Banque Chaâbi du Maroc à Paris: Le conflit qui n’en finit pas

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 29 Septembre 2007.

  1. kochlok03

    kochlok03 Visiteur

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    Le ras-le-bol est à son comble à la banque chaabi du Maroc de Paris. Mercredi dernier, la tension est montée d’un cran lorsque les salariés ont décidé d’organiser un sit-in devant les locaux de la représentation.

    Le mouvement a commencé plusieurs jours le 18 septembre. Le personnel lance un mot d’ordre de grève illimitée. L’activité de la banque est bloquée. Les répercussions seront certainement de taille. La BCP, qui compte 690.000 clients à l’étranger soit 40% de son portefeuille particuliers, réalise le plus gros de son chiffre d’affaires en France, là où se concentre la plus grosse communauté de Marocains. Les différences de traitements entre les salariés sont à l’origine du conflit. Selon le personnel, la direction a entamé ces dernières semaines un vaste mouvement de recrutement. Les conditions de ces nouveaux venus sont qualifiées «d’exagérément avantageuses » et les écarts de salaires atteignent des pics sans précédent. Les différences peuvent atteindre jusqu’à 26.000 euros. Le management ne se soucie pas des conséquences de telles attitudes. La situation devient rapidement intenable et les salariés ne manquent pas de le faire savoir. La direction propose alors une augmentation des salaires de 6.000 euros annuel et l’intégration du treizième mois. Mais rien n’est fait. Les promesses ne sont pas tenues. La direction ne fait suite à aucun courrier ni à aucune doléance. Au Maroc, le président Noureddine Omary, maintes fois interpellé ne répond pas aussi. Pour quelles raisons les responsables de la banque réfutent le dialogue? Qui sont les nouvelles recrues? La BCP a-t-elle un réel besoin de personnel ? Ses clients sont-ils disposés à subir encore longtemps les effets de la crise qui y sévit ? Les autorités françaises pourront-elles longtemps encore jouer le jeu ?

    La banque hors la loi

    Ce qui se passe à la BCDM ne date pas d’ aujourd’hui. Pour bien comprendre, il faut remonter d’abord à 2000. Un premier conflit social éclate. Les salariés qui arrivent à l’âge de la retraite ont la désagréable surprise de découvrir que leurs revenus seront divisés par quatre. Et surtout qu’ils disposent d’un statut de diplomates. La législation du travail est bafouée. Mais pour bien comprendre, c’est 37 ans en arrière qu’il faut revenir, au moment de la création de la BCP. Le premier bureau de représentation de la banque ouvre en janvier 1972 et les commerciaux déclarés comme «agents consulaires». En réalité, ils disposent de deux types de cartes : l’une AR délivrée par le Quai d’Orsay et une autre accordant une immunité diplomatique. Point de statut de salarié conforme à la législation française donc pas de déclaration auprès des organismes sociaux. Tout le monde est impliqué dans l’affaire : ministère des finances, ministères des affaires étrangères. Les autorités françaises laissent faire. La banque ne paie pas de TVA sur les services bancaires, ne déclare pas aux impôts les opérations de dépôt, de crédits, les transactions sur les valeurs mobilières et autres services. La BCP est la seule banque à disposer de ce statut.


    Bled.ma

     

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