Biélorussie : le président Loukachenko réélu avec près de 80 % des voix

Discussion dans 'Faits divers' créé par Med Omar, 20 Décembre 2010.

  1. Med Omar

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    Biélorussie : le président Loukachenko réélu avec près de 80 % des voix
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    Environ 30 000 Biélorusses ont répondu à l'appel de l'opposition à manifester, place d'Octobre, contre le scrutin présidentiel du 19 décembre.AP/Sergei Grits

    MINSK, ENVOYÉ SPÉCIAL - Des arrestations par dizaines, peut-être par centaines ; des candidats de l'opposition transférés dans les locaux des services biélorusses, avant leur inculpation probable ; un quatrième mandat de suite pour Alexandre Loukachenko au terme d'un simulacre de scrutin, remporté avec près de 80% des voix. Les enseignements de la soirée du dimanche 19 décembre font craindre aux forces démocratiques pro-européennes un immense pas en arrière.
    Se pose aussi la question des responsabilités respectives, après la fin électrique d'une mobilisation exceptionnelle dans la rue de plusieurs dizaines de milliers de personnes, défilant contre le régime.


    L'intervention de la police anti-émeutes a eu lieu dimanche, peu après 22 heures, Place de l'Indépendance, lorsqu'une poignée de personnes ont voulu forcer l'entrée du siège du gouvernement biélorusse. Ils ont tenté, pendant de longues minutes, de briser les vitres, qui avaient été renforcées par des panneaux en bois. "Reculez, reculez !", criaient d'autres manifestants, tandis qu'au micro, les orateurs appelaient à ne pas employer des moyens illégaux.
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    Des proches de Vladimir Nekliaev transportent aux urgences le candidat, blessé lors d'une manifestation aux abords de la place d'Octobre à Minsk.REUTERS/STR
    Cette tentative a pourtant provoqué l'intervention éclair des forces anti-émeutes, qui se sont déployées devant le bâtiment puis ont repoussé la foule à coups de matraques, de boucliers et de bottes, procédant à des dizaines d'arrestation.

    Qui étaient les jeunes hommes qui ont tenté de pénétrer dans le bâtiment officiel, donnant des arguments au régime qui dénonçait par avance les intentions insurrectionnelles de l'opposition ? Interrogé par Le Monde lundi 20 décembre, Alexandre Milinkevich, une des figures de l'opposition, en retrait dans cette campagne après avoir affronté Alexandre Loukachenko lors du scrutin de mars 2006, ne croit pas à quelques manifestants surchauffés.

    "Il s'agit d'une stratégie étrangère, avance-t-il, d'un scénario à la kirghize où les gens sont provoqués [en référence au soulèvement à Bichkek en avril 2010 qui a conduit au renversement du président Kourmanbek Bakiev]. Si on veut comprendre ce qui s'est passé, il faut examiner à qui profite cette situation idiote. Tout cela affaiblit l'opposition et les chances de la Biélorussie pour une intégration européenne. Quant au régime, il est intéressé par l'aide financière occidentale. Ce ne sont pas des démocrates, mais ils ont besoin de soutiens pour conduire un minimum de modernisation."

    "L'ATTAQUE LÂCHE"


    Se disant "très triste", Alexandre Milinkevich, qui a été l'un des principaux promoteurs dans son pays du dialogue entre l'Union européenne et Alexandre Loukachenko, anticipe les critiques que vont formuler les responsables européens.

    Dès lundi matin, le président du Parlement à Strasbourg, le Polonais Jerzy Buzek, a dénoncé "l'attaque lâche" dont a été victime dimanche l'un des candidats de l'opposition, Vladimir Neklaiev, hospitalisé brièvement pour un traumatisme crânien.

    Un autre candidat de l'opposition, l'économiste Iarsolav Romantchouk, a pris ses distances, lundi matin, par rapport à d'autres candidats très en vue dans la soirée, comme Andrei Sannikov, Nikolaï Statkevitch et Vitali Romachevski, tous arrêtés.

    Dans un entretien téléphonique avec Le Monde, il a estimé que ces derniers n'ont pas respecté leurs engagements, en faveur d'une manifestation pacifique, en se rendant devant le siège du gouvernement. "Cela a conduit à céder aux provocations et à alimenter l'idée du régime que l'opposition serait destructrice et irait contre les intérêts du pays", dit-il.

    Selon M. Romantchouk, les arrestations de la nuit constituent "un puissant retour en arrière, qui rappelle l'après-guerre. Les forces démocratiques sont éparpillées". "Le pouvoir veut mettre en prison des figures de l'opposition pour longtemps. L'Union européenne doit exiger la libération des personnes arrêtées et une enquête objective doit être conduite. Si quelqu'un a brisé des vitres, il doit en répondre, mais pas l'orateur à la tribune."

    En début d'après-midi, les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devaient présenter leurs premières remarques sur le processus électoral. Les leaders de l'opposition, eux, sont soit sous les verrous, soit dans une semi-clandestinité.


    Piotr Smolar


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