Affaire des dons détournés, Ils monnayaient les itinéraires du Roi

Discussion dans 'Scooooop' créé par Casawia, 11 Décembre 2007.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    · Les destinations des cortèges royaux divulguées pour quelques centaines de dirhams


    · Plusieurs cuisiniers des résidences royales accusés

    · Les agréments de transport loués à 200.000 DH la pièce


    UN employé du palais qui monnaie le parcours du cortège royal pour quelques centaines de dirhams! La dernière affaire de détournements des dons royaux met d’abord à nu le système de sécurité du Roi. Des dizaines de personnes impliquées dans ces détournements ont avoué, lors de leurs interrogatoires, avoir communiqué des informations sur ces itinéraires à des «semsara».

    L’affaire qui défraye la chronique depuis quelques semaines connaît des rebondissements judiciaires, après une demande, formulée en haut lieu, pour enquêter sur ces dons et sur les personnes qui en bénéficient.

    En juillet dernier, le dossier atterrit chez la brigade économique et financière de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ). Ses limiers rassemblent des indices qui les mènent à une vingtaine de personnes impliquées. Selon le rapport de la BNPJ, dont L’Economiste détient copie, 28 personnes sont impliquées dans cette affaire. Celles-ci ont déjà été présentées à la Cour d’appel de Rabat pour jugement, «mais d’autres groupes sont encore en instruction», affirme une source judiciaire.

    Le rapport de la BNPJ distingue deux catégories d’accusés. La première est majoritairement employée dans les résidences royales ou princières (beaucoup d’entre eux occupent le poste de cuisinier). La seconde catégorie est principalement constituée de courtiers (semsara) spécialisés dans les agréments de transports (surtout pour les grands et petits taxis). Pour résumer, les premiers assurent le volet administratif de la procédure, et les seconds se chargent de la commercialisation.

    C’est le cas notamment de Benaïssa Saif-Eddine, cuisinier dans une résidence princière à Rabat, qui a bénéficié de six agréments pour grands et petits taxis entre 1994 et 2004. Benaïssa raconte dans le rapport de la BNPJ qu’il a demandé des agréments en son nom et pour toute sa famille. Le prix de location peut aller jusqu’à 160.000 DH. Une fois tous les membres de sa famille servis, Benaïssa s’est tourné vers un courtier, un certain Badr Salki, pour qu’il lui trouve des clients désireux de bénéficier des dons royaux. Le courtier s’exécute et amène à maintes reprises des clients qui payent 200.000 DH par agrément. Benaïssa use alors de son statut «d’employé chez une princesse» pour réclamer et obtenir plusieurs agréments aux noms des clients prospectés par le courtier Salki.

    D’autres exemples de personnes ayant bénéficié «illégalement» des dons royaux sont cités dans le rapport de la BNPJ. Pis encore, certains employés des résidences royales vont même jusqu’à communiquer les parcours des visites royales à des semsara. Informés, ces derniers payent des personnes (généralement des vieilles femmes) pour intercepter le cortège royal et remettre la demande au Roi ou à ses proches.

    Pour ne citer qu’un seul exemple, My El Hassan Idrissi qui est également cuisinier dans une résidence royale. Selon ses déclarations lors de l’interrogatoire, Idrissi avoue avoir été contacté plusieurs fois par un certain Mohamed Zgani, courtier notoire. «Celui-ci me demandait la prochaine destination du Roi. Je l’informais spontanément. Mais il me répondait toujours qu’il le savait et que c’était juste pour s’en assurer», déclare Idrissi aux enquêteurs. En contrepartie de ces «infos, Idrissi recevait des commissions qui variaient entre 1.000 et 1.500 DH.

    Une troisième catégorie, moins importante, regroupe quelques courtiers et certains fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. C’est le cas par exemple d’Ahmed Amrouchi, un semsar de la ville de Tanger qui a réussi à se lier d’amitié avec un fonctionnaire du service des études des agréments de transport au ministère de l’Intérieur. «Je demandais régulièrement à un certain Gharbaoui (ndlr, dudit service) de me communiquer les noms, adresses et numéros de téléphone des bénéficiaires des agréments de transport. Après, je contactais ces personnes et leur proposait de louer leurs agréments», indique Amrouchi.

    Pour l’heure, l’affaire est entre les mains de la Justice. D’autres personnes pourraient rejoindre le box des accusés et de nouveaux rebondissements sont tout à fait envisageables.


    L'Economiste
     
  2. adilasri

    adilasri wald bladkoum

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    C'est bien,petit a petit ça se nettoie,
     

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