Campagne de Sarkozy : quatre Libyens prêts à témoigner

Discussion dans 'Info du monde' créé par RedEye, 5 Juin 2013.

  1. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    Quatre ex-proches du dictateur libyen, Mouammar Kadhafi sont, selon une enquête du "Monde" daté du mercredi 5 mai, prêts à témoigner devant les juges français chargés de l'information judiciaire sur le financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy.

    Le quotidien révèle que l'avocat historique du régime de Mouammar Kadhafi en France, Me Marcel Ceccaldi, a discrètement pris contact fin avril avec Serge Tournaire et René Grouman, les deux juges chargés de l'enquête portant sur l'éventuel financement occulte de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par l'ancien dictateur libyen. Une information judiciaire ouverte après les accusations de l'intermédiaire Ziad Takiedine, renforcées par celles proférées en mars 2011 par Saïf Al-Islam, l'un des fils du "Guide" libyen.

    Me Ceccaldi, qui fut le conseil de Ziad Takiedine, propose, selon "Le Monde", aux magistrats de faire témoigner quatre anciens dignitaires du régime libyen qui auraient eu connaissance des flux financiers suspects, susceptibles d'avoir notamment bénéficié à des politiques français : l'ex-directeur de cabinet de Kadhafi, Bachir Saleh, homme-clé des relations franco-lybiennes, exfiltré de France par l'entourage de Nicolas Sarkozy (l'ex-patron de la DCRI, Bernard Squarcini, notamment) juste avant sa défaite à la présidentielle ; un ancien conseiller du dictateur, Abdallah Mansour, réfugié au Niger ; le général Abdelhafid Massoud, haut responsable de l'armée de Kadhafi, parti en Algérie et Sabri Shadi, ex-patron de l'aviation civile libyenne, qui vivrait au Liban.

    Ces témoins-clés des actions du régime Kadhafi exigent toutefois de témoigner avec le statut de témoin "sous X", leur permettant de faire leur déposition anonymement, mais surtout à distance, et que la France n'exécute pas "la notice rouge" d'Interpol - mandat d'arrêt international - les concernant.

    50 millions d'euros
    Selon Me Marcel Ceccaldi, une somme de 50 millions d'euros aurait été remise par le biais d'un proche de Kadhafi, en 2006, à un émissaire de Nicolas Sarkozy. Homme-clé de l'affaire, Bachir Saleh, tantôt considéré comme le confident du "Guide" libyen, tantôt comme son larbin, connaissait très probablement une partie des secrets financiers du régime. Celui qu'on appelait "le Noir de Kadhafi" dans les capitales africaines dirigeait en effet l'un des plus riches fonds souverains d'Afrique, le Libyan Africa Investment Portfolio (LAP) depuis 2006. Bras financier du colonel Kadhafi, ce fonds, un trésor estimé à 6 à 8 milliards de dollars, était son principal outil d'influence en Afrique, finançant notamment des groupes rebelles ou les campagnes de dirigeants africains.

    Depuis 2003, cet ancien instituteur qui parle couramment français a multiplié les contacts avec la France. D'abord avec Maurice Gourdault-Montagne, le sherpa de Jacques Chirac, puis, à partir de 2007, avec l'entourage de Nicolas Sarkozy (il se présente lui-même comme un "ami de Claude Guéant"). Réfugié quelques temps en Tunisie chez l'ancien ambassadeur de France Boris Boillon après la chute du régime libyen, Bachir Saleh est ensuite aperçu à plusieurs reprises en France, jusqu'en mai 2012, lorsqu'il est finalement exfiltré de la France, 72 heures avant la défaite de l'ancien président français, dans son intérêt et probablement aussi dans celui de la sarkozye. Aujourd'hui, seuls ses avocats savent où le joindre.

    Reste, pointe "Le Monde", que l'on ne connaît pas encore la teneur des informations dont dispose réellement le dignitaire. "S'il connaissait tant de choses, il serait déjà mort", lâche, cynique, un proche de Nicolas Sarkozy interrogé par le quotidien.


    Les cassettes audio de Kadhafi
    Dans la même affaire, le journal révèle que les services secrets français sont par ailleurs sur la trace d'un lot de cassettes audio des conversations de Kadhafi avec ses visiteurs étrangers. 70 cartons de cassettes audio qui auraient été récupérés par des anti-kadhafistes de Benghazi et protégés par Mohamed Albichari, le fils de l'ancien patron des services secrets libyens. Lequel a, selon "Le Monde", contacté l'ex-député européen (PRG) Michel Scarbonchi - spécialiste des dossiers africains et colistier de... François Hollande aux européennes de 1999 - et rencontré, par son intermédiaire, l'ex-patron de la DCRI, le sarkozyste Bernard Squarcini.

    Ce dernier obtient un échantillon audio des cassettes, décrypté et authentifié par la DGSE, mais, alors que des négociations sont en cours avec les renseignements extérieurs pour récupérer les fameux cartons, la situation change brusquement. "On a été trahis", lance Mohamed Albichari lors d'un appel à Michel Scarbonchi, avant de décéder, en avril 2012, d'une crise de diabète à 37 ans. Au même moment, le corps sans vie d'un autre informateur, Choukri Ghanem, l'ex-ministre libyen du pétrole, est repêché dans le Danube, à Vienne. Depuis, rapporte "Le Monde", tous les services secrets internationaux sont à la recherche des précieuses cassettes du leader libyen.



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