Architecture Islamique

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 13 Juin 2012.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Architecture Islamique



    On nomme architecture islamique l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le dar-al-islam.

    L'art produit dans le contexte du monde islamique présente une certaine unité stylistique due aux déplacement des artistes, des commerçants, des commanditaires et des œuvres. L'emploi d'une écriture commune dans tout la civilisation islamique et la mise en valeur particulière de la calligraphie renforcent cette idée d'unité. D'autre éléments ont été mis en valeur, comme l'attention portée au décoratif et l'importance de la géométrie et des décors tapissants. Toutefois, la grande diversité des formes et des décors, selon les pays et les époques, amène souvent à parler plus d'« arts de l'Islam » que d'un « art islamique ». Pour Oleg Grabar, l'art d'Islam ne peut d'ailleurs se définir que par « une série d'attitudes vis-à-vis du processus même de la création artistique »


    En architecture, des bâtiments aux fonctions spécifiques, comme des mosquées et des madrasas, sont créés dans des formes très variées mais suivant souvent un même schéma de base. S'il n'existe quasiment pas d'art de la sculpture, le travail des objets de métal, d'ivoire ou de céramique atteint fréquemment une grande perfection technique.



    Avant les dynasties

    On connaît peu de choses sur l'architecture avant la dynastie des Omeyyades. Le premier et le plus important bâtiment islamique est sans doute la « maison du Prophète » située à Médine. Cette maison, plus ou moins mythique, aurait été le premier lieu où se seraient rassemblés des musulmans pour prier, bien que la religion musulmane considère que la prière peut se faire en n'importe quel endroit.

    La maison du Prophète est d'une importance considérable pour l'architecture islamique, en ce sens qu'elle met en place le prototype de la mosquée de plan arabe : une cour avec une salle de prière hypostyle. Ce schéma, adapté à la prière, ne naît pas de rien : le temple de Husa (Yémen, IIe siècle av. J.-C.) ou la synagogue de Doura Europos (rénovée en 245) pourraient en être les inspirateurs. Construite en matériaux périssables (bois et pisé), la maison du prophète n'a pas survécu longtemps mais est décrite en détail dans les sources arabes. La grande mosquée de Médine s'élève actuellement à son emplacement supposé.

    Les premiers objets islamiques sont très difficiles à distinguer des objets antérieurs, sassanides et byzantins, ou déjà omeyyades. En effet, l'islam naît dans des régions où l'art semble avoir été peu abondant mais entouré d'empires remarquables par leur production artistique. C'est pourquoi, dans les premiers temps, les artistes islamiques utilisent les mêmes techniques et les mêmes motifs que leurs voisins. On connaît notamment une abondante production de céramique non glaçurée, comme en témoigne un célèbre petit bol conservé au Musée du Louvre dont l'inscription assure sa datation dans la période islamique1. Ce bol provient d'un des seuls sites archéologiques qui permet de suivre le passage entre monde pré-islamique et islamique : celui de Suse en Iran


    Techniques d'architecture


    Matériaux
    Le choix d'un matériau dépend de beaucoup de facteurs : la région où l'édifice est construit, l'accessibilité du matériau, son coût, sa destination...
    Il existe cinq types de matériaux utilisés dans la construction en Islam, sans compter le bois que l'on retrouve partout, et notamment dans les charpentes.

    * le pisé (tabya) : il s'agit d'un mélange de terre, de chaux et de chamotte (argile cuite pilée) ou de petits cailloux. Pressé entre deux planches de bois (encaissement), ce matériau est utilisé principalement pour les habitations.
    * le banco mélange de terre crue et de paille, la Mosquée Djingareyber de Tombouctou est en banco.
    * la brique crue (tawb) : elle a l'avantage d'être facile à trouver et à utiliser, et peu coûteuse. Son grand défaut réside dans sa très mauvaise conservation : l'eau lui est fatale.
    *la brique cuite (adjurr) : très utilisée depuis l'Irak jusqu'à l'Inde, elle fut également le matériau de prédilection en Égypte jusqu'aux XIIe et XIIIe siècles. Elle est usitée pour tous types de monuments, des plus simples aux plus importants (mosquées, madrasas, tombeaux...). Peu chère, elle se conserve bien.
    * le moellon : il se constitue de pierres mal aguerries qui tiennent grâce à un mortier de chaux et de sable, auquel ont parfois été ajoutés du charbon et de la chamotte.
    *la pierre : elle est en usage depuis l'Espagne jusqu'à l'Irak. La nature des pierres utilisées varie selon les régions. En général, les marbres sont utilisés pour leurs propriétés décoratives (couleurs).



    Éléments architecturaux

    Arcs
    Les arcs sont un élément majeur dans l'architecture islamique tout comme dans l'architecture occidentale. Certains sont courants en orient comme en occident : arc en plein cintre, arc brisé, mais d'autres sont plus spécifiques au monde islamique, comme l'arc persan, au profil caréné, l'arc polylobé, l'arc à lambrequins ou encore l'arc outrepassé (souvent dit "en fer à cheval"), tous trois très employés en Espagne et au Maghreb.

    Supports
    Les architectes islamiques utilisent deux types de supports : les piliers et les colonnes.
    La colonne est un support cylindrique. Dans les premiers siècles de l'Islam, les colonnes utilisées proviennent souvent de remplois de bâtiments antiques, mais au bout d'un certain temps, les matériaux antiques se faisant rares, les ouvriers islamiques apprirent à en tailler eux-mêmes.
    Un pilier est un élément maçonné, le plus souvent carré, rectangulaire ou cruciforme.


    Coupoles
    Une coupole est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Ils peuvent se servir de pendentifs, c’est-à-dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans le monde byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.
    Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n'ont en général pas de véritable fonction architectonique.

    On appelle dôme l'extérieur d'une coupole. À partir du XVe siècle, les coupoles sont très souvent doubles, c’est-à-dire qu'il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.
    L'une des plus anciennes et des plus remarquables coupoles sur trompes du monde musulman, est la coupole élevée au-dessus du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie ; cette coupole, datée de la première moitié du IXe siècle (vers 836), comprend extérieurement une calotte hémisphérique côtelée reposant sur un tambour octogonal aux faces légèrement concaves qui se dresse sur une base carrée ornée de niches. Intérieurement, la calotte hémisphérique est ornée de 24 cannelures concaves rayonnant autour de la clef de la coupole

    Les i w a n s
    est un élément architectural qui consiste en un vaste porche voûté ouvert sur un côté par un grand arc.
    Ses origines seraient à chercher dans l'architecture des maisons et palais du Proche-Orient. Quoi qu'il en soit, il semble avoir été mis réellement au point à la période sassanide, et est demeuré un élément essentiel de l'architecture perse depuis cette époque sassanide. Un des premiers exemples est celui du palais d'Ardéchir Ier.

    Il combiné avec le plan carré des palais achéménides a donné le modèle du plan de mosquée dit iranien (quatre iwans s'ouvrant sur une cour), que l'on retrouve dans tout l'Iran et au-delà (Ouzbekistan, Pakistan, etc.). Les madrasas, dont le type est né en Iran, utilisent aussi cet élément, et ont permis sa diffusion en Syrie, en Égypte et au Maghreb. De nombreux autres bâtiments utilisent l'iwan : maristans (hôpitaux), palais, comme celui du khirbat al-Mafjar, où l'iwan marque une forte influence iranienne.

    Pishtak
    Le pishtak est un élément d'architecture islamique d'origine persane. Il s'agit d'un portail en forme d'arc qui fait saillie sur la façade où il se trouve. En général, dans le cas de son emploi dans l'architecture d'une mosquée, il est cantonné de deux minarets, mais ce n'est pas systématique.
    On trouve parfois son utilisation architecturale dans le monde arabe, en particulier au sein des espaces à forte présence chiite.


    Moucharabiehs
    Le moucharabieh est un dispositif de ventilation naturelle forcée fréquemment utilisé dans l'architecture traditionnelle des pays arabes.
    La réduction de la surface produite par le maillage du moucharabieh accélère le passage du vent. Celui-ci est mis en contact avec des surfaces humides, bassins ou plats remplis d'eau qui diffusent leur fraîcheur à l'intérieur de la maison.
    Le moucharabieh est souvent présent dans les palais à côté des portes dérobées menant dans des antichambres. Issu de l'architecture islamique, il sert essentiellement à dérober les femmes aux regards. Constitué généralement de petits éléments en bois tourné assemblés selon un plan géométrique, souvent complexe, le moucharabieh forme un grillage serré dont sont garnis les fenêtres, loggias et balcons, appelés alors ainsi par synecdoque. Cette technique elle-même, qui est également utilisée pour la fabrication de meubles, est également appelée ainsi.


    Fenêtre à jalousies
    La jalousie, désigne un système de volets orientables permettant aux personnes situées à l'intérieur de la maison d'observer presque sans être vu.
    L'usage et la typologie architecturale varient : les fenêtres à jalousie sont situées au niveau du plafond, sous les voûtes des coupoles.
    Elles permettent de nimber les façades intérieures d'une douce luminosité provenant du plafond, et éclairant les stucs de couleur bleu et rouge principalement. Les jalousies des palais nasrides sont des fenêtres recouvertes de décorations et de vitraux de couleur, qui ne laissent filtrer à l'intérieur qu'une douce lumière tamisée, ne donnant qu'un éclairage minimal suffisant aux salles.
    Le faible nombre d'ouvertures sur l'extérieur n'était pas qu'esthétique : c'était aussi le moyen de conditionner l'air à ce moment (les grandes portes des salles étaient maintenues fermées) afin de supporter la chaleur excessive des étés grenadins.


    Cette implémentation fut développée dans l'Égypte des Mamelouks du XIIIe siècle, puis évolua en al-Andalus.
    Elles sont situées dans les parties hautes des salles, sous les coupoles, et éclairent de manière horizontale. Les ancillaires de l'Alhambra maintenaient les portes fermées pour se préserver de la chaleur extérieure, aussi l'éclairage des salles peintes, par la lumière modifiée des vitraux, donnait-il un effet de clair-obscur accentué radicalement différent de l'apparence actuelle ; ceci d'autant plus que la couleur des stucs de façade et de plafond est perdue.

    La fermeture des fenêtres et autres ouvertures est un élément traité de différentes manières dans le monde islamique. Les moucharabiehs, des sortes de grillages en bois tourné (ou d'autres matériaux, par exemple le marbre en Inde) sont fréquemment utilisés. Parfois, des barrières de moucharabiehs sont même créées, comme dans les complexes et les mosquées mameloukes.

    Éléments décoratifs
    Il existe mille et une manières de décorer un bâtiment en terres d'Islam. La céramique, la sculpture, la peinture, la mosaïque sont quelques unes des techniques les plus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale.
    Contrairement à une idée très répandue, le décor architectural, comme l'art islamique en général, est souvent figuratif. Une exception importante, cependant, concerne les édifices à vocation religieuse, qui ne peuvent théoriquement comporter de représentations humaines ni animales.


    Éléments architecturaux à vocation décorative
    Évidemment, le décor d'un bâtiment passe tout d'abord par les composants de son architecture. Matériaux, arcs, supports, coupoles sont autant de médiums de décor : ce n'est pas pour rien que la Grande mosquée de Cordoue comporte des colonnes de marbre bleu et blanc, des arcs à claveaux de couleurs alternées parfois polylobés, et des moulures dans ses coupoles ! Dans la conception d'un édifice, l'architecte prend au moins autant en compte les données purement architecturales que les données ayant trait au décor.

    Un élément assez caractéristique du monde islamique illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarnas, également appelé "muqarbas" dans les pays d'occident musulman ou plus simplement "stalactite". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant une composition en trois dimensions. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux, dans des voûtes, etc. Cet élément a une origine obscure : on pense souvent qu'il serait né en Iran oriental vers le Xe siècle, mais d'autres hypothèses circulent (Égypte, occident, Bagdad...). Quoi qu'il en soit, il est répandu dans l'ensemble du monde islamique, et les splendides voûtes à muqarnas de l'Alhambra de Grenade n'ont rien à envier à celles des Timurides.
    Plusieurs matériaux sont utilisés pour les créer, selon les régions et les périodes : stuc et faïence en Iran, pierre en Égypte et en Syrie.

    L'ablaq est également une technique islamique, principalement répandue en Syrie et en Égypte, mais qui se retrouve également parfois en Anatolie. Elle consiste en l'incrustation de pierres de couleurs différentes (marbre le plus souvent) dans le mur. Le chef d'œuvre de cette technique est le mihrab de la madrasa Firdaws, à Alep, qui date de la période ayyubide, mais les mamelouks utilisèrent également cette technique de manière expansive.

    Mosaïque
    La mosaïque est utilisée à plusieurs époques : Califat des Omeyyades, califat des Omeyyades d'Espagne, califat des Abbassides, sultanat mamelouk. Dans les trois premiers cas, on note une forte influence antique et byzantine (mosaïque à fond d'or). On sait d'ailleurs que des artistes byzantins ont travaillé dans le monde islamique à ses débuts. Pour les mosaïques mameloukes, le cas est un peu différent, car il s'agissait cette fois d'un retour aux sources. Elles sont donc fortement influencées par les mosaïques à fond d'or du Dôme du Rocher et de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas.


    Terre cuite
    La terre cuite est extrêmement utilisée pour décorer tous types de bâtiments, dans le monde iranien notamment, mais également dans tout le reste du mode islamique. On peut utiliser deux types d'éléments : des éléments structurels, c’est-à-dire des briques, glaçurées ou décorées de quelque manière que ce soit, et des éléments purement décoratifs, à savoir des carreaux de revêtement en céramique.

    Les principales techniques utilisées sont les suivantes :

    Avec des briques
    - Les jeux sur des motifs dans les briques non glaçurées, comme par exemple au Bab Mardum, à Tolède ;
    - Le hazerbaf, qui signifie "mille tissages" en persan : un travail sur le contraste entre brique glaçurées et non glaçurées. Cette technique est principalement utilisée dans l'architecture il-khanide et timuride. Parfois, les briques dessinent des mots en calligraphie kufique (répétition du nom d'Allah, par exemple).


    Avec de la céramique décorative
    - Les carreaux de revêtement.
    Selon l'époque, ils peuvent être en forme d'étoile, de triangles, d'octogones qui s'imbriquent ou plus sagement carrés, formant des panneaux. Les techniques de décor sont variées : carreaux moulés sous glaçure monochrome, lajvardina, cuerda seca, etc.

    - La mosaïque de céramique est assez spécifique à l'art timuride. Il s'agit en fait de formes découpées dans des carreaux de céramiques de couleurs diverses. Cette technique, extrêmement délicate, sera remplacée sous les Safavides par celle de la cuerda seca, moins complexe et moins coûteuse mais qui permet des effets assez similaires.


    Typologie des bâtiments

    La mosquée et les lieux de culte
    En arabe, mosquée se dit « masjid », du mot sajada, se prosterner.
    La mosquée est le lieu de prière (salat en arabe) pour les musulmans. Selon le Coran, la prière doit se faire n'importe où, car tout endroit est saint puisqu'il a été créé par Allah. Le Prophète lui-même tenait l'architecture pour coûteuse et inutile : un comble, quand on pense aux milliers de réalisations architecturales du monde Islamique ! Très rapidement, en effet, se sont développés des lieux où les musulmans se rassemblaient pour prier.


    Types de mosquées et de lieux de cultes s'en rapprochant
    Il existe différents types de mosquées. La plus simple est la mosquée de quartier, qui permet aux croyants de venir prier quand bon leur semble.
    Plus importante est la mosquée du vendredi, dite aussi mosquée congrégationnelle ou Grande mosquée. Comme son nom l'indique, elle sert principalement pour la grande prière du vendredi, le jour sacré des musulmans. Il n'en existe qu'une par ville normalement, mais la ville du Caire en comporte une dizaine.
    Enfin, la musalla est un lieu de prière en plein air, généralement situé en dehors des villes, qui sert lors des grandes fêtes religieuses.



    Les différents plans de mosquées

    Plan arabe
    C'est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison de Mohamed à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, se compose d'une cour à portique et d'une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu'au Maghreb (exemple la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie, dont l'état actuel date principalement du IXe siècle), à l'Espagne et à l'Irak.

    Plan iranien
    Comme son nom l'indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est-à-dire dans une région comprenant l'Iran, une partie de l'Afghanistan et du Pakistan et une partie de l'Irak. Cependant, c'est aussi le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole et dans l'actuel territoire de l'Ouzbékistan sous la dynastie des Chaybanides. Il apparaît au Xe siècle avec la dynastie seldjoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voûtée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans une encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La mosquée du Shah à Ispahan est l'un des plus beau exemples de plan iraniens connus.

    Plan Moghol
    Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bîdâr utilisent ce type de plan.

    Plan Ottoman
    Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point après la prise de Constantinople en 1453 par l'architecte Sinan ; cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d'une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi coupoles et de coupolettes. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).

    La madrasa

    Une madrasa est généralement considérée comme une école coranique, cependant, c'est principalement un lieu où l'on étudie le droit. Certes, celui-ci est basé sur la Charia, la loi islamique telle qu'expliquée dans le Coran, mais dans le monde Islamique, il faut se rendre compte que le Coran régit la plupart des aspects de la vie quotidienne. Les madrasa enseigne un ou plusieurs des quatre rites (hanafite, chaféite, malékite et hanbalite), qui correspondent à quatre écoles de droit différentes. De plus, on enseigne également dans les madrasa la philologie, la linguistique arabe, la science (sauf la médecine, qui est enseignée dans des écoles spécialisées). Souvent, la madrasa sert de mosquée de quartier, et vice versa. Elles sont toujours administrées en waqf (fondation pieuse).

    Origine
    Le concept de la madrasa naît en Iran au XIe siècle, grâce au célèbre vizir Nizam al-Mulk, bien que l'on ne connaisse actuellement aucune de ses « nizamiyya ». Par contre, on retrouve cette origine iranienne dans l’unité architecturale qui caractérise les madrasa : le plan cruciforme, à quatre iwans, semble en être un marqueur.

    Développements
    Mis à part en Iran, on trouve des madrasa en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, et au Maghreb à partir des Mérinides.

    Les madrasa anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre, et par leur cour étroite voire inexistante en raison du climat froid de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se poursuit en Anatolie aux XIVe et XVe siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.

    Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasa pour extirper le Chi'isme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243).
    On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.

    C'est sans doute à l'époque mamelouke que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasa étaient bien évidemment liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamluke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.
    À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au XVIIe siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chi'ites.

    L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent principalement à étendre les Sufisme à des populations nomades souvent encore non Islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques à Fez, comme la madrasa Attarin, ou encore la madrasa Bu' Inaniyya.

    En Espagne, l'enseignement avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote d'une importante influence mérinide : la Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de magnifiques stucs peints.


    Les lieux de retraite

    Il existe trois grands types de lieux de retraites : les Ribat, les Khanqah et les Zawiya.

    - Ribat
    Un ribat est un édifice à la fois religieux et militaire, construit généralement dans une zone frontalière ou sur un axe de communication important (littoral, route). Il abrite des militaires tournés vers la foi, c'est-à-dire combattant essentiellement pour le Jihad, la guerre sainte. Il contient généralement une mosquée, et peut servir d'hôtellerie, notamment pour accueillir un gouverneur ou un dirigeant, mais il s'agit surtout d'une place forte, d'un endroit fortifié. Les variations architecturales sont très grandes, en fonction des époques et des régions. Le ribat de Sousse est l'un des plus connus et des plus anciens.

    - Khanqah ou Khanaqa
    Une khanqah est le lieu de vie de mystiques musulmans, mais aussi un lieu de retraite temporaire pour des personnages « civils ». Elle peut se trouver en ville ou en rase campagne, selon l'ordre qui y vit, et comporte généralement une ou plusieurs mosquée et des cellules. Elle peut également abriter une école et sert souvent de lieu funéraire pour son fondateur.

    - Zawiya
    Une zawiya, comme une khanqah, est un bâtiment abritant des soufis et un tombeau (celui du fondateur, en général). Elle diffère de la khanqah par sa taille, plus imposante, et le rôle d'enseignement qui lui est dévolu.


    Architecture civile et palatiale

    Les architectures arabes sont encore présentes en Espagne.

    Les palais
    Contrairement à leurs homologues occidentaux, les palais en terre d'Islam se présentent sous la formes de petites entités dispersées, souvent dans des jardins qui structurent l'espace. Plusieurs éléments se trouvent presque systématiquement dans les palais islamiques : la salle d'audience (Diwan, qui est aussi le nom du conseil des ministres), le harem, qui ne constitue pas un lieu réservé aux femmes, mais tout simplement les appartement privés de l'habitant, et enfin des pavillons de plaisance.
    Les murs de l'Alhambra, à Grenade, enserrent plusieurs palais. De même, on en trouve un particulièrement célèbre à Istanbul, le Topkapi Sarayi et au Caire, il en subsiste également quelques-uns d'époque mamelouk. Cependant, la plupart des palais anciens ont été détruits, par des conquérants désireux d'effacer les traces des dynasties précédentes, ou par le temps, quand ils étaient bâtis en matériaux périssables tels la brique crue et le bois.


    Habitations

    Maristan et structures médicales
    Un maristan (ou bimaristan) est un hôpital. Presque toujours administré en waqf, il appartient souvent à un complexe, étant donné sa vocation charitable. En effet, un maristan se doit d'accueillir tout musulman (et toute musulmane) et de lui offrir des soins gratuits. Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que le personnel est sous-qualifié : certains des plus grands médecins y travaillaient. Ainsi, al-Razi, dont le traité sur la variole et la rougeole fut utilisé en occident comme en Orient jusqu'au XIXe siècle, travailla de nombreuses années à diriger le maristan de Bagdad au Xe siècle.

    Les principales caractéristiques architecturales de telles structures sont un nombre important de pièces et une attention particulière donnée à l'eau, au travers de fontaines, bassin, canaux…
    Des maristans étaient présents dans toutes les grandes villes, depuis Grenade jusqu'à Mashhad, et souvent couplés avec une école de médecine. Les asiles d'aliénés étaient également nombreux, tout comme les imarets (soupes populaires).

    Le bâtiment le mieux conservé à l'heure actuelle est sans doute le maristan de Nur al-Din à Alep, et le plus remarquable, celui du complexe funéraire de Qala'un, malheureusement en mauvais état, mais dont les sculptures de stuc subsistantes prouvent la magnificence. Long de près de 70 mètres, il couvrait une surface immense, et s'organisait autour d'une cour à quatre iwans inégaux. Dans cette cour, une fontaine coulait dont partaient quatre canaux qui alimentaient certaines pièces.

    Structures d'hygiène
    Deux sortes de bâtiments contribuent à améliorer l'hygiène des villes : le sabil et le hammam.

    - Un sabil est une fontaine publique, dont chacun peut puiser gratuitement l'eau. Généralement construite grâce aux dons des puissants, on en trouve beaucoup dans les villes. À partir de la fin de la période Mamelouke (règne de Qaytbay), le sabil est associé à un quttab, une école élémentaire, qui se situe généralement au-dessus.
    - Les hammams sont des bains, organisés la plupart du temps sur le modèle des bains romains (salles froide, tiède et chaude). Ils prennent une place prépondérante dans le monde islamique, où la propreté du corps est considérée comme essentielle.


    Source: Wikipedia
     

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