Accord au sommet de Bali : La planète respire.

Discussion dans 'Info du monde' créé par osiris, 15 Décembre 2007.

  1. osiris

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    Climat: Bali lance dans la douleur 2 ans de négociations sur la lutte contre le réchauffement

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    Des larmes, des huées, des ovations: la communauté internationale a lancé dans la douleur les négociations samedi à Bali sur le futur régime de lutte contre le réchauffement climatique, qui devront être bouclées en 2009. Evènement

    Après un épuisant marathon nocturne et un dénouement mélodramatique de sept heures, ponctué de suspensions de séances qui en ont retardé encore la conclusion, la conférence climat de l'ONU a formellement adopté la "feuille de route de Bali" qui pour la première fois associe pays industrialisés et nations en développement à la réduction des émissions polluantes.

    L'accord stipule que le processus de négociations qui fixera les suites à donner au protocole de Kyoto devra être lancé "dès que possible et pas plus tard qu'avril 2008", la première phase de Kyoto expirant en 2012.

    Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, revenu le matin sur l'île indonésienne pour appuyer la conclusion de l'accord, s'est dit "fortement encouragé". Le patron de la Convention climat de l'ONU (CNUUC), Yvo de Boer, assurant qu'il avait obtenu "exactement ce qu'il voulait: un cadre de travail, un calendrier et une date butoir".

    Peu auparavant, face au risque d'échec, M. de Boer, épuisé pour n'avoir pas dormi deux nuits d'affilée, avait craqué à la tribune puis quitté la salle en sanglots, avant d'y revenir, acclamé debout.

    Même si les ONG et les scientifiques jugent les ambitions de l'accord modestes et condamnent son "manque de substance" (Greenpeace et WWF), chacun se félicitait samedi d'avoir évité l'échec qui menaçait.

    Le texte élude toute référence chiffrée aux émissions de gaz à effet de serre et à la nécessité de les réduire, auxquelles s'opposaient les Etats-Unis.

    A la place il souligne "l'urgence" en termes les plus vagues et renvoie par une note en bas de pages aux travaux du Groupe d'experts sur le climat (Giec): ceux-ci préconisent que les pays industrialisés réduisent de 10 à 40% leurs émissions d'ici 2050, ce qui "doit nous éviter de dépasser les 3°C" de réchauffement, estime le climatologue français Jean Jouzel.

    "Avec ça on va pas cuire, mais on va chauffer", notait-il cependant.

    Tout en leur ménageant un statut à part en tant que seul pays industrialisé à n'avoir pas ratifié Kyoto, (l'Australie l'ayant fait au premier jour de la conférence le 3 décembre), l'accord a la vertu d'enrôler les Etats-Unis dans les efforts à venir en les invitant à des "actions" plutôt qu'à des engagements. Même s'ils ont soigneusement "mis en scène leur ralliement", selon un délégué européen, après avoir menacé en séance d'un veto.

    Pour dénoncer le faible engagement à leurs yeux des pays riches, les pays émergents, emmenés par l'Inde et la Chine, ont multiplié les incidents et réclamé davantage de soutien financier et technologique pour engager des "actions" de réduction de leurs émissions.


    "L'accord de tous était difficile à obtenir et pas gagné d'avance", a noté le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. "Maintenant on peut rentrer dans le vif du sujet".

    Hilary Benn, son homologue britannique, jugeait que "sans cet accord aujourd'hui, nous n'avions aucune porte par où passer" et évoque une "percée historique". Pour Sigmar Gabriel, le ministre allemand, "au bout du compte, personne ne voulait d'échec. Nous avons obtenu plus que nous ne pouvions l'espérer, même si c'est moins que nécessaire face à l'urgence du problème".

    "Pour moi c'est une victoire américaine. Mais la bonne nouvelle c'est qu'il y aura quand même un siège pour le futur président des Etats-Unis autour de la table de négociations", a complété Hans Verolme, du WWF. "La maison brûle encore, mais au moins on a pu sauver les meubles", ajoutait Greenpeace-France.


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