célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par geamsa, 13 Octobre 2006.

  1. geamsa

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    [​IMG]La plupart le sont faute d’avoir pu “se caser”. Mais certains ont fait le choix du célibat, pour privilégier leur carrière ou plus simplement parce que ça leur plaît. Et ils l’assument vaille que vaille, malgré l’énorme pression sociale. Zoom sur un nouveau phénomène de société, qui gagne du terrain tous les jours.


    Il est 19 heures. Une journée de travail vient de s'achever. En éteignant son ordinateur portable, Mustapha se pose une nouvelle fois la sempiternelle question : comment diable va-t-il meubler ce début de soirée ? La salle de sport ? Ce sera pour demain. Il n'a pas encore
    totalement récupéré de la soirée. Pas de resto ni de rencard bien intéressant à l'horizon. À moins de tenter quelques numéros dans le répertoire à rallonge de son téléphone mobile...

    Au bout de quelques minutes d'hésitation, il décide finalement de rentrer chez lui, de regagner son appart plutôt coquet, décoré avec goût et au confort un peu m'as-tu-vu, avec écran Plasma, chaîne Hi-Fi, frigo avec distributeur de glaçons et tout le toutim. Un ensemble tout droit sorti d'un catalogue Kitéa.

    Il se contentera peut-être de commander une pizza, de piocher dans la pile de DVD piratés qui trône sur la table basse, ou de zapper en attendant que Morphée vienne le taquiner. À moins que la sonnerie de son Nokia flambant neuf ne vienne le sortir de sa torpeur. Et de son ennui. Peut-être l'appel d'un copain ou d'une copine, avec un “blane” sympa à proposer. En tout cas, ce ne sera certainement pas Réda au bout du fil. Car depuis que son meilleur copain s'est marié, ils ne sont plus sur la même longueur d'onde. Mustapha a bien tenté, pendant quelques mois, d'entretenir sous perfusion cette longue amitié, dont le fil se dégradait inexorablement chaque jour un peu plus. Peine perdue. Il faut se rendre à l'évidence : Réda a définitivement changé de camp. “Il fait partie maintenant des futurs pères de famille, des gens respectables et responsables”, se moque-t-il. Avec d'autres préoccupations, d'autres envies, d'autres loisirs. Et, surtout, une flopée d'obligations. Et pendant un moment, Mustapha se dit que finalement, le célibat, ce n'est pas si mal que ça.

    Une espèce en voie de prolifération
    Et manifestement, Mustapha n'est pas le seul parmi les Marocains à le penser. Ce serait même, à en croire les statistiques (voir ci-contre), une espèce en voie de prolifération.

    Dans le tas, il y a bien évidemment une population dans l'impossibilité pratique de prendre époux ou épouse, principalement pour des raisons financières. Mais il y a également les autres, ces célibataires convaincus, qui ne vivent pas leur statut comme une punition, bien au contraire. Ceux et celles (certes moins nombreuses) qui, bien que considérés comme de bons partis, ont choisi de rester “zoufri” ou “zoufria” et de ne pas “se compliquer la vie en partageant celle d'un(e) autre”, pour reprendre l'expression de Mustapha.

    Cette catégorie de personnes a préféré, à ses risques et périls, s'écarter du schéma social “normalement” établi et de ne pas perpétuer le modèle de papa et maman. Un modèle qui institue le mariage non seulement comme un passage obligé, mais comme une étape structurelle de la vie d'un individu : on naît, on grandit, on se marie, on a des enfants et on vieillit... “La société marocaine vit de nombreuses mutations et la progression du célibat en fait incontestablement partie, fait remarquer le sociologue Mustapha Aboumalik, enseignant chercheur, auteur d'une étude sociologique sur le célibat. Ces mutations ne sont peut-être pas spectaculaires et ne se présentent pas comme des ruptures, poursuit-il, mais elles sont réelles et, surtout, irréversibles”.

    Et il faut convenir que, sur certains aspects au moins, le célibat a ses avantages, qui sont autant de motivations chez ces solistes de la vie. Certes, ces motivations sont aussi diverses que le sont les vécus des personnes concernées. Mais il existe cependant des dénominateurs communs dans le choix d'une existence au singulier. Et ce formidable sentiment de liberté n'est pas le moindre. “Être célibataire, c'est beaucoup d'avantages et peu de contraintes. C'est un statut qui offre un extraordinaire sentiment de liberté, qu'il est difficile d'atteindre autrement”, résume Farah, jolie directrice marketing de 36 ans.

    On la comprend. D'abord, en quittant le domicile parental, on découvre pour la première fois le plein sens du mot “indépendance”. Une énorme bouffée d'oxygène que l'on n'a pas forcément envie de perdre de sitôt, en remplaçant une “autorité” par une autre, fut-elle moins appuyée et moins puissante. C'est l'Amérique : plus personne pour vous dire ce qu'il faut faire de vos jours et de vos nuits, pour vous imposer des contraintes horaires ou porter un jugement sur vos fréquentations ou votre mode de vie. Pourquoi donc s'encombrer d'un nouveau package d'obligations et d'espaces de négociation, que ce soit pour le choix de la destination des vacances ou la fréquence des dîners chez belle-maman. “Je peux, sur un coup de tête, décider de passer la soirée à Marrakech, si cela me chante. Pensez-vous que ce soit possible pour un homme marié ?”, fait remarquer, avec une satisfaction non dissimulée, Karim, architecte de 42 ans.

    On peut aussi vouloir jouer au solitaire (dans la vie, pas sur son PC de bureau) après une première expérience de couple qui aurait tourné court. “Chat échaudé craint l'eau”, dit l'adage. Et un premier mariage mal vécu peut vacciner pour un temps contre l'envie de convoler en secondes noces. La situation est d'autant plus fréquente que, dans notre société, rien ne prépare réellement à la vie à deux. Le mariage à l'essai, comprendre concubinage ou union libre, n'étant pas encore dans nos m½urs, les jeunes mariés se jettent souvent à l'eau sans expérience ni mode d'emploi. On débarque avec les meilleures intentions du monde et des rêves plein la tête... pour se rendre rapidement compte que les choses ne sont pas si simples. Et que l'expression “ils vécurent heureux et eurent plein d'enfants” n'est qu'une figure de style, utile pour meubler la littérature enfantine. Résultat : l'augmentation du taux de divorce, surtout en milieu urbain, vient gonfler les rangs des célibataires. “Sal l’mjarrab, la tsal tbib (demande à celui qui a essayé, plutôt qu'au médecin). Je parle en connaissance de cause. J'ai connu le mariage et le célibat. Et je peux vous dire qu'entre les deux, il n'y a pas photo !”, confie Abderrahim, médecin de 40 ans.

    La carrière professionnelle, d'abord
    Au bureau aussi, il n'y a parfois pas photo, tant le célibat peut constituer un sérieux atout dans la vie professionnelle. En effet, l'absence de contraintes familiales rime avec davantage de disponibilité : vous avez forcément plus de temps pour travailler sur vos dossiers, puisque personne ne vous attend pour le dîner et que vous n'avez pas à endurer de remarques quand vous ramenez du travail à la maison. Résultat : cela ne peut que booster votre plan de carrière. “Je me rends bien compte que si j'étais père de famille, je n'aurais jamais grimpé les échelons aussi rapidement. C'est une question de disponibilité, mais aussi et surtout de priorités. Pour moi, c'est d'abord boulot, boulot, boulot...”, note Hassan, fringuant analyste financier. Même son de cloche chez Farah : “Au cours de ma carrière, j'ai travaillé dans des multinationales, où il fallait batailler jusqu'à 15 heures par jour pour faire sa place. Je voyage souvent et, à 30 ans, j'avais déjà toute une équipe à gérer. Je ne crois pas que tout cela soit compatible avec une vie de famille”.

    De là à penser que les célibataires n'ont pas de vie privée ou sentimentale, il y a un pas à ne surtout pas franchir. Bien au contraire. Car l'autre privilège du célibat, peut-être l'un des plus convaincants pour certains, c'est la possibilité de multiplier les rencontres et les relations. Comme le souligne le sociologue Jamal Khalil, “choisir le célibat, ce n'est pas exactement renoncer à la présence d'un partenaire. C'est également se donner la possibilité d'en avoir plusieurs”. Toujours est-il que le constat se conjugue essentiellement au masculin et dans un environnement propice à la mixité et à la promiscuité entre les deux sexes. “La chose est possible dans les grands centres urbains, où la relation entre homme et femme en dehors des liens du mariage est culturellement tolérée, même si elle reste religieusement bannie. Dans un tel contexte, le poids du besoin sexuel est de mieux en mieux géré et le statut de célibataire mieux assumé”, note le chercheur Mustapha Aboumalik. C'est ce qui explique d'ailleurs que l'espèce des célibataires par choix prolifère d'abord et surtout dans les grands centres urbains, dont Casablanca est l'exemple parfait.

    Pour autant, le “single” endurci n'est pas forcément le coureur invétéré qu'on croit, ce joyeux drille qui tire sur tout ce qui bouge, arborant sa liste de conquêtes comme des trophées de chasse. Il n'est pas contre les relations plus ou moins suivies. “Mais uniquement des relations limitées dans le temps et l'espace, sans véritable engagement, note le chercheur. Des relations où le concept même de cohabitation est écarté”. En clair, on a beau se voir fréquemment et partager sorties et autres plaisirs, c'est d'abord chacun chez soi. Car vivre ensemble, c'est souvent déjà faire un pas vers le mariage. Et là, stop ! “Entre rester célibataire en multipliant les aventures et se marier pour tromper sa femme à tour de bras, laquelle des deux situations est la plus irrationnelle, la plus illogique ?”, philosophe Karim.

    Le poids des regards, le choc de la pression
    Libres, épanouis et performants professionnellement... Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les célibataires convaincus ? Pas vraiment. Sans parler de la solitude parfois pesante, cette liberté tant chérie a inévitablement un prix. D'abord, il faut avoir les moyens de vivre en solo. Les nombreuses sorties, les plats livrés à domicile, les activités diverses pour occuper son temps libre... ça finit par chiffrer. En plus, vivre à deux ne signifie pas dépenser deux fois plus, mais au contraire réaliser d'importantes économies et, souvent, accéder à un niveau de vie supérieur. À condition, certes, que le principe de solidarité matérielle soit acquis. Ce qui n'est pas, concédons-le à nos amis célibataires, la règle absolue dans nos contrées.

    Ces derniers doivent également gérer la composition de leur cercle d'amitiés. En effet, si vous ne connaissez que des couples, difficile de les fréquenter sans avoir l'impression d'être de trop. Et inviter chaque fois une cavalière ou un cavalier différent vous vaudra rapidement l'exclusion… En vieillissant, cela risque de devenir de plus en plus problématique : vous vous retrouverez vite cerné par les mariés. Il vous restera à faire montre de solidarité et recruter parmi vos proches tous les autres célibataires. Et de toute manière, vu la conjoncture actuelle, le réservoir de secours que sont les divorcés n'est pas près de se tarir.

    Mais le challenge le plus difficile que vous aurez à relever sera la pression inouïe qu'exerce la société et le regard peu amène qu'elle pose sur vous. “Ah, cette maudite société !” s'exclameront quelques-uns. Elle commence par la famille, s'étend aux voisins du quartier, aux collègues de bureau, pour se terminer même au cercle d'amis. Car il a beau symboliser des valeurs fortes comme l'affirmation de soi et l'indépendance, nous sommes encore loin du jour où le célibata jouira d'une image positive.

    Et incontestablement, cette pression s'exerce davantage sur le sexe féminin. Ne dit-on pas d'un célibataire qu'il est libre, et d'une célibataire qu'elle est esseulée, voire vieille fille, “baïra”. Comme si, pour une femme, il n'y avait pas de salut hors de la vie conjugale ! Une croyance d'autant plus solidement ancrée qu'elle a accompagné, voire façonné, l'éducation de la fille marocaine. C'est ce qui explique d'ailleurs que dans la tribu des célibataires endurcis, le quota des femmes est loin de la parité. Et aussi le fait que la plupart soient d'un haut niveau d'instruction et appartiennent à une certaine catégorie socioprofessionnelle plutôt élevée. “Une femme qui a réussi a plus de chances et de moyens d'assumer son statut de célibataire. L'indépendance à l'égard de la famille et la réussite professionnelle et financière imposent respect et compréhension, pour ne pas dire complaisance, dans le regard de l'autre”, explique Mustapha Aboumalik.

    L'horloge biologique, qui tourne, qui tourne
    Il ne faut pas non plus oublier une autre contrainte, d'ordre biologique celle-là. Nous parlons de l'envie de maternité, ce besoin pressant qui sommeille sans doute en chacune d'entre elles. Et en attendant la possibilité de “faire un enfant toute seule”, la maternité restera, avec cette horloge biologique qui tourne, un facteur déterminant et une motivation implacable, poussant les Marocaines vers les Adouls.

    “À la limite, je peux me mettre avec quelqu'un sans ressentir de l'amour pour lui. Car mon souhait le plus urgent est d'avoir un enfant, quitte à divorcer quelques années après”, soupire Zineb, médecin de 38 ans, qui ajoute : “Notre souci entre ‘vieilles filles’, c'est le pronostic ovaire. Nous parlons constamment de notre fertilité qui diminue”. Même son de cloche chez Farah : “Si je ne me marie pas, je penserai à l'adoption. Parfois, ma mère est tellement désespérée qu'elle me demande de chercher quelqu'un, juste pour avoir un enfant et le larguer ensuite”.

    C'est certainement la raison pour laquelle les mères divorcées, ayant la garde de leurs enfants, vivent beaucoup mieux leur statut de célibataires. “C'est assez logique. Elles ont déjà résolu le problème de la procréation. Et, dans une société comme la nôtre, la vie a un sens avec les enfants” note ce chercheur.

    Débarrassée de tout compte à rebours de fertilité, la gent masculine encaisse cette pression avec davantage de nonchalance et de sérénité. La paternité, symbole de continuité et de transmission, est certes une mission imposée par la famille et la société. Mais le célibataire peut toujours se rassurer avec l'idée, parfois illusoire, de pouvoir toujours se rattraper par un mariage et un enfantement sur le tard.

    C'est plutôt le regard de l'entourage qui cause le plus de dégâts. La normalité étant dans le mariage, le solitaire est forcément “anormal” et son statut peut remettre en cause sa virilité, voire sa masculinité. “Parce que selon nos valeurs sociales, ne pas être marié, c'est ne pas atteindre pleinement son statut d'homme”, souligne Aboumalik.

    Mais rassurez-vous, chers célibataires, tout le monde ne vous déteste pas. Ne serait-ce que parce que vous êtes de formidables consommateurs, aux portefeuilles bien garnis et aux pulsions d'achat toujours vivaces. Car vous êtes des clients tout désignés pour les banques et leurs crédits revolving, les agents immobiliers et leurs studios tout équipés, les concessionnaires automobiles et leurs cabriolets deux places, les opérateurs téléphoniques et leurs forfaits illimités, les fast-food et leurs menus maxi, les marques de cosmétiques et leur crèmes miracle, les centres de remise en forme et leur programme minceur, les chirurgiens esthétiques et leur Botox, les agences de voyage et leurs circuits spécial “Singles”, les boîtes de nuit et leurs tables d'habitués...

    Et peut-être qu'après avoir consommé, acheté, voyagé, rajeuni, embelli, vous trouverez finalement chaussure à votre pied. Parce que, sérieusement, vous croyiez pouvoir, au Maroc, échapper au mariage ?



    [Voir les chiffres]



    Dans la tête d’un célibataire…

    Voilà. Je viens de fêter mes 35 ans et je ne pense toujours pas à me caser. Et alors ? Pourquoi devrais-je le faire ? Pour partager la vie d'une femme ? Désolé, mais pour le moment, je préfère partager des moments sympa avec plusieurs. Pour faire plaisir à Maman ? Ou plutôt à sa s½ur, qui veut absolument me fourguer sa petite dernière ? Non, merci. Quoique, elle est pas mal la petite…
    Il paraît que j'appartiens à une espèce un peu bizarre. La preuve : chaque fois que je dévoile mon “état civil”, mon interlocuteur me scrute avec ce regard étrange (vous savez, avec les yeux plissés et les sourcils froncés) qui cache à peine ce qu'il veut dire : “C'est curieux qu'il ne soit pas marié à cet âge. Il est peut-être homo, ou bien il doit avoir des problèmes. Oui c'est ça, un problème honteux !”.
    Mais bon, si je me mets à faire attention à tout ce qu'on dit de moi, je ne suis pas sorti de l'auberge. En parlant de sorties et d'auberges, honnêtement, j'aime bien. Rien que pour cela, cela vaut la peine de vivre seul. D'ailleurs, à y voir de plus près, l'expression est totalement erronée. Personnellement, je suis rarement seul. Et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, les célibataires, comme certains poissons, ça se déplace en banc. Ou plus exactement en bande. Les mauvaises langues et autres psys refoulés disent que c'est pour “compenser l'absence d'une véritable famille” que nous fabriquons “une famille de substitution”. N'importe quoi ! Non, mais t'as vu la gueule de la famille ? Moi, je ne l'aurais pas fabriquée comme ça. Heureusement, elle est à géométrie variable : y en a qui partent et d'autres qui reviennent. Les premiers pour se marier, les seconds après le divorce. Moi, je suis toujours là, fidèle au poste. Le gardien du temple, quoi.
    Et honnêtement, je n'ai pas à me plaindre. Je suis bien dans ma peau, que je soigne d'ailleurs. Ben oui, faut quand même pas se laisser aller. Pour profiter de la vie, c'est mieux d'être en bonne santé. Tiens, il faudrait que je pense à changer de salle de sports. J'y suis depuis trop longtemps et y en a une mixte qui vient d'ouvrir. C'est cher, mais je m'en fous. De toute façon, j'y vais pas pour le fitness ou la muscu, mais plutôt pour mon sport favori : la séduction. Mais attendez, ne me prenez pas pour un vulgaire coureur. C'est vraiment trop réducteur. Moi aussi j'ai des sentiments. C'est juste qu'ils sont super bien planqués. Et qui sait. Peut-être qu'un jour, une femme saura les faire remonter à la surface. En attendant, j'ai tout mon temps…


    … et d’une célibataire

    J’ai dépassé les 32 ans et je suis encore célibataire. Oui, encore ! Comprenez que cela me pèse un peu, même si, en vérité, je le vis plutôt bien. J'ai fait un choix : celui d'aller aussi loin que possible dans mes études et de m'investir dans ma vie professionnelle. Et je ne le regrette pas. J'avoue que je ne pourrais plus voir ma vie sans mon job. C'est une partie de moi. Ma réussite, je l'ai méritée. Mais à quel prix ? Celui d'une solitude affective. Pourtant, je ne suis pas difficile à vivre, même si je ne ressemble ni à ma mère ni aux femmes de sa génération.
    Ce que je cherche, c'est un homme qui sache me respecter, que ma réussite ne dérange pas et qui soit prêt à participer à la gestion du foyer et à l'éducation des enfants, si enfants il y a.
    Je ne demande pas la lune. Et pourtant, je ne l'ai toujours pas trouvée, cette perle rare ! Et ce n'est pas faute d'avoir cherché. Je sors souvent et je pianote de temps à autre dans les sites de rencontres, mais rien n'y fait : soit ils sont lourds et veulent m'écraser, soit ils sont mièvres et prennent la fuite. L'homme marocain ne jure que par sa mère. Difficile de lutter contre une femme qui est prête à tout sacrifier pour lui sans rien obtenir en retour. Et pourtant, ils rêvent de filles comme moi : libres dans leurs têtes. Dans la réalité, ils n'assument pas. J'approche la quarantaine, toujours sans mari, ni enfants. Mon entourage me fait carrément du harcèlement : “Alors, ce mariage, c'est pour quand ?”. Je commence à faire le deuil d'une hypothétique grossesse. Se marier avec n'importe qui ? Juste pour avoir un enfant ? Je ne sais pas… Pour le moment, je construis mon indépendance : appart en leasing, voiture à crédit… pas besoin d'un homme pour vivre. Je prends soin de moi. On s'éclate entre copines. Célibataires bien évidemment ! Nos amies mariées sont trop prises par leurs gamins (mari y compris). Et puis, entre nous, j'en ai marre d'écouter leurs histoires de couple tout le temps. Je me sens exclue d'office. Parler de sexe ? Non, SVP, zappez cette question ! Je ne pourrai pas vous répondre franchement. La virginité est un sujet tabou pour moi. Je vous fais une confidence. Beaucoup de mes copines ont des relations sexuelles, même si elles ne me l'ont jamais dit. En revanche, je peux vous dire que je m'entraîne déjà à faire la maman avec mes neveux et mes nièces. Juste au cas où…



    Témoignages.

    Ashraf, 31 ans, chef de vente
    J'aimerais bien rencontrer une personne qui sorte de l'ordinaire, qui aime vraiment faire la fête. Malheureusement, cet amour des sorties, certaines filles l'affichent uniquement en façade. Ce n'est pas leur nature. Une fois que tu t'engages avec elles, elles changent et deviennent casanières. Je cherche aussi à garder mon indépendance au sein du couple, à sortir avec mes amis si je veux, à avoir une marge pour moi tout seul. Ma femme peut aussi faire comme moi. Je ne lui interdirai pas de sortir avec des amis hommes, tant que la confiance est là. Curieusement, ce sont mes amis qui me parlent le plus souvent de mariage. Mes parents sont plutôt cool sur cette question. Mais je m'en fous. Je préfère rester seul que d'être marié à n'importe qui. Je ne cherche pas le grand amour, il n'existe pas. Je peux très bien trouver ce que je veux parce que j'ai des exemples dans mon entourage. Je sors souvent avec des amis mariés, femmes et hommes, qui ont gardé cette attirance envers les sorties. C'est cela qui casse la routine. Ma tante est mariée à un homme très sympa et ils sortent ensemble même après 12 ans de mariage.

    Bouchra, 32 ans , artiste
    J'ai un boulot passionnant et une famille adorable. Le célibat pour moi n'est pas un choix, mais une habitude. Je n'ai pas rencontré l'homme qu'il me faut. Je suis sortie avec des hommes assez mûrs pour la plupart, mais sans qu'il y ait d'engagement à la fin à cause de certaines incompatibilités : différence d'âge, de caractère, de niveau social, etc. Je me fais une raison. Je me donne, théoriquement, jusqu'à 40 ans pour trouver vraiment quelqu'un. En attendant, je cherche… J'ai eu quelques expériences via Internet. Il y a toujours un sentiment de frustration en face d'une personne que tu ne connais pas physiquement et puis, tu ne peux pas savoir si tu es en face d'un mec normal ou d'un déséquilibré mental. Je ne demande jamais à mes amis de me faire rencontrer du monde. Cela ne m'intéresse pas. ça prendra le temps que ça prendra. Je n'arrête pas de vivre en attendant qu' « il vienne ». Sinon, Il est toujours difficile de savoir si la personne vous aime pour ce que vous êtes ou pour autre chose. C'est très compliqué. En fait, on recherche beaucoup plus la concordance.

    Zineb, médecin, 38 ans
    Le célibat ? Disons que je m'y habitue, même si par moments, je le vis assez mal, surtout dans les réceptions et les rentrées scolaires. Ou le soir dans mon lit quand je suis seule aussi. On nous apprend dès notre jeune âge à vivre par rapport à ce que disent les autres. Tu te compares tout le temps et tu essaies de trouver ton bonheur dans le regard de l'autre. A mon âge, les mecs demandent généralement aux nanas leur situation financière, si elles sont en location ou si elles ont leur propre logement. C'est une relation très matérialiste et cela me chagrine qu'il n'y ait plus le côté romantique qui m'a bercée dans ma jeunesse. J'ai récemment eu une relation qui a duré six mois. Mais dans ma tête, c'est comme si je suis restée avec ce mec six ans. Je vis encore dans cette relation et j'ai tendance à faire des comparaisons. Mon souhait est de faire un enfant, quitte à divorcer quelques années après. L'important est de concevoir ce gamin dans le halal. Je suis sûre que si on permettait aux femmes de faire des enfants en dehors de l'institution du mariage, aucune ne voudrait se marier.

    Karim, 42 ans, architecte
    À la limite, le célibat me paraît quelque chose de plus naturel que le mariage, et pas seulement pour une question de liberté. Vivre avec quelqu'un revient à accepter un certain nombre de compromis, à être encore moins maître de son destin. Et je n'ai pas de réel problème avec la solitude. Je sors avec quelqu'un depuis quelques mois et les choses se passent plutôt bien, certainement mieux encore que si on vivait ensemble. Par expérience, c'est là que les problèmes commencent : les femmes ont une tendance naturelle à vouloir s'installer, à chercher une certaine stabilité. Ce mot me fait horreur, parce qu'il est vide de sens : rien n'est jamais stable dans la vie !
    Avoir un enfant, ce n'est pas une obsession pour moi. Je goûte à certaines joies de la paternité grâce mes neveux. Mais il m'arrive de me projeter, avec une certaine angoisse, dix ou vingt ans en avant. Je suis conscient que ce ne sera pas facile. Mais c'est un choix à faire. Se marier, c'est hypothéquer le présent pour l'avenir. Disons que j'ai choisi de faire l'inverse.



    Les mots pour le dire. Lexique du parfait zoufri

    Pritch. (ou pertouche). La garçonnière, l'appart de célibataire, choisi, aménagé et décoré pour servir de “salle d'opération” idéale. En clair, c'est le lieu de rencontre du couple de célibataires. Au besoin, son propriétaire ou locataire est prié de bien vouloir dépanner ses confrères célibataires SPF (sans pritch fixe).
    Blane. Du français “Plan”. Initialement utilisé pour qualifier le programme de la soirée, il s'est ensuite recentré sur l'objet même de la soirée : le rendez-vous galant, voire la conquête féminine potentielle. Le terme est essentiellement adopté par la gent masculine.
    Zoufri. Le mot signifie célibataire et trouve son origine dans le mot “ouvrier”, en référence aux premiers immigrants marocains en France. Ces derniers vivaient entre hommes, dans des baraquements spécialement aménagés. L'expression décrit un homme en âge de se marier, mais qui persiste, pour différentes raisons, à ne pas prendre épouse. Le mot est transposable au féminin et existe dans une version soft : “âzri”.
    Double réservation.
    Retenez bien ce terme, car il vous sera nécessaire pour prendre une chambre d'hôtel en compagnie de votre amoureux(se) illégitime. Mode d'emploi : tendez au réceptionniste deux CIN et prononcez le mot magique. Celui-ci s'arrangera pour vous dénicher deux chambres voisines.
    Dans ces conditions, passer des vacances en couple s'avère rapidement ruineux. Solution de rechange : la location d'appart à la journée.
    Khatem. L'alliance, signe de reconnaissance des ex-célibataires. Et, par extension, un indice, nécessaire mais non suffisant, pour reconnaître un ou une célibataire. Car aujourd'hui, les deux groupes semblent s'être entendus pour brouiller les pistes : alors que des maris (et parfois épouses) omettent de porter leur alliance, certains célibataires persistent à en orner leur doigt. Il paraît que cela attire davantage qu'un annulaire nu.
    Baïra. Vieille fille, ayant dépassé l'âge de péremption et désormais quasi impossible à marier. Le mot provient directement du jargon paysan marocain, décrivant une terre non fertile, impossible à labourer.
    Sandwich. C'est l'aliment-symbole du célibataire. En effet, il est entendu que ce dernier ne sait pas cuisiner, ou bien n'en a ni le temps ni l'envie. Pourquoi le sandwich ? Parce que c'est rapide à préparer, disponible à n'importe quelle heure et facile à consommer sans assiette ni couverts et surtout dans n'importe quel endroit ou condition. Les variantes, hamburger, pizza à emporter, panini et chawarma sont également acceptées.



    Plus loin.
    Nous sommes tous des futurs mariés

    Samir Achehbar

    Célibataires et heureux de l'être. Je ne demande qu'à le croire. Mais permettez-moi d'en douter et de passer de l'autre côté de la barrière, pour poser une question bête : “Y a-t-il, chez nous, une vie hors du mariage ?”
    Pour ces dames, la cause est entendue : le mariage et la maternité sont deux étapes cardinales dans la vie d'une femme. Ce n'est pas inscrit dans les chromosomes XY, mais dans l'éducation et l'environnement culturel des jeunes Marocaines, abreuvées de feuilletons égyptiens, de novelas brésiliennes et des “Top models” et consorts. Même leurs icônes cathodiques, de Bridget Jones à Ally Mac Beal, en passant par le quatuor de Sex and the City, sont des célibataires qui n'ont qu'une idée en tête : ne pas le rester ! Posez donc la question aux plus endurcies d'entre elles. Elles vous répondront qu'elles gardent toujours, au fond de leur c½ur, un infime espoir de se faire passer la bague au doigt.
    Du côté des messieurs, les choses sont à peine différentes. Certes, le célibataire “heureux” peut croquer la vie à pleines dents et profiter pleinement de sa liberté. Mais il sait que celle-ci n'est que provisoire et que tôt ou tard, le glas finira par sonner. Et pour lui aussi, l'idée du mariage n'est jamais totalement écartée.
    Au final, pour l'une comme pour l'autre, le mariage est une fatalité. Ne serait-ce que parce ce que notre société n'accepte, aujourd'hui, aucun modèle alternatif. Alors, à tous ceux qui ont choisi de se poser en résistants ou en marginaux, nous disons : chapeau bas !

    telquel(n°241)
     
  2. sophie22

    sophie22 MOUHAMMED KHAYRO LKHAL9

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    Re : célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

    hay hay hay hay hadchi kolo n9rawah oho oho oho

    celibataire w bikhir mais po pr tjr hadi verité mayamkanch nakroha
    ;-)
     
  3. benguerir

    benguerir Accro

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    Re : célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

    awah yallah banet liya casawia dazet men 8na seddat had topic

    drabti dwayra o postitih marra khra ?? kat qallab 3la chi avertissement lol [22h] [58v]
     
  4. sophie22

    sophie22 MOUHAMMED KHAYRO LKHAL9

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    Re : célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

    ahh albacha wlah mais hsabni casawia tnadam m3aha l7al wkhalato  [22h]
     
  5. 3oudayss

    3oudayss Visiteur

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    Re : célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

    l7aja lmaziana hwa lwa7ed ib9a ibadal lbnat b7al li kibadel ett9acher!! [22h]

    hadi dertha ri bach nprovoké les filles...
     
  6. mr.critic

    mr.critic Visiteur

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    Re : célibataires w bikhhiiiiiiirrrrr.....

    wa3la copier coller 9eddaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaach [22h]
     

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