufkir qui a convaincu à la dernière minute Hassan II que je n’avais rien à voir avec les mutins.

    Vous croyez à la version officielle selon laquelle Oufkir se serait suicidé ?
    Oui, oui.

    Bon, on vous rappelle que le corps du “suicidé” a été retrouvé avec plusieurs balles dans le dos…
    Et alors ? Il aurait très bien pu se mettre une balle mortelle dans la tête avant qu’on ne lui tire dans le dos.

    Passons. En quittant l’armée, vous avez continué à servir la monarchie. Vous avez participé à la création du RNI, le parti du beau-frère de Hassan II, puis le PND, celui de l’administration…
    (Coupant net) C’est faux, le PND n’a jamais été le parti de l’administration. Ceux qui disent cela ne savent pas de quoi ils parlent. Quant à moi, oui, je n’ai pas honte de le dire, je me suis lancé en politique pour continuer à servir mon roi. D’ailleurs, j’ai fondé le PND avec la bénédiction de Hassan II. Je me souviens, il avait appelé devant moi Driss Basri pour lui demander de ne pas nous mettre de bâton dans les roues.

    Il vous manque votre grand ami, Basri ?
    Beaucoup. Lui et moi étions inséparables, comme des frères. Je pense d’ailleurs souvent à lui. On a encore tendance à lui mettre sur le dos tous les problèmes de notre pays, ce n’est pas juste. Ce n’était qu’un inconditionnel de la monarchie, il ne faisait qu’exécuter les ordres. Il a voué sa vie à servir son roi. Imaginez qu’il dormait toutes les nuits avec son téléphone à portée de main. Hassan II pouvait ainsi le joindre à n’importe quel moment, de jour comme de nuit…


    http://www.telquel-online.com/364/interrogatoire_364.shtml
     
  2. nssit

    nssit Visiteur

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    lmakhzen :(
     
  3. anaayoub

    anaayoub Accro

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    7otalat syassa
     

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