Assises de la pêche: L’urgence de la mise à niveau

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 14 Juin 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Vieillissement de la flotte, manque de respect des normes…

    · La Commission européenne d’inspection risque de faire mal




    LES assises de la pêche, qui démarrent aujourd’hui, interviennent dans une période critique pour le secteur. C’est connu, l’activité a mal et nous ne sommes plus de la situation de l’ancien accord de pêche Maroc-UE. Problèmes de mise à niveau, rareté des ressources, le Maroc n’a même pas profité de la non-reconduction du dernier accord. L’imminence de nouvelles négociations avec Bruxelles ne fait plus de doute. Ce qui est sûr c’est que Rabat ne négociera pas en position de force pour des raisons budgétaires aussi.
    Dans l’agenda des opérateurs, une des urgences qui pointent réside dans la visite de la Commission européenne d’inspection dans les ports de pêche le 20 juin 2005 (cf. L’Economiste du 10 mai 2005). A une semaine de cette visite, les armateurs -surtout de la pêche hauturière- s’inquiètent. Après la décision du ministère de prolonger le repos biologique jusqu’à la fin du mois, les bateaux, dont la plupart se trouvent dans un état de délabrement avancé, resteront dans leurs ports d’attache. La Commission d’inspection pourra donc les évaluer pour la première fois.
    Lors des dernières visites, «on s’arrangeait pour que les bateaux sortent en mer avant l’arrivée des Européens», commente un spécialiste. Ainsi, la plupart des bateaux risquent de perdre leurs agréments d’exportation vers l’UE. Selon un responsable syndical, lors d’une dernière visite au Sénégal, «la Commission européenne a retiré une centaine d’agréments». En 2001, elle en a fait de même au Maroc à l’encontre d’unités de congélation et d’usines de conserves.
    Durant ces assises, la mise à niveau du secteur, et en premier lieu de l’outil de pêche, fera l’objet d’une table ronde. Ce sera l’occasion de débattre de l’urgence d’application des normes européennes pour un secteur qui représente 16% des exportations marocaines et emploie plus de 400.000 personnes.
    Il est, par ailleurs, fort probable que la Commission européenne procède à un changement de procédures d’octroi des agréments. Elle a toujours délégué cette tâche au ministère marocain en lui soumettant une liste des normes à faire respecter.
    Le défi est de réussir le passage d’une pêche d’extraction vers une phase d’industrialisation. Pour ce faire, la profession est appelée à réaliser sa mise à niveau et se faire une nouvelle image auprès de ses clients européens et internationaux. Les opérateurs sont par ailleurs obligés d’anticiper les grandes tendances en matière de valorisation de la pêche. La normalisation accompagnée d’une concurrence de plus en plus acerbe sur les marchés internationaux appelle des changements profonds de l’entreprise de pêche nationale. Avec 305 établissements, l’industrie de valorisation des produits de la pêche génère un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de DH. Elle assure 60% des exportations agroalimentaires. Les assises de la pêche seront aussi l’occasion de considérer des objectifs encore plus spécifiques.
    Elles ambitionnent notamment de contribuer à la fixation des plans de reconstitution de la ressource pour favoriser la régénération des stocks. Dans la foulée, il sera question d’établir des plans de gestion et de maintien des différents stocks à des niveaux biologiques sûrs. Ainsi, l’implication des scientifiques et de l’INRH (Institut national de recherche halieutique) dans ce processus est de première importance.
    La participation des professionnels dans l’élaboration des données sur l’exploitation, est une autre problématique. Car, pour des impératifs de visibilité, les différents intervenants doivent disposer d’une base de données fiable sur le secteur.
    Un accord avec les professionnels pour évaluer l’effort de pêche tarde toujours à prendre forme. Selon un responsable syndical, «la pêche responsable est un concept qui concerne toute la profession depuis l’extraction de la ressource jusqu’au consommateur». De ce fait, les professionnels sont appelés à pratiquer une pêche qui maintiendrait la ressource, l’activité de pêche et la qualité du poisson débarqué. Un objectif difficile dans l’état actuel des choses.

    L'Economiste
     

Partager cette page