Al-Qaida frappe l'Iran au Liban

Discussion dans 'Info du monde' créé par bella999, 21 Novembre 2013.

  1. bella999

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    En visant l'ambassade d'Iran à Beyrouth, les djihadistes ont voulu punir Téhéran pour son soutien au régime syrien.
    La panique s'est emparée des Libanais mardi peu après 9 h 30 du matin à l'annonce de l'attentat survenu dans le quartier très fréquenté de Bir Hassan, en banlieue sud de Beyrouth. Les images de destruction et de sang inondent les écrans de télévision. Le bilan apparaît d'emblée comme très lourd: au total au moins 23 personnes ont été tuées et 146 blessées, ce qui en fait l'un des attentats les plus meurtriers au Liban, depuis l'assassinat de l'ex-premier ministre Rafic Hariri en février 2005.

    L'armée affirme en début d'après-midi qu'il s'agit d'un double attentat suicide: une première depuis la période de la guerre civile de 1975-1990. Le scénario rappelle étrangement les attaques meurtrières imputées à l'Iran, qui avaient visé il y a trente ans exactement les baraquements des marines américains et le poste militaire français du Drakkar. Selon l'armée libanaise, un homme à moto a déclenché une ceinture d'explosifs avant qu'un autre kamikaze ne fasse détoner la charge qu'il transportait à bord d'un véhicule 4 × 4. C'est la première déflagration qui a causé la mort de l'attaché culturel iranien à Beyrouth, Ibrahim Ansari, au moment où il entrait dans l'enceinte de l'ambassade.

    L'attaque a été revendiquée sur Twitter par le porte-parole des brigades «Abdallah Azzam», un groupe djihadiste sunnite basé au Liban, considéré comme lié au réseau al-Qaida. «Les opérations vont se poursuivre jusqu'à ce que le parti de l'Iran (le Hezbollah, NDLR) retire ses combattants de Syrie», écrit le cheikh Sirajeddine Zreikate sur le réseau social.

    Avant même cette revendication, l'identité de la cible et le message adressé étaient apparus «clairs comme de l'eau de roche», selon les commentaires des analystes qui se succèdent à la radio et à la télévision. «Il ne faut pas être devin pour comprendre que cet attentat est lié à la guerre en Syrie d'une part et aux négociations entre Washington et Téhéran sur le nucléaire iranien de l'autre.»


    Quelques jours après l'Achoura
    Le quartier de Bir Hassan est tout proche du bastion du Hezbollah placé sous haute protection par le parti chiite et les forces de sécurité libanaises, à la suite de deux précédents attentats survenus cet été en banlieue sud de Beyrouth. Les voitures piégées avaient alors été revendiquées par un groupuscule sunnite syrien inconnu en réponse, déjà, à l'implication armée du «Parti de Dieu» libanais aux côtés des troupes de Bachar el-Assad. L'intervention militaire du Hezbollah avait notamment permis au régime syrien de reprendre à l'opposition le contrôle de la position stratégique d'al-Qusayr. Ces derniers jours, les forces du Hezbollah sont à nouveau ouvertement mobilisées dans la zone stratégique de Qalamoun, sur la route entre Damas et Homs où le régime semble gagner du terrain.

    L'attentat intervient quelques jours après le discours du chef du Hezbollah lors de la commémoration chiite de l'Achoura, dans lequel il défiait ses adversaires. D'ordinaire caché par mesure de sécurité, Hassan Nasrallah est apparu en personne auprès de ses partisans, pour réaffirmer son engagement militaire en Syrie auprès d'Assad, et assurer qu'un accord éventuel entre les États-Unis et l'Iran ne se ferait pas au détriment du Hezbollah.

    «Les préparatifs de (la conférence de paix dite) Genève 2 sur la Syrie et les chances de succès des négociations entre Téhéran et Washington sur le nucléaire iranien font des mécontents dans l'axe régional emmené par l'Arabie saoudite dans lequel opèrent ces groupes djihadistes. Cet attentat participe clairement d'une tentative d'enrayer un processus qui ne les satisfait pas», estime Michel Naufal, directeur de la Revue d'études palestiniennes à Beyrouth.

    Si le Liban est habitué à être la «boîte aux lettres» des messages souvent sanglants que s'adressent les diverses puissances régionales, le choix de l'attentat suicide marque cependant une escalade dans le degré de la violence. Ce mode opératoire est perçu par la population, impuissante, comme la concrétisation du scénario du pire, celui de l'«irakisation» du Liban
     

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