Affaire. Le Marocain qui a volé 800 millions de dirhams

Discussion dans 'Scooooop' créé par he_linkin, 21 Juillet 2006.

  1. he_linkin

    he_linkin Visiteur

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    Recherché par Interpol à la suite d'un braquage de 53 millions de livres sterling (plus de 800 millions de dirhams), dans le comté de Kent en Angleterre, Brahim Lamrani, alias Lee Murray, s'est installé à Rabat… pour dépenser son butin.


    C’est dans l'une des villas cossues du quartier huppé du Souissi à Rabat, non loin du siège de l'Office national de l'eau potable, que Brahim Lamrani et ses trois acolytes ont choisi de résider. Ce sont les deux gardiens quinquagénaires de la résidence que la police a choisis comme indicateurs. Rien ne laissait présager que ce quartier paisible
    serait le théâtre d'une affaire qui retentirait bien au-delà des frontières marocaines.

    Une villa guet-apens et un complice en cavale
    Une fourgonnette blanche de police est encore quotidiennement stationnée devant la “villa Jamila”. La police continue à surveiller le lieu depuis l'arrestation de la bande : des effets des malfaiteurs sont encore à l'intérieur et il se peut que d'éventuels complices, pour l'instant inconnus des forces de police, essaient de s'y introduire. Seule piste pour les enquêteurs, le propriétaire de la villa, un dénommé Aït Assou. Ce Marocain résidant aux Pays-Bas, champion d'arts martiaux, aurait loué la résidence à Lamrani et sa bande et leur rendait visite de temps à autre. Aït Assou dont le rôle dans l'affaire et la relation avec Lamrani restent à définir, s'est rendu aux Pays-Bas une semaine avant l'arrestation de la bande.

    Un habitant du quartier raconte : “Lamrani et ses copains ramenaient souvent des filles. Ils menaient la grande vie, conduisaient des Mercedes, s'habillaient de vêtements de luxe et organisaient de grandes soirées”. La police a effectivement saisi deux Mercedes dont une Classe SL immatriculée en Grande-Bretagne, ainsi qu'une Peugeot 307. Des sommes en liquide ont été retrouvées dans la villa. “Lamrani et ses amis portaient de grosses chaînes et des gourmettes en or et diamant. Il n'y avait pas que des jeunes filles qui leur rendaient visite. J'ai aussi vu une femme avec un enfant”. Lamrani était en effet marié avec une Anglaise dont il avait deux enfants.

    Du braquage de Securitas au voisinage du prince
    Lamrani, qui ne parle pas un mot d'arabe, est arrivé au Maroc en mars dernier. Son père, originaire de Sidi Ifni, s'est installé en Grande-Bretagne dans les années soixante-dix et s'y est marié avec une Anglaise. Brahim a grandi dans la banlieue de Londres et s'est fait un nom dans le milieu du combat en cage (cage fighting). Aidé par son physique imposant et son penchant pour le sport qu'il a développé après avoir échoué dans ses études, il est bien introduit dans le milieu du trafic de stupéfiants et du crime en général. Il s'est trouvé impliqué en février dernier, à l'âge de 26 ans, dans le braquage historique du dépôt Securitas, à Tonbridge, dans le sud de l'Angleterre. Plus de 53 millions de livres sterling ont été dérobés. La police britannique a pu retrouver une partie du butin et incarcérer quelques membres de la bande. Leur procès devait débuter le 10 juillet dernier. Plusieurs questions restent en suspens concernant le sort du reste du butin et sur la façon dont Lamrani l'a introduit et dépensé au Maroc.

    Selon les données disponibles jusqu'à présent, de grosses sommes ont effectivement fait surface au Maroc. D'après le témoignage d'un habitant du quartier, Lamrani aurait acquis une résidence au prix de quatorze millions de dirhams non loin de la villa où il résidait. Cette propriété se trouve en face d'une des résidences du prince Moulay Rachid. Lamrani a commencé à y faire de grands travaux de rénovation et de décoration. Il aurait également acquis une autre villa dans le quartier et une dernière à Harhoura dont la valeur nous est inconnue.


    Selon des sources policières, la bande de Lamrani a également monté une société d'import-export dans le quartier de l'Agdal, vraisemblablement dans le but de blanchir des capitaux.

    En plus des sommes en liquide, la police a pu saisir des appareils de télécommunications sophistiqués, un téléphone satellitaire, ainsi qu'une trentaine de téléphones portables, caméras et ordinateurs. La saisie a également comporté quantité de cannabis et de cocaïne.

    Rapide arrestation et lente extradition
    Le 25 juin dernier, la police marocaine a réussi un coup de filet spectaculaire. Elle a pu procéder à l'arrestation des quatre membres de la bande en plein Megamall, sans faire de blessés parmi les visiteurs du centre commercial. Les policiers marocains avaient reçu de leurs homologues britanniques un avis de recherche pour Brahim Lamrani que ces derniers soupçonnaient de s'être introduit au Maroc. La police a pu repérer la bande de malfrats grâce à l'écoute téléphonique d'un de ses membres et à la plainte de leur chauffeur que Lamrani et ses comparses auraient agressé. Comme ces individus sont rompus aux arts martiaux et plutôt dangereux et qu'ils étaient probablement armés, plus de 25 policiers ont participé à l'assaut. Le Megamall que Lamrani fréquentait souvent pour faire ses achats et se restaurer a été complètement encerclé. Après une courte résistance, la bande s'est finalement rendue à la police.

    Après une semaine environ, la police judiciaire a présenté au Parquet les quatre membres de la bande ainsi qu'un cinquième suspect de nationalité marocaine. Ce dernier est un employé du service de réanimation de l'hôpital Avicenne de Rabat qui a participé à un scénario rocambolesque durant lequel l'ex-chauffeur de la bande a été séquestré et agressé. Lamrani l'accusait d'avoir dérobé un million huit cent mille dirhams dans la villa. L'employé de la réanimation, qui s'est fait passer pour un policier, a traîné le chauffeur de force dans une des forêts des environs pour le terroriser et lui faire avouer l'endroit où il cachait son butin, sans succès. Le chauffeur a, par la suite, déposé une plainte contre Lamrani et ses acolytes.

    Les autorités britanniques ont insisté pour obtenir l'extradition de Lamrani, les autres membres n'étant pas impliqués dans le braquage du Kent. La procédure d'extradition semble longue et compliquée parce que les autorités marocaines ont inculpé Lamrani et sa bande pour association de malfaiteurs, agressions et violences, coups et blessures à l'encontre d'agents d'autorité, détention et consommation de drogue et usurpation d'identité d'un agent d'autorité, crimes passibles d'une peine de cinq ans de prison. Les interrogatoires du juge d'instruction à la Cour d'appel de Salé sont toujours en cours. Une autre raison réside dans le fait que l'accord d'extradition entre le Maroc et la Grande-Bretagne ne concerne que les individus déjà condamnés par la justice, ce qui implique que Lamrani et sa bande soient présentés à la Cour et ce n'est qu'après jugement qu'ils pourront être extradés - avec leur accord.

    Lamrani, qui dépensait sans compter, semblait vouloir s'installer au Maroc pour de bon. Maintenant qu'il a troqué sa cage de combat pour une vraie cellule à Salé, on peut penser qu'il regrette son choix.




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  2. ziko30

    ziko30 Citoyen

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    Reÿ: Affaire. Le Marocain qui a volé 800 millions de dirhams

    800 millions dihrams [21h] c de la catastrophe
     

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