Ahmadinejad : L’homme qui fait trembler l’Occident

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 29 Mai 2010.

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    Près d’un an après sa réélection, Mahmoud Ahmadinejad maintient le cap sur le dossier du nucléaire au détriment des enjeux économiques et sociaux de son pays.


    Mahmoud Ahmadinejad est bien souvent le seul à dire tout haut ce que bon nombre de dirigeants du monde arabe pensent tout bas. Depuis son arrivée au pouvoir, le président iranien a ainsi ouvertement dénoncé l’opacité qui entoure l’arsenal nucléaire israélien, le drame des conditions de vie des populations palestiniennes et la mainmise d’un
    nombre restreint d’Etats sur le Conseil de sécurité des Nations unies.

    Mais ces prises de position, par ailleurs légitimes, sont souvent noyées dans un océan de diatribes anti-occidentales et de déclarations provocatrices qui le décrédibilisent .

    Engagé dans une partie de poker avec le président américain Barack Obama et ses alliés, le chef d’Etat iranien souffle le chaud et le froid sur ses interlocuteurs qui refusent de croire aux intentions pacifistes de l’Iran en matière de nucléaire. Les propositions de dialogue et le recours aux sanctions économiques sont toutefois, pour le moment, les seules alternatives envisagées pour contrer les velléités de la République islamique.


    Feuilleton du nucléaire

    Pour Mahmoud Ahmadinejad, la politique nucléaire iranienne est “engagée dans une voie de non-retour”. Le président n’est pas un homme de concessions, encore moins lorsqu’il s’agit du programme d’enrichissement d’uranium dans lequel il a engagé son pays en 2006. Malgré les sanctions mises en place par les pays occidentaux depuis quatre ans et les menaces de mesures de rétorsion additionnelles, Ahmadinejad maintient le cap et continue de narguer ses homologues américain et européens.

    En parallèle de son programme nucléaire, l’Iran fait, selon les experts internationaux, des “progrès rapides” dans le développement de missiles balistiques. Alors les spéculations vont bon train : un institut de recherche londonien a estimé cette semaine que les missiles iraniens seraient susceptibles d’atteindre l’Europe de l’ouest en 2014 et le continent américain d’ici une dizaine d’années.

    Plusieurs hauts gradés de l’armée des Etats-Unis se sont exprimés devant le Sénat à Washington pour affirmer que la République islamique pourrait être dotée de l’arme nucléaire d’ici trois à cinq ans.

    Des discours alarmistes qui alimentent la propagande anti-iranienne et servent à justifier l’imposition de nouvelles sanctions dont certaines sont tenues secrètes.

    Officiellement, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté depuis 2006 trois résolutions visant à restreindre les déplacements d’un certain nombre d’officiels iraniens et limiter les échanges financiers des grandes banques internationales avec la République islamique. Au-delà de l’embargo financier et bancaire, les Etats-Unis et l’Europe font également pression sur les grands groupes pétroliers comme Shell (groupe anglo-néerlandais), Total (France) ou encore ENI (Italie) pour qu’ils cessent leurs activités en Iran.

    Pour autant, la frilosité des compagnies occidentales à investir dans le secteur énergétique iranien n’a pas freiné la détermination du président Ahmadinejad qui s’est tourné vers leurs concurrents russes, chinois ou encore vénézuéliens, échappant au contrôle de Washington. Car malgré ses atouts énergétiques (4ème producteur mondial de pétrole et 2ème plus importante réserve de gaz), l’Iran manque de raffineries. Ce qui l’oblige notamment à importer plus de 40% de ses besoins en essence.

    Par ailleurs, l’Iran est le 3ème fournisseur pétrolier de la Chine et la Russie est le 1er fournisseur d’armes de la République islamique. Des arguments financiers qui garantissent à Téhéran des soutiens importants au sein du Conseil de sécurité où siègent ses deux partenaires économiques.


    Le disciple de Khomeiny

    Sur l’échiquier international, Mahmoud Ahmadinejad est donc un redoutable joueur qui a su, jusqu’à présent, tirer profit des rivalités entre les grandes puissances mondiales pour non seulement atténuer les conséquences des mesures punitives occidentales, mais également poursuivre son programme nucléaire destiné, selon lui, à un usage civil.

    Par ailleurs, le président iranien a énormément capitalisé sur le dossier du nucléaire pour asseoir sa légitimé au sein du régime.

    Mais il y a cinq ans, lors de sa première campagne électorale, c’est grâce à un programme sur la justice sociale et la lutte anti-corruption que l’ancien maire de Téhéran (de 2003 à 2005) a remporté la présidentielle, reprenant ainsi le pouvoir aux réformateurs.

    Soutenu par les milieux ultraconservateurs religieux et les militaires, Mahmoud Ahmadinejad a réussi à se faire élire en cultivant l’image d’un homme simple, proche du peuple, très critique à l’égard des élites urbaines. Les populations rurales constituent alors la base de son électorat.


    Fraîchement élu, il décide d’augmenter considérablement les dépenses sociales de l’Etat, profitant de la hausse du cours du pétrole. Mais l’injection massive de pétro-dollars aura pour seul effet d’augmenter l’inflation (17%), sans réussir à réduire le chômage (12%). Confronté au marasme de l’économie nationale, le président iranien devra progressivement revenir sur ses mesures de subventions et de contrôle des prix des produits de première nécessité.

    Malgré son piètre bilan économique, Ahmadinejad, candidat en 2009 à sa propre succession, continuera de bénéficier de l’appui du clergé iranien, notamment parce qu’il incarne, plus qu’aucun autre de ses prédécesseurs ou de ses adversaires politiques, les valeurs de la République islamique.

    Antisionisme, anticapitalisme et anti-impérialisme sont ses mots d’ordre. Son rigorisme religieux, son militantisme de jeunesse au sein du corps des Gardiens de la révolution (milice du régime) et son opposition à Washington, ennemi historique de l’Iran, en font le digne représentant de l’héritage de l’imam Khomeiny.

    Et le fait que le guide suprême de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, valide les résultats de sa réélection, en dépit de forts soupçons de fraude, est la preuve, s’il en fallait, du soutien dont jouit toujours Mahmoud Ahmadinejad auprès de la plus haute autorité politique et morale du pays.



    Bio express

    1956. Naissance à Aradan.
    1980. Prend part à la guerre contre l'Irak.
    1987. Empoche un doctorat en ingénierie des transports publics.
    1993. Nommé gouverneur général de la province d’Ardabil.
    2003. Elu maire de Téhéran.
    2005. Elu président de la République islamique.
    Juin 2009. Réélu pour un second mandat de quatre ans.

    Verbatim. Ahmadinejad dans le texte

    La témérité du président Mahmoud Ahmadinejad n’a d’égal que son manque de diplomatie. Ses sorties enflammées provoquent systématiquement une levée de bouclier à Washington et dans les capitales européennes. Florilège.

    Au sujet de Nicolas Sarkozy : “Le peuple français mérite mieux que ses dirigeants”.
    (septembre 2009)

    Au sujet du nucléaire : L'Iran “produira lui-même le combustible (nucléaire) enrichi à 20%, ainsi que tout ce dont il a besoin” pour développer son programme nucléaire.
    (décembre 2009)

    Au sujet d’Israël : “Le régime sioniste est engagé sur la voie menant à sa chute. Les nations de la région, après quelque 60 ans, veulent déraciner ce microbe corrompu, qui est la principale cause d'insécurité dans la région”.
    (avril 2010)

    Au sujet des attentats de New-York : “Le 11 septembre a été un gros mensonge qui a ouvert la voie à l'invasion de l'Afghanistan, sous le prétexte du combat contre le terrorisme”.
    (mars 2010)

    Au sujet de l’Holocauste : “Ils (les Occidentaux) ont lancé le mythe de l'Holocauste. Ils ont menti, ils ont fait leur numéro et puis ils ont soutenu les juifs. Si vous prétendez que l'Holocauste est une réalité, pourquoi ne pas autoriser une étude? (…) Le prétexte avancé pour établir le régime sioniste est un mensonge qui se base sur une allégation douteuse, une assertion mythique, et l'occupation de la Palestine n'a rien à voir avec l'Holocauste”.
    (septembre 2009)






    http://www.telquel-online.com/424/actu_monde1_424.shtml
     

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