Al Farabi

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 4 Juillet 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Abu Nasr Muhammad b. Tarkhan b. Awzalag al-Farabi est connu en Occident, au Moyen Âge, sous les noms d'Avennasar et d'Alfarabius. Bien que turc, il est le deuxième en date des grands philosophes hellénisants musulmans de langue arabe, après al-Kindi et avant Avicenne, qui lui doit beaucoup. Il fut appelé le "deuxième maître", Aristote étant le premier.

    Abu Nasr Mohammad Ibn al-Farakh al-Farabi est né dans un petit village Farab proche de Turkistan en 259 A.H. (870 APR. J.C.). Ses parents étaient d'origine Persane originairement, mais ses ancêtres avaient émigré à Turkistan. Connu comme al-Phrarabius en Europe, Farabi était le fils d'un général a complété son éducation plus tôt à Farab et Bukhara mais, plus tard, il est allé à Bagdad pour des plus hautes études où il a étudié et a travaillé de 901 APR. J.C. à 942 APR. J.C. Pendant cette période il a acquis la connaissance approfondie de plusieurs langues aussi bien que plusieurs branches de connaissance et technologie. Il connaissait le règne de six Califes Abbassid. Philosophe, scientifique et expert dans les langues différentes; Farabi a voyagé en Egypte et revenait à Damas en 942 pour se fixer définitivement à Halab (Allepo) où il est devenu le Qadi (Juge) de la ville et un des compagnons constants du Souverain Hamdanide d'Alep Saif al-Daula. Pendant sa carrière, il avait souffert de grandes épreuves et à un moment donné il a travaillé comme gardien d'un jardin. Il est mort en célibataire à Damas en 339 APR.H. /950 APR. J.C. à l'âge de 80 ans. Farabi a contribué considérablement à la science, philosophie, logique, sociologie, médecine, mathématiques et musique . Ses contributions majeures paraissent être dans la philosophie, logique, sociologie et bien sûr comme un Encyclopediste.
    Al-Farabi, est un philosophe hellénisant du monde islamique, qui a tenté d'étayer la foi par la raison et il a affirmé le primat de la vérité philosophique sur la révélation. Pour lui, les vérités philosophiques sont universelles contrairement aux croyances des religions. Après avoir étudié la logique, aristotélicienne, la grammaire, les mathématiques, la musique et la philosophie, Al-Farabi s'est installé à la cour de Sayf al-Dawla qui héberge les savants et les hommes de lettres de cet époque. Il est l'un des premiers penseurs musulmans à commenter et transmettre au monde arabe les doctrines de Platon et aussi d'Aristote qui, selon lui, sont identiques (Synthèse des opinions des deux sages). Pour cette raison, al-Farabi sera surnommé le «deuxième maître». Son influence sera considérable sur des philosophes musulmans ultérieurs comme Avicenne, Avempace et Averroès. Une des contributions importantes de Farabi était de faire l'étude de la logique plus facile en la divisant en deux catégories: Takhayyul (idée) et Thubut (preuve).

    Conceptions philosophiques

    a)-La création et les intelligences
    Pour Farabi, dix intellects ont émané les uns des autres à partir de Dieu: les neuf "causes secondes" et l'"intellect actif". Chacune des causes secondes a produit l'intellect à elle subordonné (la neuvième cause seconde produisant l'intellect actif, ou dixième intellect), ainsi qu'une âme qui à son tour a produit un ciel, ou "sphère céleste" (un substrat auquel elle s'est incorporée). Des deux premières causes secondes sont de la sorte respectivement issus le "premier ciel" (la "sphère extérieure", motrice) et "le ciel des étoiles fixes"; et des sept autres, les sphères des planètes. Les âmes des sphères vont réaliser dans le bas monde la création matérielle voulue par Dieu en y envoyant des facultés psychiques. Par leur faculté commune, elles ont donné naissance à la Matière première; puis, par leurs mouvements particuliers, les facultés que chacune d'elles y envoie sans arrêt y accumulent leurs formes; ces facultés ou "formes", souvent contradictoires, luttent pour s'imposer, mais s'harmonisent aussi en des équilibres plus ou moins stables ou instables face au monde extérieur. La création des êtres va ainsi se réaliser par une longue évolution, partant de la formation, puis de la combinaison des quatre éléments (avec leurs quatre natures contradictoires: chaud et froid, sec et humide) et passant par des formes de plus en plus complexes et contradictoires: d'abord les minéraux, puis les végétaux, puis les animaux, et enfin l'homme.

    b)-Le retour à l'Un et ses étapes

    Les végétaux avaient une faculté nutritive. Chez les animaux, il y a en outre une faculté sensitive et, à côté d'elle, une faculté désidérative (qui chez l'homme sera à la base de l'affectivité, et aussi de la volonté). À partir d'un certain degré d'évolution apparaît, chez les animaux, l'imagination.
    L'homme a l'exclusivité de la "faculté parlante", ou "intellect patient" ou "logique". Autour d'elle se fera l'unité des autres facultés (faculté nutritive, faculté sensitive et désidérative) qui progresseront en même temps qu'elle. Les astres continueront à gérer le bas monde et à assurer génération et corruption de ses êtres. Mais, dès la manifestation d'une "âme parlante", l'intellect actif la prend en charge, pour tenter de la libérer de la matière et d'assurer son salut (agissant aussi, en cas de besoin, sur le corps). L'âme parlante se partage, d'une part
    - en "faculté parlante pratique" (elle-même divisée en "faculté professionnelle" et en "faculté cogitative", ou "réflexion", appliquée à ce qu'on doit faire dans son intérêt personnel, ou pour le bien général, le "beau")
    - d'autre part, en "faculté parlante théorique" (qui s'adonnera à la spéculation philosophique et métaphysique).
    Cette faculté parlante, appelée aussi "intellect patient", peut franchir trois étapes:
    * "L'intellect patient en puissance".
    Il peut prendre toutes les formes, mais ne les a pas encore.
    * "L'intellect patient en acte".
    Sous l'influx de l'intellect actif, les sensations accumulées dans l'imagination deviennent, dans l'intellect patient, les "intelligibles premiers", et progressivement, les formes du monde extérieur lui deviennent intelligibles en acte; la réflexion en fait la synthèse; il acquiert peu à peu la maîtrise du monde extérieur, et sa volonté devenant "libre arbitre" peut choisir entre bien et mal.
    * "L'intellect acquis"
    Mettant en œuvre imagination et raisonnement pratique et spéculatif, un homme d'exception peut se livrer à l'introspection, intelliger une deuxième fois les intelligibles en acte et prendre conscience de lui-même; en outre, il prend conscience des intellects "séparés" et acquiert une vision globale et purement intellectuelle de la création. Son intellect patient a pris une forme semblable à celle de l'intellect actif, grâce à l'influx reçu de lui, et peut s'unir à lui.

    c)-Le prophète philosophe


    Un tel homme est dit "celui qu'occupe l'intellect actif". Par l'intermédiaire de ce dernier, il reçoit la révélation: il est philosophe grâce à l'influx qui se répand directement sur son intellect patient, et prophète grâce à celui qui se répand sur son imagination. Seul il peut guider les autres hommes vers le bonheur suprême et peut donc seul être légitimement chef de la Cité. Dans celle-ci, les hommes qui se rapprochent plus ou moins de son niveau, réceptifs à différents degrés d'inspiration selon leur échelon, seront en tête de la hiérarchie des "croyants", chacun de ceux-ci étant à la place qui convient. Cette cité est la "Cité vertueuse" (couronnement du système de Farabi). À celle-ci il oppose les cités "païennes" (combinaison d'anté-islam et de platonisme), les cités "pécheresses" et les cités "d'erreur". Les deux premiers types se divisent l'un et l'autre en cités (et nations) "des nécessités premières" (chez Platon, "cité de nature"), "de vilenie" (nadala : mercantiles) , "de bassesse" (khissa : dépravées) , "timarchiques" (karamiyya), " tyranniques" (tagallub), " démocratiques" (jama'iyya ). Leur description est inspirée, librement mais manifestement, de La République de Platon.

    Oeuvres :

    Al-Farabi a formulé l'idéal d'une religion universelle, dont toutes les autres religions existantes seraient l'expression symbolique. Il est l'auteur d'une centaine d'ouvrages, qui ont été perdus pour beaucoup d'entre eux, comme ses commentaires d'Aristote, d'autres ont subsisté seulement dans leur traduction en latin médiéval.
    Dans la sociologie il a écrit plusieurs livres dont "Ara Ahl al-Madina al-Fadila" qui est devenu célèbre, il est une contribution tant considérable en sociologie et en sciences politiques.
    Ses livres sur la psychologie et la métaphysique ont été basés sur son propre travail pour une grande part.
    Outre ses écrits philosophiques, il a compilé un catalogue des sciences,qui est une première tentative musulmane de systématisation de la connaissance humaine,le livre "Kitab al-Ihsa al-Ulum" qui discute une classification des principes fondamentaux des sciences de façon unique et utile.
    Il a aussi contribué à la théorie musicale dans son Grand Livre de la musique"kitab al musiqa"; Il était un grand expert dans l'art et surtout en musique et a inventé plusieurs instruments de musique, sans compter sa contribution à la connaissance de notes musicales.Il a été rapporté qu'il pourrait jouer si bien son instrument jusqu'à faire rire ou pleurer les gens à volonté.
    Bien que beaucoup de ses livres ont été perdu, on a rescencé 117. 43 sont sur logic, 11 sur la métaphysique, 7 sur l'éthique, 7 sur les sciences politiques, 17 sur la musique, médecine et sociologie, alors que 11 sont des commentaires. Quelques-uns de ses livres plus célèbres incluent le livre "Fusus al-Hikam" qui est resté un livre du texte de philosophie pour plusieurs siècles dans plusieurs centres d'érudition en orient.
    Dans les physiques, il a démontré l'existence du vide??.
    Farabi a exercé la grande influence sur les science et les connaissance durant plusieurs siècles. Malheureusement, la Théologie du livre d'Aristote, comme elle était disponible en son temps, a été considéré par lui comme authentique, bien que plus tard il sest avéré être le travail de quelques écrivains Neoplatonistes. il a pavé le chemin pour le travail d'Ibn Sina.
     

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