Axa annonce le transfert de 1 500 emplois au Maroc

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 4 Octobre 2006.

  1. Le_Dictateur

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    Délocalisation . L’assureur veut tripler ses bénéfices en remplaçant en France seulement 1 500 des 3 000 départs en retraite prévus d’ici à 2012.

    « Ambitions 2 012 », c’est l’intitulé du plan de restructuration présenté par la direction de la société d’assurances Axa, le 5 septembre dernier en comité central d’entreprise. La ligne est simple. D’ici à 2012, environ un quart des 14 000 employés administratifs (accueil téléphonique, gestion, études...) devrait partir en retraite. La direction compte en profiter pour faire des gains de productivité et augmenter ses profits.


    La présentation officielle d’« Ambitions 2 012 » se veut neutre sur le plan de l’emploi. Il s’agirait ainsi de remplacer les 3 000 départs en retraite des six prochaines années - la génération du baby-boom -, par 1 500 embauches en France, et 1 500 au Maroc, où une nouvelle structure serait créée. La direction a affirmé qu’elle dégagerait 75 millions d’euros de cette délocalisation. « Axa veut profiter des bas salaires et de la possibilité de licencier sans problème au Maroc, dénonce Mireille Gueye, déléguée CGT. Nous connaissons les conditions de travail là-bas, car une filiale d’Axa, Direct Assurance y est déjà installée depuis 2004. » Une représentante CGT de Direct Assurance a pu visiter le site à Rabat. « Les employés marocains sont des bac + 4 payés entre 310 et 380 euros net par mois pour 42 heures de travail par semaine, ils ont une demi-heure de pause par jour et doivent lever le doigt pour aller aux toilettes, rapporte Mireille Gueye. Il y a un turnover très important. »

    En réaction à l’annonce du plan, une intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT-UNSA s’est constituée et a réclamé, le 19 septembre dernier, « le retrait de la partie délocalisation incluse dans le projet d’entreprise », refusant qu’Axa « se saisisse de l’aubaine du papy-boom pour délocaliser (et faire encore plus de profits ». Mais le plan de la direction est plus qu’une simple délocalisation. Dans une présentation partielle du projet en juillet dernier, Axa prévoyait en effet 3 500 départs en retraite d’ici à 2012, mais aussi une augmentation importante de l’activité, correspondant à l’activité de 1 000 salariés. Soit un total de 4 500 emplois à créer, en théorie. Le plan de la direction consistait alors à embaucher 1 500 personnes au Maroc et 1 500 en France, et à absorber les 1 500 autres par des gains de productivité. « Depuis, dans sa présentation, la direction a gommé cet aspect de la productivité », souligne Mireille Gueye, de la CGT, qui rappelle que l’entreprise compte tripler ses bénéfices : de 640 millions d’euros de résultat net en 2004, Axa compte passer à 1,6 milliard en 2 012. Après avoir augmenté sa productivité de 15 % entre 2004 et 2005, elle compte gagner 12 % d’ici à 2009, puis 6 % jusqu’en 2012.

    Les gains de productivité et les 1 500 suppressions d’emplois en France pourraient se traduire par des fermetures de petits sites. « Depuis 2003 déjà, la direction supprime des emplois et restructure en fonction de normes de productivité, explique la cégétiste. De nombreux salariés ont été contraints de déménager ou de se reconvertir. Récemment, le site de Cergy a fermé. Bientôt, les activités seront regroupées sur de gros sites régionaux comme Lyon-Marseille ou Toulouse-Bordeaux, ce qui menace les petites unités comme Nîmes et Montauban. »

    Source - Humanite.Press.Fr

     

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