Al Kindi

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 4 Juillet 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    En 830, le calife al-Ma'mun fonde le bayt al-hikma (maison de la sagesse), à la fois bibliothèque, académie, office de traductions, doté aussi d'un observatoire. Poursuivant un mouvement culturel commencé au siècle précédent un grand nombre de traducteurs, actifs, compétents, bien rétribués, font passer en syriaque et en arabe quantité de livres persans, indiens et surtout grecs: l'essentiel de la science et de la philosophie helléniques devient ainsi accessible aux Arabes. Parallèlement, au cours du IIe siècle de l'hégire, cependant que la prose arabe prenait sa forme classique, la spéculation religieuse, aiguisée par les controverses avec les croyants d'autres religions et entre musulmans, s'était affinée, devenant plus ample et plus dialectique. Dans tous les domaines, ce temps bouillonne d'ardeur et de toutes les audaces. Kindi, à sa façon, l'illustre fort bien.
    L'époque de Kindi est celle où la culture musulmane atteint un développement extraordinaire. Le passage sous la domination arabe de peuples à riches traditions déterminait un brassage culturel et social fécond.

    le premier philosophe arabe important. Abu Yusuf Ya'qub ibn Ishaq al-Kindi, Alkindus (en latin, issu de la tribu sud-arabique de Kinda (d'où son nom de "philosophe des Arabes"), naît à Kufa vers les premières années du IXe siècle de l'ère chrétienne (avant-dernière décennie du IIe siècle de l'hégire); Kufa avait été la première capitale abbasside. Il poursuit ses études à Basra, dont son père était gouverneur, puis à Bagdad, fondée en 762 par le deuxième calife abbasside Mansur qui en fit sa capitale. Ces trois villes étaient les plus prestigieuses de l'empire musulman du point de vue intellectuel.

    Al-Kindi était contemporain d'al-Mamun, al-Mu'tasim et al-Mutawakkil et a vécu à Bagdad, employé par Mutawakkil comme un calligraphe. À cause de ses vues philosophiques, Mutawakkil a été ennuyé, lui a confisqué tous ses livres. Cependant, ceux-ci lui ont été ensuite rendus. Il est mort en 873 ap.jc pendant le règne d'al-M'utamid.

    Al-Kindi était philosophe polyvalent, mathématicien, physicien, médecin, astronome, géographe et même un expert en musique.

    Il fut un des premiers musulmans à étudier la philosophie grecque antique et un des premiers traducteurs des ouvrages d'Aristote en arabe. Appelé le philosophe des Arabes parce qu'il descendait de la noblesse arabe, il est l'auteur de plus de deux cent soixante-dix ouvrages dont la plupart sont de courts traités couvrant un grand éventail de sujets, tels que la philosophie, la médecine, les mathématiques, l'optique et l'astrologie.

    Certains de ses ouvrages furent traduits en latin au Moyen Âge et influencèrent les érudits chrétiens en Europe. La philosophie d'al-Kindi fut fortement influencée par le néoplatonisme et l'aristotélisme médiéval. Il tenta de fournir une base philosophique à la théologie spéculative des mutazilites, adoptée plus tard par les imams des chiites. Tout en affirmant que les thèses essentielles de la philosophie et de la religion étaient en harmonie, il plaça la révélation au-dessus de la philosophie et les intuitions prophétiques au-dessus de la raison. L'influence d'al-Kindi sur les penseurs musulmans perdura environ un siècle après sa mort.

    Conceptions philosophiques

    Kindi se veut philosophe: faylasuf , c'est-à-dire qu'il s'inspire, consciemment et fermement, des penseurs grecs. Il se réclame particulièrement de Platon et d'Aristote, qui selon lui avaient au fond la même doctrine (on reconnaît là un élément de la pensée grecque tardive, volontiers syncrétiste). Mais l'examen de ses œuvres permet d'y déceler des problèmes et des concepts issus de divers courants du néo-platonisme: cette étude, encore loin d'être achevée, donne des renseignements précieux sur la nature et la mesure des connaissances de son milieu en matière de philosophie hellénique. Kindi travaillait en liaison avec plusieurs traducteurs; c'est ainsi qu'Ibn Na'ima traduisit pour lui la fameuse théologie dite d'Aristote, que Kindi ne cite pas dans sa liste des ouvrages de ce philosophe, et qui est sans doute l'œuvre de Porphyre. Le Livre de la philosophie première , dédié au calife al-Mu'tasim, contient, au début, une sorte de manifeste où Kindi donne une théorie de la croissance historique de la philosophie, inspirée du livre de la Métaphysique d'Aristote, et se défend vigoureusement contre ceux qui critiquent sa méthode au nom de la foi traditionnelle. La pensée de Kindi tient aussi fondamentalement au "kalam", qui est une branche de la réflexion religieuse, de nature dialectique, en quelque sorte une "théologie". Plus précisément, ce faylasuf adopte certains points essentiels du mu'tazilisme, école théologique en pleine vigueur à cette époque et qui contribua d'autre part, autant que la falsafa, à introduire des éléments grecs dans la substance de la pensée musulmane - encore que d'une façon particulière. Protégé par les califes favorables aux mu'tazilites: al-Ma'mun et al-Mu'tasim, Kindi tomba en disgrâce en 848, sous le calife al-Mutawakkil; sa bibliothèque, confisquée, lui fut toutefois rendue quelque temps avant sa mort. L'adhésion de Kindi au mu'tazilisme est attestée en outre par les titres de certains écrits que nous ne possédons plus, et aussi par plusieurs textes que l'on connaît. Ainsi, à la fin de la première partie (la seule que l'on ait) de sa Philosophie première , il conclut un développement sur l'unité divine par une phrase où il déclare hérétiques ceux qui prêtent à Dieu des attributs: or, les mu'tazilites niaient que Dieu eût des attributs distincts de son essence; mais, en démontrant que Dieu est un, Kindi énumère tout ce qu'il faut en nier - et c'est une série de termes venus tout droit de la philosophie grecque: matière, forme, genre, espèce, intellect, etc. Le texte qu'on vient de citer est, dans sa nature et dans son mouvement, philosophique; il a pourtant aussi un sens religieux. On raconte que le calife al-Ma'mun vit en songe Aristote, qui lui assura qu'il n'y avait pas de différence entre la raison et la loi religieuse. Kindi a la même opinion: dans sa Lettre sur le nombre des livres d'Aristote , il développe l'idée que la "science prophétique" et la "science humaine" ont le même contenu; mais la première est acquise sans effort, sans délai, ni connaissances préalables, parce qu'elle vient de Dieu. Il expose aussi le premier point vers le début de la Philosophie première , en choisissant des mots qui tiennent à la fois au vocabulaire de la religion et à celui de la philosophie. Quelques dizaines d'années plus tard, le théologien al-Ash'ari accusera les mu'tazilites d'être "les frères des philosophes"; à propos de Kindi, il faudrait parler d'identité entre les deux personnages, avec une prédominance du philosophe pour les références doctrinales, le style et la technique de l'exposé. Mais si sa Lettre sur l'intellect est purement philosophique, sa Lettre sur l'âme , suite de courts développements empruntés à divers courants de la pensée grecque, offre au détour d'une page une allusion impossible à méconnaître à plusieurs des "noms divins" révélés par le Coran, ou étudiés par les théologiens. Synthèse, ou juxtaposition? On connaît trop peu de l'œuvre de Kindi pour pouvoir en décider. Mais, se rappelant qu'il fut encore un savant de valeur, on peut affirmer que son esprit avait assez d'ampleur pour embrasser tout le savoir que son siècle découvrait et produisait, et ce n'était pas peu de chose.

    Contributions


    Dans les mathématiques, il a écrit quatre livres sur le système du nombre et dans la fondation d'une grande partie de l'arithmétique moderne. Aucun doute le système Arabe de chiffres était en grande partie développé par al-Khawarizmi, mais al-Kindi a eu des contributions riches dans ce domaine. Il a aussi contribué en géométrie sphérique dans les études astronomiques.
    En chimie, il s'est opposé à l'idée que certains métaux peuvent être convertis en métaux précieux. Il pensait que les réactions chimiques ne peuvent pas provoquer la transformation d'éléments. il a contribué en optique géométrique dans un livre qui a servi plutard comme une inspiration à beaucoup de scientifiques éminents tels que Roger Bacon.
    En médecine, sa contribution principale comprend le fait qu'il était le premier à déterminer les doses à administrer de toutes les drogues.
    En musique les aspects scientifiques de musique dans son temps. Il a signalé que l'harmonie resulte de la combinaison de plusieurs notes , ayant un ton spécifique chacun. Donc,les notes trop basses ou trop hautes produisent un ton qui n'est pas agréable. Le degré d'harmonie dépend de la fréquence de notes. Il a aussi signalé le fait que quand un son est produit, il produit des vagues dans l'air qui percutent le tambour de l'oreille. Son travail contient une notation sur la détermination de tons.

    Oeuvres

    Le bio-bibliographe Ibn al-Nadim, qui écrivait cent quinze ans environ après la mort de Kindi, lui consacre dans son Fihrist ("catalogue") une notice où il lui attribue plus de deux cent soixante-dix ouvrages. Kindi, en effet, écrivit sur à peu près toutes les sciences, y compris l'astrologie (mais non l'alchimie, à laquelle il ne croyait pas); ceux de ses traités scientifiques qui nous sont parvenus concernent principalement l'astronomie, la météorologie, l'optique, la pharmacologie, et c'est surtout en tant que savant qu'il fut d'abord cité. Tout en adoptant les principes de la science grecque, Kindi poursuit en ces matières une réflexion personnelle et originale: il veut à la fois transmettre et compléter le travail des Anciens. Pour lui, les mathématiques sont, au même titre que la logique, des sciences propédeutiques à la philosophie. Dans ce dernier domaine, il composa des traités de logique, de morale, de noétique, de métaphysique. Il est malheureusement difficile de donner un exposé synthétique de sa pensée, à cause du caractère fragmentaire du corpus passé jusqu'à nous. On peut du moins en dessiner quelques lignes maîtresses le nombre total de livres divisé comme suit:
    L'astronomie 16,
    Arithmétique 11,
    Géométrie 32,
    Médecine 22,
    Physique 12,
    Philosophie 22,
    Logique 9,
    Psychologie 5,
    et Musique 7.

    Il était aussi parmi les premiers traducteurs de travaux Grecs en arabe, mais ses écrits originaux nombreux ont été perdus. Un grand nombre de ses livres a été traduit en latin par Gherard de Cremona. Ses livres, traduits en latin pendant le Moyen-Age, comprennent le "dar Risalah Tanjim", "Ikhtiyarat al-Ayyam", "Ilahyat-e-Aristu", "al-Mosiqa", "Furieux-o-Jazr", "et Adviyah Murakkaba".
    L'influence d'Al-Kindi sur développement des science et philosophie était considérable dans cette période. En Moyen-Age, Cardano l'a considéré comme un des plus grands esprits.



     

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