Algérie : un syndicat demande une enquête "sérieuse"

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 22 Février 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    ... sur l’agression du caricaturiste Ghanem



    Alger, 22 févr. 2014 (MAP) – Le Syndicat national des journalistes algériens (SNJ) a demandé une enquête "sérieuse" sur l’agression du caricaturiste Djamel Ghanem, poursuivi pour un dessin jamais publié évoquant la maladie du chef de l’État.

    Le SNJ, "indigné à l’extrême" par cette attaque perpétrée jeudi dernier à Oran par quatre jeunes hommes, exige "l’ouverture d’une enquête immédiate et sérieuse en vue d’identifier et d’arrêter les sinistres agresseurs ainsi que leurs commanditaires".


    Dans un communiqué rendu public vendredi, la corporation professionnelle a également demandé de "sévères sanctions à l’encontre des policiers méprisant et notre confrère et la loi", puisque la victime a assuré que des policiers ont refusé de recevoir sa plainte et confisqué son téléphone portable.

    Pour le SNJ, il est "difficile de ne pas faire le lien entre cette agression et le procès honteux intenté contre Djamel Ghanem", qui est au coeur "d’un scandale juridique et journalistique qui restera une tache noire dans les annales de la presse et de la justice nationale".

    "Victime d’une délation unique en son genre de par le monde, commise par son employeur, le quotidien La Voix de l’Oranie, notre confrère se trouve poursuivi pour diffamation et +atteinte à la personne du président de la République+ pour un dessin de presse jamais publié nulle part", s’indigne le syndicat qui trouve "surprenant" que le tribunal d’Oran ait accepté cette plainte "au mépris de toutes les règles en matière de droit".
    Inculpé, depuis le 20 novembre dernier, "d'abus de confiance, tentative de nuire à l'entreprise et atteinte à la personne du président", Djamel Ghanem, qui travaille actuellement comme serveur dans un café, a été roué de coups sur la voie publique par quatre jeunes hommes décrits par la victime comme "de vrais malabars", qui lui ont causé une légère fracture à la jambe et des contusions sur le corps.

    Lors de l'ouverture de ce procès devant le tribunal correctionnel de première instance d’Oran, le 12 février, le parquet avait requis 18 mois de prison ferme et 30.000 DA d’amende (3.000 DH environ) contre lui, alors même que la partie civile n’avait demandé que le dinar symbolique de dommages et intérêts.

    Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé "l'acharnement du parquet" contre le journaliste, demandant "l'abandon des charges d'outrage au président de la République qui pèsent à son encontre", d’autant que le caricaturiste a affirmé que "les déclarations qui figurent dans les procès-verbaux d’audition devant le juge d’instruction du tribunal d’Oran lui ont été arrachées sous la pression".

    Dans cette affaire qualifiée de "grave précédent dans les annales des atteintes à la liberté de la presse", on est face à deux versions. La direction du quotidien évoque un conflit avec son employé pour 7 années de salaires impayés, raison pour laquelle il a tenté de nuire au journal en essayant de faire passer à leur insu la caricature en question.

    L'autre version des faits relaté par le concerné lui-même: "Nous étions deux caricaturistes. L’un travaillait pour la Voix de l’Oranie et l’autre pour Sawt El Gharb. Je me suis retrouvé à travailler seul pour les deux mais avec le même salaire. Nos tentatives de joindre la direction de ces deux quotidiens sont restées vaines".



    JC---BI.

    TR.

    MAP / 22.02.2014 : 13h00

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