Cancer du poumon : une bronche artificielle pour éviter l'ablation

Discussion dans 'Santé & Beauté' créé par jijirose, 4 Mars 2011.

  1. jijirose

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    "C'est magique ! Une surprise absolue !" Le Pr Carpentier, très célèbre chirurgien cardiaque qui a mis au point des bioprothèses valvulaires cardiaques et qui travaille activement à la fabrication d'un coeur artificiel implantable, n'a pas de mots assez forts pour caractériser les résultats obtenus par l'équipe du Pr Emmanuel Martinod (chirurgie thoracique et vasculaire, pôle hémato-onco-thorax) à l'hôpital Avicenne de Bobigny (AP-HP). Car avant de réaliser la première mondiale sur un patient, il y a près d'un an et demi, elle s'est entraînée pendant dix ans dans son laboratoire de recherche biochirurgicale.

    Ce n'est pas tant la réussite opératoire chez cet homme de 78 ans qui réjouit tous les acteurs de ce succès mais les conséquences pour l'avenir. "En pratique, dans le cancer du poumon, si la tumeur est périphérique, on enlève le lobe touché", a rappelé le Pr Martinod. L'opération est peu risquée (2 % de décès à 90 jours), mais elle ne peut être réalisée que dans de rares cas. "En revanche, quand la tumeur est centrale, il faut enlever le poumon. Une intervention bien plus risquée (jusqu'à 26 % de décès à 90 jours), surtout chez les patients âgés, lorsque la maladie touche le poumon droit et après une chimiothérapie et une radiothérapie."

    La fonction crée l'organe

    Le premier homme à bénéficier de la greffe de bronche présentait tous ces facteurs de risque. Parfaitement informé de la situation, il a donc accepté une opération sans laquelle il ne serait sans doute plus en vie, ont précisé les médecins, qui le suivent de très près depuis ce jour, le 28 octobre 2009 précisément. Et qui sont surtout aussi étonnés que ravis de découvrir l'évolution du greffon mis en place pour "resolidariser" la partie du poumon inférieure du poumon restante - et saine - à la bronche primaire (centrale).

    En pratique, les chirurgiens ont utilisé un greffon aortique cryoconservé - disponible en "banque" pour la chirurgie vasculaire et qui ne possède plus de cellules susceptibles de provoquer un rejet - et y ont placé un tuteur, un "stent", sorte de ressort métallique fabriqué sur mesure pour le patient, afin de le rendre rigide. Et, à leur grande surprise, ils ont découvert que ce greffon était recolonisé par les cellules de l'épithélium. Sa surface intérieure a donc été progressivement recouverte de cellules sécrétant du mucus et de cellules ciliées (qui permettent de retenir puis d'évacuer les particules inhalées), comme une bronche "normale". Plus formidable encore, les médecins assistent à la formation progressive de cartilage, comme il en existe naturellement dans les bronches pour les rigidifier. Comme si la fonction faisait l'organe.

    L'équipe de Bobigny a reçu l'autorisation de commencer une expérimentation sur 20 à 30 patients. "Nous pensons avoir trouvé la matrice idéale, explique Emmanuel Martinod, mais il faut rester très prudent." Néanmoins, il estime que, si les résultats sont positifs, environ 200 à 300 personnes par an pourraient bénéficier de cette intervention, parmi les 1 000 à 2 000 malades souffrant d'un cancer du poumon qui nécessite une ablation. Les chercheurs pensent aussi que l'étude de cette régénération tissulaire pourrait ouvrir la voie à des avancées dans bien des domaines de la médecine, sans donner trop de précisions, de peur de susciter de faux espoirs. Car il est vrai que les attentes en la matière sont fortes.



    http://www.lepoint.fr/sante/cancer-...r-eviter-l-ablation-03-03-2011-1302395_40.php
     

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