Arsenal 2-2 FC Barcelone : Symphonie abandonnée

Discussion dans 'Uefa competitions' créé par simo160, 1 Avril 2010.

  1. simo160

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    Monumental pendant plus d’une heure, le Barça s’est laissé rejoindre en montrant de la suffisance en fin de partie. Il abordera le match retour au Camp Nou avec le simple avantage d’avoir marqué deux fois à l'extérieur.

    Les faits et le jeu


    L’affiche était de loin la plus alléchante de ces quarts de finale de Ligue des Champions. Elle opposait les deux équipes réputées pour jouer le plus beau football d’Europe, fait de passes courtes et de mouvement collectif. Avec tout de même un nuance de taille : Arsenal n’a plus rien gagné depuis une Cup en 2005 tandis que le Barça sort d’une saison magique avec six trophées. Le beau jeu qui gagne face au beau jeu qui perd, tel était le sous-titre de ce match aller.

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    Privé d’Abidal encore un peu juste, et d’Iniesta qui a réveillé ses vieux démons en termes de blessure musculaire lors du déplacement à Majorque, Guardiola alignait son onze le plus compétitif avec une défense Alves-Piqué-Puyol-Maxwell, un milieu Busquets-Xavi-Keita et une attaque Messi-Ibrahimovic-Pedro. Confirmation de la perte de leur statut de titulaire pour Touré et Henry laissés sur le banc au profit de deux Canteranos, et confiance renouvelée au faiblard Maxwell, préféré à une alternative Puyol à gauche, Milito dans l’axe. Disposés à priori en 4-3-3, les Catalans ont en fait évolué dans un système assez bizarre avec Messi dans l’axe en retrait de Ibra, Pedro en ailier droit, et Keita en milieu relayeur gauche. C’était donc un mixte du 4-3-3 classique et du 4-2-3-1 inauguré depuis un mois avec Iniesta à gauche et Messi en 9 et demi.


    Des enfants face à des hommes avait dit Patrice Evra l’an passé, les élèves face aux maitres a-t-on eu envie de dire ce soir pendant plus d’une heure tant la domination du Barça a été stratosphérique. Arsenal a l’habitude chez lui d’avoir le ballon et de presser haut. Ce soir il a pris une leçon de possession de balle, de récupération du ballon et d’utilisation du cuir. Ce fut juste monstrueux. Des démonstrations la Pep Team en a fait plusieurs depuis un an et demi : face à Lyon, le Bayern, Valence, Séville ou encore l’Inter au Camp Nou, face au Real Madrid à Bernabeu. Mais jamais sans doute, elle n’avait dégagé une telle impression de puissance et de supériorité.


    Dès le coup d’envoi le scénario était clair avec un Barça ultra agressif dans le pressing, jouant très haut avec une maitrise technique totale et une vraie volonté de se projeter rapidement vers la surface adverse pour marquer.


    Tout commençait dès la première minute avec un centre d’Ibra mis en corner par Vermaelen sous la menace de Pedro et Messi qui s’étaient jetés au premier poteau. Sur le corner, Xavi trouvait astucieusement à raz-de-terre Busquets seul à l’entrée de la surface, mais la frappe du Canterano était détournée sur sa ligne par Clichy. Première rafale avant une seconde escarmouche signée Messi plein axe obligeant Almunia à la parade (6’). Un rythme de folie, des Gunners complètement asphyxiés, mais pas de but malgré les tentatives de Ibrahimovic (7’ et 9’) ou de Messi (13’), puis la fameuse 15ème minute de jeu avec successivement Ibrahimovic puis Xavi puis Messi face à Almunia ! 10 tirs dont 6 cadrés après un quart de jeu, et près de 75 % de possession : démentiel. Mais toujours pas de but pour les Catalans.




    Le rythme ne faiblissait cependant pas côté Barça avec deux nouvelles occasions signées Pedro (17’) puis Piqué de la tête (18’) ! Vingt minutes de calvaire pour Arsenal malmené comme jamais sur sa pelouse avant une première réaction de Nasri avec une frappe sèche et enroulée juste à côté du poteau gauche de Valdes (23’).


    Et comme si cela ne suffisait pas, Wenger se voyait contraint de procéder à un premier changement avec l’entrée d’Eboué à la place d’Archavine touché à la jambe gauche (28’). Juste avant cela, Messi avait été déséquilibré dans la surface sans que l’arbitre ne bronche et n’accorde un penalty (26’). Moins époustouflant que pendant les 20 premières minutes, le Barça n’en continuait pas moins à imprimer son rythme sur la partie avec une maitrise totale du ballon au milieu. Mais Ibrahimovic n’était pas plus en réussite qu’au début du match en ne cadrant pas sa frappe en pivot (33’). Seul véritable avertissement, une double occasion pour Bendtner dans la surface avec une reprise repoussée par Valdes puis par le poteau. Mais l’arbitre avait signalé le grand attaquant danois en position de hors-jeu (38’).


    La fin de mi-temps était toujours autant à l’avantage du Barça et voyait Arsenal contraint à un second changement avec la rechute de William Gallas, aligné prématurément au coup d’envoi (entrée de Denilson et passage en défense centrale de Song, 44’). Une minute plus tôt Fabregas avait pris un carton jaune synonyme de suspension pour lui au retour…


    Scénario catastrophe pour Arsenal que ce soit dans le jeu ou les blessures, mais miracle au tableau d’affichage avec toujours un score nul et vierge.


    Trouver la faille pour concrétiser enfin sa formidable domination, tel était le défi du Barça en seconde mi-temps. Et cette faille, curieusement, était trouvée après seulement une trentaine de secondes avec une ouverture létale de Piqué pour Ibrahimovic qui profitait de la sortie plus qu’hasardeuse d’Almunia pour le lober et débloquer le score. 0-1 à la 46ème minute de jeu, justice était enfin faite aux efforts prodigieux déployés par le collectif blaugrana en première mi-temps.




    Sonnés par ce but rapide et un peu idiot, les Gunners mettaient 10 minutes à réémerger avec une magnifique occasion pour Bendtner de la tête qui ne trouvait que les gants de Victor Valdes, une nouvelle fois impeccable (55’). Très près d’égaliser Arsenal se retrouvait cependant à nouveau la tête sous l’eau avec pour bourreau Ibrahimovic dans une copie quasi conforme de son premier but : ouverture de Xavi, départ à la limite du hors jeu de l’attaquant suédois, et frappe surpuissante dans la lucarne d’Almunia (0-2, 59’).


    A 2-0, les jeux paraissaient alors faits. Le Barça n’avait en effet plus qu’à gérer ce pactole pour arriver au match retour en situation ultra favorable. Mais le jeune Theo Walcott entré en jeu à la 66ème minute à la place de Bacary Sagna ne l’entendait pas de cette oreille. Suite à une perte de balle stupide de Busquets, Bendtner décalait le jeune Anglais qui laissait sur place le pauvre Maxwell et s’en allait tromper Valdes assez malheureux sur le coup (1-2, 69’). Terrible erreur de Busquets qui allait sonner la révolte des Gunners dans le dernier quart d’heure avec tout d’abord un jaune pour Piqué qui manquera le retour puis l’égalisation sur Penalty de Fabregas suite à une faute de Puyol, peu évidente, mais pourtant sanctionné d’un carton rouge ! 2-2 à la 85ème minute et un Barça à 10 privé pour le retour de sa charnière.




    Incroyable retournement de situation, surtout si l’on pense à l’occasion de Leo Messi à la 76ème qui aurait pu redonner deux buts d’avance au Barça. Le tout sous les yeux de Thierry Henry qui s’en allait remplacer Ibrahimovic (77’) et recevoir l’hommage de son ancien public.


    La fin de match ne donnait plus grand-chose, avec un Barça vexé de s’être fait remonté et à 10 (entrée de Milito pour Messi afin de renforcer la défense), et une équipe d’Arsenal diminuée par la blessure de Fabregas sur son tir lors du penalty.


    Le bilan de ce match est arithmétiquement très bon pour les Catalans. Avec deux buts à l’extérieur, les Balugrana peuvent se contenter d’un 0-0 ou d’un 1-1 au retour pour passer. Cependant quelle déception que de ne pas avoir assommé cette demi-finale au tableau d’affichage dès le match aller. Après une heure de jeu hallucinante de maitrise collective où les Blaugrana ont surclassé les Gunners dans tous les domaines et profité de leur naïveté défensive pour inscrire les deux buts qu’ils n’avaient pas su mettre au fond en première mi-temps, la bande à Guardiola est tombée dans une certaine facilité, illustrée par Busquets, et ont laissé Arsenal encore en vie au coup de sifflet final.


    De fait, il y a deux façons de voir ce match. La première consiste à surtout voir le positif, c’est-à-dire les deux buts inscrits et le jeu incroyable déployé à l’extérieur face à l’une des meilleures équipes du monde pendant une grosse heure. La seconde met l’accent sur la remontée d’Arsenal et le relâchement coupable des Catalans. Verre à moitié plein ou à moitié vide, il s’agira en tout cas pour la Pep Team au retour dans une semaine d’en remplir l’autre moitié. Sinon les regrets seront eternels…




    Les joueurs


    Valdes : 6,5
    Une intervention décisive sur la tête de Bendtner à 0-1, il est moins en réussite sur la réduction du score de Walcott, la ballon lui passant sous le bras. Un jeu au pied très précis et une grande sérénité dans les sorties aériennes.


    Alves : 7,5
    Très bon, il a été d’une agressivité géniale dans le pressing. Offensivement il a apporté sa touche habituelle.


    Piqué ; 7,5
    De l’excellent Piqué : une passe décisive, des relances magnifiques, des tacles glissés efficaces. Sur le second but, il est surpris par la déviation de Puyol. Averti, il manquera au retour.


    Puyol : 7
    Epoustouflant dans les duels et l’anticipation, il commet une faute qui coute cher avec un pénalty et un rouge.


    Maxwell : 5,5
    Dans le ton pendant les temps forts du Barça (on l’a même vu réussir un petit pont !), il a pris l’eau sitôt Walcott sur le terrain. Bloqué sur la nationale alors que l’anglais prenait l’autoroute, il est largué sur le premier but.


    Busquets : 6,5
    Sa note peut paraitre trop dure, mais quand on joue à son poste, on ne peut pas perdre deux ballons idiots en première mi-temps dans la zone de construction puis deux autres tout aussi stupides en seconde mi-temps, dont l’un amène le réveil d’Arsenal. Sergio est un joueur qui a un potentiel assez fabuleux, et il a démontré ce soir pourquoi Guardiola lui faisait autant confiance : qualité de passe, technique, vista, agressivité, il a une panoplie assez bluffante. Mais ses sauts de concentration, qui ne sont pas une nouveauté, ternissent à nouveau ce bel édifice. Malgré tout, quand on compare cette performance avec toutes celles de Touré cette saison, on ne peut que donner raison à Guardiola dans son choix d’aligner le Canterano.


    Xavi : 8
    Prestation titanesque du 6 catalan. Une passe décisive et une présence incroyable dans la construction, la récupération, la temporisation. Le Patron.


    Keita : 7
    Discret, il n’en a pas moins été très utile par son travail de harcèlement du porteur adverse. Très peu de déchet technique. Au diapason.


    Pedro : 6,5
    Une première mi-temps tout feu tout flamme avec de la percussion, de la provocation et des occasions. Il a franchement disparu de la circulation en deuxième période.


    Messi : 6
    Deux frappes manquées lors du premier acte et un duel raté à 1-2. Trop discret par rapport à ce que l’on est en droit d’exiger de lui. Il a tout de même été un sacré poison par sa capacité à bouger entre les lignes et à conserver le ballon.
    Remplacé par Milito.


    Ibrahimovic : 7,5
    Un doublé magnifique, notamment sa frappe sur le second but. Dans le jeu il a été moins brouillon que ces derniers temps, avec également moins de positions de hors-jeu. Mais cela reste encore très perfectible. A enfin marqué dans un gros match de C1 et face à un club anglais.
    Remplacé par Henry dont on se demandait s’il venait pour jouer un match de Ligue des Champions ou pour son jubilé…




    Fiche technique


    Arsenal : Manuel Almunia; Bacary Sagna (Theo Walcott, m.66), Gael Clichy, Thomas Vermaelen, Abou Diaby; Cesc Fábregas, Samir Nasri, William Gallas (Denilson, m.44), Alex Song; Andrei Arshavin (Emmanuel Eboue, m.28), y Nicklas Bendtner.



    FC Barcelone : Víctor Valdés; Dani Alves, Carles Puyol, Gerard Piqué, Maxwell; Sergio Busquets, Xavi Hernández, Seydou Keita; Pedro Rodríguez, Zlatan Ibrahimovic (Thierry Henry, m.76), Lionel Messi (Gabriel Milito, m.86).


    Buts : 0-1, m.46. Ibrahimovic, m.46; 0-2, m.59. Ibrahimovic; 1-2, m.69. Walcott; 2-2, m.85. Fábregas (pen.).


    Arbitre : Massimo Busacca (SUI)
    Avertissements : Arshavin, Song, Fábregas, Eboue, Diaby ; Piqué.
    Expulsion : Puyol
    59.572 spectateurs



    Source
     

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