Bruxelles annonce l’imminence de négociations pour un nouvel accord

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 28 Juin 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    L’été s’annoncerai-t-il chaud entre l’Union Européenne et le Maroc ? Au moment où le Maroc annonce le prolongement de l’arrêt de l’activité de la pêche poulpière , l’agence EUROPE, se référant à des sources concordantes de la commission et du Conseil européens, confirme la reprise des négociations entre Rabat et Bruxelles pour un nouvelle accord de pêche.

    Si la source ne donne aucune indication sur le contenu de l’éventuel nouveau protocole de pêche entre le Maroc et l’UE, elle précise toutefois, que « le dossier est actuellement examiné par les groupes du Conseil et des experts des Etats membres ».

    L’information ne serait pas pour surprendre.

    Le magazine en line « Agroline » faisait état de la question depuis un mois déjà.

    Dans un numéro en date du 25 mai dernier, le journal rapportait que suite à une série de consultations techniques entre experts marocains et communautaires, Rabat et Bruxelles seraient sur le point de négocier incessamment un nouvel accord de pêche. Selon « Agroline », « l’Exécutif européen [avait demandé] demandé au Conseil des ministres de l’UE un mandat pour entamer des négociations en ce sens avec le Maroc,[...] et les Etats membres de l’UE, intéressés par [cette manne] étaient invités à communiquer leurs attentes et leurs conditions en ce qui concerne les contours du nouvel accord. Se référant à « plusieurs observateurs », le journal précise que le Maroc « aurait du mal à refuser un nouvel accord vu l’état de ses finances publiques ».

    Reste à savoir sous quelles conditions sera signé ce nouveau protocole de pêche entre Rabat et Bruxelles. Puisque si l’on se réfère au ton, que ce soit de l’agence Europe ou de l’Agroline entre autres, un accord serait imminent et ne resterait qu’à savoir quelles conditions pourrait imposer le Maroc, que ce soit pour ce qui est de l’effort d’extraction ou du volume de la contrepartie compensatoire. `

    Côté marocain, c’est le black out total.

    Aucune réaction du département de tutelle ne filtre sur la question ni vient éclairer l’opinion publique. Même les professionnelles du secteur de la pêche ne savent, officiellement, rien sur le sujet. Et pourtant, si accord de pêche il devrait y avoir, et si des conditions devraient être établies pour sa conclusion, la contribution et la participation des gens du secteur à toute plate forme de négociations est primordiale.

    Ces derniers, par la voix de plusieurs de leurs représentants, ont réitéré à maintes occasions leur adhésion à toutes formes de partenariat avec l’UE en matière de pêche à condition que ça ne se limite pas tout simplement à une reconduction des accords de 1992-1995 ou de 1996-1999. Autrement dit un accord basé exclusivement sur le principe de l’extraction contre une compensation pécuniaire.

    Dans un entretien accordé récemment au quotidien Al Alam, le président de la FENIP, M. Hassan Sentissi, a réitéré l’approbation des professionnels pour la conclusion d’un nouvel accord avec l’Union Européenne à condition que le protocole respecte la préservation du stock halieutique marocain et sans qu’il touche aux pêcheries déjà menacées d’effondrement comme la crevette et les céphalopodes.

    Pour le président de la FENIP l’accès des flottes communautaires doit se faire sur des bases scientifiques établissant l’état des stocks de manière précise et conformément à des plan d’aménagement pour toutes les pêcheries concernées par un éventuel accord de pêche.

    Pour les gens de la profession, l’accès aux pêcheries marocaines pour les flotte de l’UE devrait se limiter aux pêcheries dites des eaux de fonds, mais doit être conditionné en contre partie par une aide communautaire à même de permettre au Maroc la modernisation de sa flotte et de son infrastructure de base en matière de pêche, et aussi par une participation européenne à la formation des équipages de pêche marocains et leur initiation aux méthodes et aux techniques de pêche moderne. Le président de la FENIP exige aussi que l’UE participe à la création au Maroc d’une industrie d’armement de la flotte de pêche et de chantier de construction et de réparation navales, entre autres.

    Si Bruxelles avait accepté les conditions marocaines lors des négociation entamées à l’expiration de l’accord de 1999, le commissaire européen à la pêche de l’époque, M. Fischler, n’aurait pas claqué la porte et renvoyé la conclusion deu protocole aux calendes grecques.

    Reste à savoir l’UE reviendrait à la table des négociation avec le même esprit qui avait prévalue chez M. Fischler et chez sa prédécesseur Mme Bonino. Dans ce il serait inutile de perdre du temps dans d’interminable rounds.

    Mais selon plusieurs observateurs, il ne serait plus question de renouvellement ou de prolongement de l’ancien accord de pêche UE/Maroc. En effet, depuis l’échec du renouvellement de l’accord de pêche UE/Maroc de 1996-1999 beaucoup de choses ont changé aussi bien en Europe qu’au Maroc : les flottes de pêche ont évolué des deux côtés, les ressources halieutiques ont diminué de manière drastique le long des côtes marocaines et la réforme de la politique commune de la pêche a déjà laissé des traces.


    Un accord donc de type « accord de partenariat” de “plus petit format” que les accords précédents ne concernant que les flottes communautaires composées de petits bateaux dont les capacités de capture préserveraient (espérons-le) les ressources au large des côtes marocaines serait le plus adéquat. L’accord servirait aussi au développement des entreprises locales et à la préservation des ressources.”



    Source: l'opinion
     

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