Après le Plan vert le Plan Bleu

Discussion dans 'Economie' créé par Princesse des Sages, 21 Décembre 2009.

  1. Princesse des Sages

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    Un projet ambitieux qui revoit toute la structure du secteur halieutique marocain. Le plan Maroc bleu définit les différentes actions à entreprendre afin de s’aligner aux normes internationales. Pourvu que halieutis ne soit pas la continuité de la saga des méga-plans inachevés.



    Après le plan Maroc vert, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, lance cette fois-ci un plan bleu dédié au secteur halieutique.Un domaine qui connaît tant d’anarchie et de problèmes. Ce plan vise l’amélioration de la compétitivité afin d’accroître sa contribution dans l’économie nationale. Autres objectifs: se conformer aux normes internationales et surtout de préserver la ressource halieutique.Ainsi, des axes stratégiques ont été mis en place afin d’atteindre ces objectifs. Durabilité, performance et compétitivité, sont les trois mots clés sur lesquels repose la nouvelle vision sectorielle.D’après les concepteurs du plan, l’aspect durabilité réside non seulement dans la garantie de la pérennité des ressources, mais également de procurer de la visibilité aux acteurs économiques susceptibles d’investir dans le domaine.Doté d’une flotte côtière «archaïque», le parc halieutique reste à la traîne. De ce fait, la mise à niveau de quelque 16.0000 barques artisanales et 1.800 bateaux de pêche s’impose. De même, cette stratégie rentre dans le cadre d’une modernisation de la flotte permettant par la même occasion d’assurer la sécurité du personnel, par conséquent, la qualité des prises.

    Révision des infrastructures


    Par ailleurs, les circuits de commercialisation et les entreprises de pêche sont également concernés. Il s’agit de revoir la gestion des ports de pêche, les marchés de gros et la halle au poisson, à travers l’instauration d’une nouvelle méthodologie de travail. Si le plan bleu insiste sur la performance c’est que l’objectif est de faire du poisson un aliment plus accessible à la population avec une garantie de sécurité sanitaire. Ainsi, maîtriser la traçabilité est impératif. Mis à part le développement des infrastructures, le projet porte sur l’agencement d’espaces portuaires dédiés à la pêche pour assurer le suivi des produits dans les arènes.
    Afin de renforcer la compétitivité, la nouvelle stratégie vise à restructurer toute la chaîne de traitement du produit, du débarquement à la commercialisation. Ceci est réalisable à travers la mise sur le marché d’un produit compétitif et valorisé. Pour conquérir des parts marché tant à l’échelle nationale qu’internationale, le nouveau plan propose d’assurer à l’industrie nationale de conserve la régularité de l’approvisionnement d’une matière première de premier choix. Ce projet met l’accent sur la facilitation de l’accès aux matières premières pour les industriels. Pour ce faire, des pôles de compétitivité seront créés à travers le Royaume dans le but d’améliorer la valorisation des produits. Augmenter le taux d’utilisation des capacités de production et élargir la gamme des produits disponibles font également partie du programme. L’objectif est de rehausser la part de marché pour passer de 3,3% aujourd’hui à 5,4% en 2020.



    Préserver les ressources


    En ce qui concerne le réaménagement des pêcheries, la feuille de route mise en place soulève la question du patrimoine halieutique. En effet, 16 projets structurants ont été arrêtés.
    Quatre parmi eux s’articulent autour de la durabilité des ressources. Par ailleurs, un système de quotas est prévu pour réaménager les pêcheries. Dans cette même perspective de durabilité, des actions seront entreprises pour reconstituer le stock et développer l’aquaculture. En d’autres termes, la nouvelle stratégie envisage de stabiliser le seuil de rentabilité des navires à 10% au minimum à travers la modernisation de l’effort de pêche. Dans cette optique, le ministère de tutelle compte équiper l’ensemble des navires de cales réfrigérées. Améliorer les conditions de travail et de vie des marins pêcheurs représente également une priorité. Concernant l’aquaculture, l’objectif est d’atteindre une production aquacole significative de telle manière à dépasser les 2 milliards de DH en 2020. L’informel n’est pas en reste. Les dirigeants prévoient un encadrement du secteur. Celui-ci consiste dans un premier temps à compléter et éclaircir le dispositif juridique de manière à définir les missions et les responsabilités de chaque acteur. Développer un système de contrôle intégré fait également partie du programme.

    Un PIB plus important



    Rehausser le PIB national reste l’objectif majeur de la mise à niveau du secteur halieutique. En effet, le ministère de tutelle ambitionne d’atteindre près de 21 milliards de DH à l’horizon 2020, ainsi que de passer de 61.650 emplois actuellement à 115.000 et arriver à 510.200 pour les emplois indirects. Au sujet des exportations, il s’agit de multiplier le chiffre d’affaires par 2,6 pour atteindre plus de 3,1 milliards de DH. Quant à la production halieutique, l’objectif recherché à l’horizon 2020 est de dépasser 1,6 million de tonnes. Impulser la consommation du poisson rentre dans le cadre du développement du secteur. En effet, la stratégie envisage de pousser la consommation annuelle à 16 kg par habitant.


    Source:L'économiste magazine
     

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