Céréales/Importations: Bagarre autour du transit portuaire

Discussion dans 'Info du bled' créé par @@@, 7 Décembre 2009.

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    · Les professionnels soumis au passage obligatoire par les silos

    · La tarification s’inscrit en hausse de 60%

    · Plusieurs bateaux en attente et les surestaries s’accumulent


    Le torchon brûle entre la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL) et l’Agence nationale des ports. En cause, une décision de l’autorité portuaire en date du 1er octobre 2009 et dont L’Economiste détient copie.
    «Cette mesure consacre tout simplement le monopole de Mass céréa-les Al Maghreb», dénonce la profession.
    Dans le sens où elle impose aux navires le passage obligatoire des navires céréa-liers par les silos, est-il expliqué. «Les navires céréaliers, autres que mixtes, fréquentant le port de Casablanca, sont traités exclusivement dans les installations spécialisées, dédiées au trafic des céréales», dispose l’article II de la décision de l’ANP.
    Une dérogation est faite toutefois aux navires appelés à effectuer des opérations d’allègement pour atteindre les tirants d’eau admissibles au niveau du terminal auquel ils sont destinés. Mais une fois le niveau atteint, le navire concerné doit terminer le déchargement dans les silos.
    En clair, le passage par les quais outillés pour le déchargement des céréales est donc prohibé. Néanmoins, «l’autorité portuaire pourra à titre exceptionnel autoriser le traitement des navires céréaliers dans des conditions autres que celles arrêtées par la décision». Cela relève donc du pouvoir discrétionnaire des agents de l’ANP.

    Réagissant à cette décision, la profession «constate d’abord avec regret le fait de n’avoir pas été consultée». Or, l’Agence nationale des ports a pris l’engagement de ne prendre aucune décision sans concertation préalable avec les opérateurs concernés, rappelle la FNCL.
    Surtout que la nouvelle décision de l’ANP ne règle en rien la question cruciale de l’accès aux quais en cas de congestion des silos. Selon la profession, «cet accès doit être autorisé sur la base de critères objectifs et définis à l’avance et non pas à titre exceptionnel». Surtout pas au vu de critères laissés à la seule appréciation de l’agent de l’ANP, souligne une correspondance de la FNCL adressée à l’autorité portuaire le 20 octobre dernier.
    Le même courrier invitait l’ANP à organiser une réunion avec les professionnels pour aplanir toutes les difficultés qui pourraient surgir dans l’exécution des nouvelles règles de traitement des céréales. «Courrier, resté sans réponse», déplore la profession.
    Le 30 novembre, la FNCL récidive par un autre courrier. Mais cette fois, c’est pour sommer l’ANP d’assumer ses responsabilités quant au préjudice subi du fait des attentes des bateaux et des surestaries qui en résultent.


    Tarifs à la hausse


    Selon la profession, 5 navires étaient en postes de déchargement vendredi dernier et autant en rade. Alors que 3 navires doivent arriver au port de Casablanca dans les deux jours qui suivent.
    Mais le compteur des surestaries a commencé à tourner il y a plus d’une semaine, est-il indiqué. Elles sont de l’ordre de 18.000 dollars par jour et par bateaux. Et la situation va en s’aggravant. Car il resterait quelque 260.000 tonnes à importer d’ici la fin de l’année.

    Encore faut-il signaler qu’il s’agit de petits bateaux. Ceci, sans oublier que cette année les importations des céréales ont été drastiquement réduites. En raison bien évidemment de la campagne céréalière record que le Maroc a enregistrée en 2008/2009.
    De fait, les importations ont concerné essentiellement le blé dur et le maïs ainsi que l’apurement des contingents prévus dans le cadre des accords de libre-échange conclus avec l’UE et les Etats-Unis. Le volume à réaliser dans ce cadre est d’environ 300.000 tonnes. «Face à cette situation, la tendance à la congestion ne fera qu’empirer», souligne la profession.

    Par ailleurs, la décision de l’ANP a fixé aussi les tarifs plafonds autorisés pour la manutention et le magasinage des céréales transitant par les silos. Pour la manutention, le tarif est de 42,50 DH/tonne quand la marchandise est évacuée du port pendant le déchargement du navire. Il s’élève à 58,50 DH/tonnes, une fois la marchandise sortie du silo.
    La différenciation entre les deux tarifs vise à encourager les opérateurs à évacuer leur marchandise directement à partir du bateau. Opération que les importateurs jugent difficile à réaliser compte tenu des difficultés d’accès et de circulation dans le port. De même que la réception chez les minotiers ne se fait que le jour. Ajouter aussi la situation du parc camion qui ne peut suivre la cadence de déchargement même d’un seul bateau de 35.000 tonnes.


    Quoi qu’il en soit, ces niveaux de tarification sont jugés exorbitants par la profession. «De fait, ces tarifs s’inscrivent en hausse de plus de 60%», précise la FNCL. Ils ne peuvent en aucun cas être compensés par un traitement plus rapide des navires étant donné que le nombre de postes dédiés aux céréales a été fortement réduit.
    «Cela se traduirait inéluctablement par des attentes plus longues», prévient la profession. C’est pourquoi elle insiste sur l’ouverture d’une concertation pour trouver l’issue à même de sauvegarder les intérêts des divers partenaires.
    Surtout que tout renchérissement des coûts sera immanquablement répercuté sur le produit. A l’heure où nous mettions sous presse, la FNCL a été conviée, vendredi après-midi, à une réunion dans le port de Casablanca.





    http://www.leconomiste.com/
     

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