Ablution

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par HANDALA, 11 Décembre 2005.

  1. HANDALA

    HANDALA Bannis

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    Tour à tour, les cannes d'un esprit rayonnent
    sur le crâne de l'aveugle,

    Les chênes fument le vent, et président la pierre.
    Pierre chargée de deuils où bute le sens. Pierre qui, pure, accouche d'une ode

    Et la voici pour toujours, dans les dunes.
    Tant d'oiseaux dans ses hanches-

    La terre est blonde comme une chimère.
    Et sur les tables molles de l’âge

    les abeilles parcourent
    le règne de la blessure.

    Le chuchotement est maître des hymnes
    sous les cruches du lait.

    Une racine rouge enfle dans la voix du gouverneur.
    Et le c½ur libre


    ensommeillé dans les choses qui éparpillent le paysage
    garde son herbe à la flûte du berger.

    Quatrième saison entre les signes des réticences.
    Et toute la nuit, les prémices d'une molaire

    poussent sur la couronne de l'orient.
    La lune, sur le vélin du ciel, écrit ses failles et ses rires

    et le mont songe sous les rides.
    La lune se mire au sang du marcheur,

    et au frottement du coeur, tel un archet, réveille
    un chant d'exil à longueur de dunes

    Des cerfs.
    Leurs empaumures portent le livre des pérégrinations

    Et sur leurs andouillers pousse la lumière
    La raison dans mes caillots se sèche au vent

    d'une erreur, dit-il.
    Il enfonce son regard dans le coussin de la nuit

    la mémoire reflue sur ses bords.
    Fourchaient les troncs à chaque pénombre

    de l'alphabet. des oiseaux simples sans qualité
    voltigent dans la légende.

    Et dans le fief de la rieuse l'évanescence de leurs chants.
    Une vaste robe trône sur l'horizon.

    Des voyelles dispersées au-dessus de quelques nuages.
    Orage viride avec les arbres noue.

    Et ma salive si funèbre qu'elle lubrifie la tombe.
    Grammaires rouges

    sur les lames de l'Est, Et que mes faibles enchantements meurent
    sous l'aisselle de cette lettre!

    Un sifflement encore me jette là où le bois alimente le coeur
    exposé à l'heure du crime

    dans la lumière du chant.
    Entre de désir et l'ombre du doigt,

    la phrase de l'arbre se retire.
    Et les figuiers d'une vieille mort

    viennent raccorder leur danse au vent.
    Le lait chaule l'écriture,

    et on voit encore des crochets fins
    annonçant l'ombre du poète.

    Le poète s'asseyant sur les ruches de l'absence,
    assiégeant les ruses du gouverneur.

    Le scintillement d'un signet sur le heurtoir du sable.
    La tête saigne au bout de la lettre. La tête blanc,

    moqueuse d'un cheval raconte le tombeau.
    Ô Soleil ! Grande épouse !

    tu as avec moi une hargne quasi filiale tu
    - sur les cornes d'un vieux démon

    accourant vers le versant de mon je me prépares
    les ablutions mortuaires.


    Elégie de Tarafa Ibn al-'Abd
     

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