Avant le Ramadan, des étalages en couleur

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 1 Septembre 2007.

  1. Le_Dictateur

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    Les femmes profitent de leur temps libre pour se déplacer entre "Hay Mohammadi" et "Derb Soltane" afin d'avoir une idée sur les prix, cette année, des fournitures et composants nécessaires au Ramadan.

    Entre les vendeurs qui veillent à une bonne présentation de leurs épices, et les clients qui se font de plus en plus nombreux, c'est toute une ambiance qui précède ce mois sacré et qui règne chaque année en ces lieux. Il est 8 heures du matin et Mohamed est déjà dans son magasin. Il aura aujourd'hui de nombreuses tâches à accomplir, dont la plus importante est l'aménagement de l'espace pour la marchandise qu'il va recevoir ce matin. "Je dois faire vite pour étaler la marchandise avant que les gens ne commencent à venir", affirme ce cinquantenaire, avant de se précipiter pour aller ouvrir de grands sacs pleins d'épices.

    Si Mohamed veille à présenter sa marchandise tôt cette année, c'est parce qu'il doit satisfaire des clients de plus en plus exigeants. "Par l'odeur, les femmes arrivent à différencier entre les épices qui datent de l'année dernière et les nouvelles. Je dois donc toujours leurs offrir de la marchandise fraîche si je veux vraiment les fidéliser", nous explique ce vendeur, qui a 15 ans d'expérience dans le domaine. Par ailleurs, avec les magasins de vente d'épices qui poussent comme des champignons durant cette période, la concurrence devient de plus en plus rude pour lui.

    Néanmoins, Mohamed a ses propres moyens pour résister. "Pour le cumin et le poivre, je les vends en grains. Je les présente à la cliente, dans un récipient, la quantité qu'elle désire acheter pour qu'elle en vérifie la qualité et, ensuite, je la mouds devant elle. Pour les grains de sésame et l'anis je les propose nettoyés et à un prix plus bas que les autres vendeurs" nous confie Mohamed. Des astuces qui ont permis à ce marchand expérimenté de vivre de ce métier depuis de longues années.

    Tel n'est pas le cas pour Ibrahim, un jeune vendeur de 28 ans, qui a décidé cette année pour la première fois de se lancer dans la vente de épices. "Je change de commerce selon les circonstances.
    Par exemple, pendant cet été, j'ai vendu des fournitures de plage : les bobs, les sandales etc. Maintenant, avec l'approche du Ramadan, c'est la vente des épices qui a le vent en poupe", affirme-t-il. Un pas franchi dont il doit assumer les conséquences parce que la concurrence est rude.

    Heureusement, notre jeune vendeur a bien fait son calcul avant de franchir ce pas. "Je sais bien que je serai confronté à une forte concurrence. C'est pour cela que je varie ma marchandise en vendant non seulement des épices, mais également les ingrédients utilisés dans la "harira", comme le pois chiches, les lentilles, le "smen" (beurre aigre)…puisqu'ils sont très prisés en cette période" explique-t-il. Ces astuces utilisés par Mohamed et Ibrahim ne sont pas les seuls moyens qui leurs aident à avoir des clients. Les prix ont également leur mot à dire.

    Cette année, les prix sont pour la plupart accessibles à la majorité des acheteurs. " Un kilo de grains de sésame coûte 20 DH, alors que l'année dernière, il était à 25 DH." affirme Ibrahim. Une baisse de prix qui arrange bien les femmes, qui préfèrent proposer à leurs familles des "chebbakiyas" faites maison. "Acheter chaque jour un kilo de "chebbakiya" pendant tout le mois de Ramadan revient trop cher. Je préfère la préparer moi-même, à la maison.

    C'est plus avantageux, puisque l'achat des ingrédients qui la composent est loin d'être aussi coûteux que son achat prête à emporter et la qualité est de loin meilleure", nous explique Aicha, une femme au foyer. Une donne qui réjouit les vendeurs d'épices, qui s'attendent à une grande activité dans les 20 jours à venir.

    *Journaliste stagiaire.
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    Les MRE aussi
    Les Marocains résidant à l'étranger, surtout les femmes, sont également des clients fervents et se rabattent sur les "kissariate" pour acheter les fournitures du Ramadan.
    "A chaque fois je rentre au Maroc, j'achète toutes les épices dont j'aurais besoin durant toute l'année, puisque là bas, elles sont beaucoup plus chères et, de plus, n'ont pas du tout la même saveur que celles qu'on trouve au Maroc " affirme Hajja Fatima, qui vit depuis 10 ans en France.

    Les épices qui n'existent pas à l'étranger sont également prisés par ces clientes.


    "Elles achètent de grandes quantités d'anis et le cumin "beldi", ainsi que de la gomme arabique, et de la noix de muscade ", affirme Ibrahim.

    De ce fait, les vendeurs prévoient exceptionnellement des réductions pour ce genre de clients.

    Fatima Zahra Ennda* | LE MATIN
     

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