Adil Charkaoui sera enfin entendu par la justice canadienne

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 27 Août 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    La Cour suprême du Canada a accepté jeudi de se pencher sur le cas d'un ressortissant marocain, soupçonné d'appartenir au réseau terroriste Al-Qaîda et menacé d'expulsion en vertu d'une procédure exceptionnelle de sécurité nationale. La plus haute juridiction du pays devra décider si le jugement de deux instances inférieures, confirmant l'expulsion d'Adil Charkaoui, est conforme ou non à la charte canadienne des droits et libertés.

    Adil Charkaoui fait l'objet d'un "certificat de sécurité", mesure anti-terroriste contestée, qui permet au gouvernement de garder en prison et d'expulser des personnes soupçonnées d'activités terroristes, et ce sans obligation de donner à leurs avocats toutes les informations détenues par l'accusation.

    Cette disposition judiciaire, mise en place suite aux attentats du 11 septembre 2001, a permis la détention d'Adil Charkaoui de mai 2003 à février 2004, jusqu'à ce qu'un tribunal ordonne sa libération sous condition, en attendant qu'une décision finale soit prise sur son expulsion éventuelle du Canada. La cour l'avait toutefois obligé à verser une caution de 50.000 dollars canadiens (40.500 USD), et à porter un bracelet électronique permettant de suivre ses mouvements.


    Agé de 31 ans et père de deux enfants, Adil Charkaoui est soupçonné par les services secrets canadiens d'avoir séjourné dans un camp d'entraînement d'Al-Qaëda en Afghanistan en 1998. Les autorités pensent aussi qu'il aurait pu avoir des liens avec le Groupe islamique combattant marocain (GICM), mis en cause dans les attentats de Casablanca en 2003 et de Madrid en mars 2004.
    Adil Charkaoui a toujours nié ces accusations.

    Al-Qaëda prépare un attentat contre un grand centre financier dans l'extrême orient asiatique ou en Australie pour miner la confiance des investisseurs dans la région, a affirmé le juge d'instruction anti-terroriste français Jean Louis Bruguière, dans une interview publiée vendredi par le Financial Times.

    "Nous avons des éléments d'information qui nous font penser que des pays de la région, spécialement le Japon, peuvent être la cible" du réseau al-Qaëda, a déclaré le magistrat citant comme objectif possible des attentats Tokyo, Singapour et Sydney.

    "Toute attaque contre un marché financier comme le Japon aurait mécaniquement un impact économique important sur la confiance des investisseurs. D'autres pays dans la région, comme Singapour et l'Australie, sont aussi des cibles potentielles", a ajouté le juge Bruguière.

    En dépit de cette menace, “ nous négligeons d'une certaine façon la capacité ou le désir de l'organisation al-Qaëda de déstabiliser la région ”, a-t-il estimé.
    Surnommé "le shérif", le juge Brugière a prévenu des menaces de terrorisme islamique depuis une série d'attentats à la bombe à Paris au milieu des années 80, rappelle le Financial Times.

    Au cours des 20 dernières années, il a supervisé l'arrestation de plus de 500 suspects de terrorisme à la direction d'une équipe de juges spécialisés travaillant avec la police anti-terroriste et les services de renseignement.
    Il avait averti du danger que des terroristes n'utilisent des avions détournés bien avant les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, se basant notamment sur l'échec d'une tentative d'extrémistes algériens de projeter un avion d'Air France contre la Tour Eiffel en 1994 à Paris.

    Il y avait des signes que le Royaume-Uni serait pris pour cible bien avant les attentats suicides du 7 juillet à Londres contre trois rames de métro et un bus qui ont fait 56 morts dont les quatre auteurs des explosions, a encore souligné le juge Bruguière.

    Celui-ci a rappelé que le consulat de Grande-Bretagne d'Istanbul et la succursale d'une banque britannique dans la métropole turque avaient fait l'objet d'attentat à la bombe en novembre 2003, le jour même où le président américain George W. Bush effectuait une visite d'Etat à Londres. Les attentats du 7 juillet ont coïncidé avec le premier jour complet du sommet du Groupe des huit pays les plus industrialisés à Gleneagles en Ecosse.

    "La symbolique est un élément fondamental" de la stratégie des terroristes, que "nous négligeons", a-t-il fait valoir, ajoutant que pour eux, "le problème n'est pas uniquement le nombre de morts" mais aussi "la valeur de l'évènement dans le contexte médiatique et politique".


    Source: LE MATIN
     

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