Abdelouahed Souhail au Club de L’Economiste : Le marché de l’emploi reste méconnu

Discussion dans 'Scooooop' créé par Med Omar, 14 Mars 2012.

  1. Med Omar

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    Abdelouahed Souhail au Club de L’Economiste : Le marché de l’emploi reste méconnu

    • Des personnes en âge de travailler ne se présentent pas sur le marché
    • A elle seule l’Administration ne peut absorber toutes les demandes d’emploi

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    «C’EST la loi de Finances 2013 qui intégrera les mesures sur l’emploi que nous allons proposer au gouvernement. Les engagements pris par l’ancienne équipe sur le dialogue social surtout sont maintenus». Invité au Club de L’Economiste du lundi 5 mars, Abdelouahed Souhail, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, reconnaît que, faute de temps, les marges de manœuvre sont limitées. L’équipe Benkirane a ainsi «hérité d’un projet de loi de Finances qu’elle a tenté d’adapter à ses priorités».
    Cet ancien banquier a discuté sans tabou de différents sujets dont les grèves sauvages, la représentativité syndicale et l’occupation des usines. Il s’est également livré à une analyse du marché de l’emploi. «Nous avons un sérieux problème de connaissance précise de ce marché. Notre taux de chômage est dans les normes internationales, mais nous avons un taux d’activité bas». Le ministre revient sur la problématique des personnes en âge de travailler mais que l’on ne retrouve pas dans les statistiques. Un point soulevé par le Conseil économique et social (CES) dans son rapport sur les jeunes. Le CES a imputé ce phénomène à l’échec auquel les jeunes ont été confronté la première fois qu’ils se sont présentés sur le marché de l’emploi.

    «On a le droit de douter
    de cet objectif mais pas celui
    de renoncer à l’action»​

    Sans être alarmiste, Souhail explique que la problématique de l’emploi se posera de plus en plus. «Elle se manifestera dans des termes plus aigus avec la société qui s’urbanise, le niveau de formation qui augmente et une arrivée importante des femmes sur le marché du travail». Il souligne au passage l’absence d’un observatoire de l’emploi: «nous n’avons pas d’observatoire sur l’emploi. Or il nous permettrait de dégager les tendances lourdes du marché». Un handicap, cité également dans le rapport du CES qui a recommandé de mettre en place un tel organisme.
    Dans son analyse, le ministre s’est attardé sur le chômage des diplômés. Un phénomène qui n’est pas particulier au Maroc mais qui reste lié à l’investissement, la croissance et aussi à l’adéquation qualitative et quantitative de l’offre et de la demande.
    Souhail invite les entreprises à fournir plus d’effort. «Elles doivent jouer un rôle plus important en matière d’intégration des jeunes diplômés auxquels l’Etat compte proposer des formations adaptées à la demande», insiste le ministre. Des «mesures appropriées pour leur reconversion» devraient être trouvées. Mais attention, il n’est pas question de créer «une garderie où nous allons prolonger la vie scolaire pour que ça ne débouche sur rien». Il insiste aussi sur la nécessité pour les jeunes de changer leur vision: «le travail dans l’Administration n’est pas l’unique issue. C’est une idée à bannir pour la simple raison que l’Administration a un train de vie et des besoins qui ne sont pas illimités».
    Le ministre annonce une quinzaine de projets de lois dont celles sur les syndicats et sur la grève. Il revient aussi sur les objectifs de baisse du taux de chômage à 8% fixé par le gouvernement.
    Loin d’être pessimiste, même si la crise touche les principaux partenaires du Maroc et qu’il faudrait certainement s’attendre à une baisse de la commande adressée aux entreprises locales, Souhail affirme que «l’on a le droit de douter de cet objectif mais pas celui de renoncer à l’action». Et là, les chantiers sont énormes. Ils vont de l’attractivité de l’investissement à celui du cadre macro-économique et juridique sans oublier la qualité des ressources humaines. Ce qui renvoie au système de l’éducation et de la formation. «Nous avons un plan d’urgence mais nous n’allons pas assez vite dans la réforme. La politique de la formation professionnelle ne converge pas non plus avec la vision globale que nous avons du développement de l’économie», soutient Souhail. Il affirme aussi qu’une stratégie pour la formation professionnelle est en cours (cf. www.leconomiste.com). Le pari pourrait être gagné puisque le Maroc est parvenu dans le cadre du projet Renault à former des profils pointus. Idem pour l’aéronautique. «Une touche ne suffit pas, nous avons besoin d’un clavier pour jouer une partition harmonieuse», constate le ministre.



    Khadija MASMOUDI


    Source : L'Economiste
     

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