Au Maroc : Triste censure

Discussion dans 'Scooooop' créé par Meelo, 25 Août 2011.

  1. Meelo

    Meelo Accro

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    Par Tariq Ramadan

    Ce devait être une belle et enthousiasmante collaboration. Le mensuel marocain "L’Economiste" m’avait demandé d’écrire une chronique par mois. Avec la fermeture du mensuel, l’article allait désormais être publié dans le quotidien. Le second devait l’être aujourd’hui même. Or, voilà que la rédaction en chef a voulu modifier le texte en remplaçant "aux allures d’un bateau royal" par "d’un bateau luxueux". Une censure inacceptable, mais surtout une auto-censure excessive. A l’heure où les peuples arabes se soulèvent pour leur dignité et leur liberté, et que le Maroc annonce des réformes contre la corruption et pour plus de transparence, il serait bon que les journaux et les journalistes marocains fassent honneur à leur fonction. Une attitude au fond honteuse, une histoire triste. Voici le texte en l’état. Le lecteur jugera et elle/il ferait bien de faire savoir à la rédaction de L’Economiste combien une telle attitude est indigne du Maroc que nous aimons. La collaboration s’arrête donc là. A bon entendeur.



    Un si beau Maroc

    J’aime le Maroc. Depuis le temps que je viens dans ce si beau pays, j’ai appris des paysages, des parfums, des cultures, des traditions ancestrales, riches et fières. J’ai rencontré des femmes et des hommes à la mémoire forte, à la dignité reconnue, avec du cœur, de la générosité et des sourires confiants en la vie. C’est un pays, c’est un être, c’est un destin.

    Cet été, en y jeûnant pour la nième année consécutive, je réfléchissais aux racines de cette identité, à ce qu’elles étaient, et à ce que ce pays pouvait offrir non seulement à ses citoyens, mais également à ses visiteurs comme au monde. Au demeurant, je ne suis pas toujours persuadé que les Marocaines et les Marocains soient eux-mêmes conscients des richesses qui les habitent, de ce qu’ils portent intimement et qu’ils devraient pouvoir offrir. A soi, dans la célébration ; à autrui, dans le respect.

    J’ai vu et aimé ce cœur, cette générosité, ce sens de la famille et du service. Le Maroc, c’est aussi cet Orient des origines qui, loin des projections orientalistes, se définit par soi, en une multitude de langues, d’appartenances, de cultures et de mémoires. Ces identités multiples ne se disputent que quand elles sont superficielles et instrumentalisées : dans le fond, elles sont la richesse du Maroc, elles s’enrichissent et se fertilisent mutuellement. Ecouter deux Marocain(e)s parler de leur origine au cœur de ce pays, c’est entrer dans un univers de villages, de liens locaux, d’une pluralité qui unifie. Et pendant le Ramadan, une ferveur si palpable et sincère : un mois où les mosquées débordent, où le cœur est ouvert et les yeux pleurent. Beaucoup, et profondément.

    Le Maroc est aussi un pays de toutes les contradictions. J’entends encore les mots de certains touristes français, ou anglais, ou américains me parler de leurs séjours marocains. Trouvant à Casablanca, à Marrakech ou même à Tanger, les espaces de cette liberté chérie en Occident. C’est un pays, disent-ils, où le soleil est gratuit, l’alcool et la drogue bon marché, la prostitution jeune, discrète et peu chère. C’est le pays des nouveaux casinos qui colonisent des esprits, détruisent des vies, déciment des familles. Le Maroc qui devrait offrir de son être est colonisé au cœur de son être par les pires excès des sociétés industrialisées. La logique économique, et touristique, semblerait avoir raison, peu à peu, de l’âme marocaine.


    Se peut-il qu’il en soit ainsi ? Se peut-il que les Marocains s’ignorent tant qu’ils acceptent d’être emportés par la culture de l’ivresse de l’alcool, des casinos et des drogues et que leurs enfants soient les proies faciles d’un tourisme sexuel immoral. Se peut-il vraiment ? Au Nord du Maroc, j’ai tourné mes yeux vers la mer et j’ai aperçu au loin une belle embarcation aux allures d’un bateau royal. J’ai souri et pensé à tous ceux qui sont, soit responsables des réformes, soit qui y aspirent. Mon imagination et mon cœur leur envoyèrent ensemble une requête : ne laissez pas le Maroc perdre son identité au nom d’impératifs financiers destructeurs. Au-delà de vos contradictions, n’est-il donc point possible de réconcilier tradition et ouverture, liberté et dignité ? Ce ne devrait point être le tourisme qui colonise de ses excès le Maroc mais ce dernier qui offre à ses touristes le sens de l’être, du don et du respect.

    J’ai tourné mes yeux vers la mer, en cette fin du Ramadan, et espéré que les portes des Royaumes soient aussi ouvertes que les portes du ciel, celles du Miséricordieux en Sa Royauté suprême.

    Source
     
  2. rayaning

    rayaning Accro

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    tout le changemenent annoncè par le mekhzen n'est qu'une illusion un eldorado inexistant wach kayn chi cheffar maghaybghich yeb9a kaysre9 surtout ila kan mdere9 b 7aja smitha la sacralité du régime?!!!
     
  3. popo40

    popo40 Accro

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    une embarcation aux allures royales, placé par hasard au milieu de ce beau paragraphe:mad: ,qui décrit une réalité implacable . le touriste profite de cette misère , il ne cherche que les excès et pratiques qui sont totalement interdites chez lui.
    certains se refont une nouvelle vie , il n'est pas étonnant de voir des gamines épousant des papis 30 à 40 ans plus âgés qu'elles!!! ces citoyens là ne peuvent rien donner au touriste à part l’accompagner dans tout ces délires et interdits , rappelons que le gouvernement n'a jamais encouragé ces pratiques , mais au contraire il les combats.
    Notre société par en vrille , et heureusement qu'il y'a quelques citoyens, porteurs des valeurs et principes de notre religion pour contrer tant que mal cet élan, puisque l'écrivain est porteur de ses valeurs et très influent sur la scène médiatique, n'avait il pas mieux à faire que pointer du doigt ce qui n'est plus étrange pour personnes?
    revenant au sujet et ce fameux bateaux , à la première lecture c'est une embarcation clandestine qui m'est venue à l’esprit.
    jusqu'à preuve du contraire l'arbre n'a jamais caché la forêt, et la censure ne peut couvrir le soleil.
     
  4. odejiste

    odejiste Pervers Certifié

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    mon pays que j'aime mon pays que je haie !
     
  5. blackastron

    blackastron Il vient d'un autre temps

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    t'es sur qu'il combat la prostitution touristique (awla b9at hir f l ichharat); s'il veut combattre ce phénomène il sera déjà terminé mais le problème il s'aggrave :mad:

     
  6. belami

    belami إنا لله و إنا إليه راجعون

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    non seulement le roi est sacré mais aussi les mots dérivés!.. et dire que le maroc entre dans une nouvelle ère! sans blague!
    on n'a pas besoin des mots qui flattent notre orgueil national (ahlo makka adra bichi3abiha) nous connaissons bien nos richesses et faiblesses , il faut juste écouter nos besoins pour bien gérer ce qu'on a et résoudre nos problèmes. déterminer le statut de l'islam dans tout les aspects de notre vie est une nécessité aussi importante que les autres revendications politiques et économique, et ce débat ne doit pas être périodique , le mois sacré touche à sa fin et après? c'est facile de dire que nous sommes musulmans et que nous devons lutter contre tout ces fléaux sociaux en s'armant de l'islam , mais avons-nous une instruction dans ce domaine assez forte pour relever le défi? est ce que nous aurons à disposition tout les moyens de l'état? ... cet état qui considère la religion une carte qui se joue d'une façon pas entièrement propre pendant les périodes électorales et qui fait circuler des messages tel que : la lutte contre l'islamisation de la société ...
     
  7. popo40

    popo40 Accro

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    il ne se passe pas un jour sans qu'on puisse lire dans les médias : démantèlement d'un réseau de prostitution, certes le fléau ne sera jamais éradiqué tant que les personnes concernés vendent leurs dignité, (chère belami expose bien ci dessus un point de vue que je partage à savoir le statut de notre religion).
    Notre religion est claire sur ce sujet ainsi que les autres : corruption, vols , l'insécurité et pourtant ils se propagent, nous avons besoin d'une prise de conscience et un retour vers l’essentiel à savoir ce que nous sommes : musulmans avant tout et les touristes sont les biens venus, à condition qu'ils nous respectent.
     
  8. sweetpoison

    sweetpoison Bannis

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    sektina! daba ygoulou lik jibi dalil men lkitab o sonna o men ayi blassa!
    ola ygoulou lik: msselmine ghir ntouma? 7na koffar?
    ou encore: dawla dayra jahdha o plus même! rah cha3b li fih defaut! rah bnadem li mkalekh! ach bgheyti dawla dir lihoum? aww!
     
  9. Sarhane

    Sarhane Bannis

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    Bach nabniw bladna, khassna ntta7dou ou nt3awnou oumankounouch da7iyya l"farri9 tasoud"
    l'exemple du cul-de-jatte et de l'aveugle (wa7éd hazz lakhour oukays3aw bab allah) kay3abbar 3la la solidarité f mouwajahate ta7adiyyate had l3asr
     
  10. odejiste

    odejiste Pervers Certifié

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    déclaration de tariq ramdan.

     

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