Canicule: Gros dégâts dans le Souss

Discussion dans 'Info du bled' créé par @@@, 17 Août 2009.

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    · Les élevages avicoles et apicoles sérieusement touchés

    · Abandon de cultures suite à l’effrondement des prix


    Durant la deuxième quinzaine de juillet, la région Souss-Massa-Draâ a connu une grosse vague de chaleur. La canicule a atteint des pics de température inhabituels qui ont dépassé les 50°C.

    Dans cet état de choses, il est légitime de se poser des questions par rapport à la production agricole de la région du Souss, surtout en ce moment crucial à la veille du Ramadan. Lors d’un déplacement à Taroudant et région, la vue d’un champ de pastèques, d’une superficie de dix hectares, complètement ravagé, a soulevé la question: Est-ce l’effet de la canicule? Pas forcément, indique un responsable à l’ORMVA. Il explique: devant la chute vertigineuse enregistrée par le prix des pastèques, 0,40 DH le kilo chez les grossistes, certains producteurs ont choisi délibérement de laisser leur champ à l’abandon. Le fait est qu’ils ne rentrent plus dans leurs frais et ne peuvent plus assurer ne serait-ce que le salaire des ouvriers qui procéderont à la cueillette.
    Pour ce qui est de la production de tomates, les dégâts sont très minimes. Pour la simple raison que, dans la région, le plus gros de la production se fait en décembre et janvier. C’est celle-là même qui est destinée à l’exportation et aussi au marché national. Le Souss n’a donc pas à s’inquiéter. Surtout qu’il est approvisionné en été par des régions telles Meknès, Béni Mellal…
    Pour ce qui est des autres cultures, le haricot vert par exemple, la conséquence de la chaleur est un changement dans la forme, et non dans la qualité. Ce qui fait qu’au lieu d’être exporté, ce produit sera dirigé vers le marché local. La floraison des agrumes précoces (navel et clémentine) a été aussi affectée.
    Les dégâts sur la plupart des cultures étant de cycles courts, les agriculteurs peuvent facilement se rattraper en effectuant de nouveaux plants. «Ce sont surtout les petits agriculteurs qui ont été touchés, soit par mauvaise gestion du débit d’eau ou par manque de conditions adéquates», précise ce responsable. Cependant, les feuilles des arbres fruitiers qui ont subi des brûlures à cause de l’exposition au soleil peuvent facilement se régénérer, dixit notre source à l’ORMVA.
    Par ailleurs, des pertes considérables ont été enregistrées dans les domaines des élevages avicoles et apicoles, secteurs fragiles et sensibles aux aléas climatiques exceptionnels. Par exemple, le mercure a atteint le dernier jour de juillet, dans la région d’Oulad Teima, 53°C!
    La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) a fait part d’importantes pertes enregistrées au niveau des élevages du poulet de chair, de reproducteurs et des poules pondeuses. Dans les provinces de Taroudant, Chtouka Aït Baha, Inezgane et Aït Melloul, les pourcentages de pertes varient de 9 à 40%. Le taux de mortalité le plus élevé concerne les exploitations non-équipées en matériel adéquat pour lutter contre la vague de chaleur: isolation, pad-cooling, brumatisation, ventilation… Une forte mortalité a aussi été enregistrée dans les points de vente à Taroudant. Celle-ci s’explique par le défaut d’aération et le sous-équipement de ces points. Une chute au niveau des performances zootechniques de production, important retard de croissance, a aussi été signalée.
    A quelques jours du mois de Ramadan, le prix de vente au départ des fermes a connu une hausse de 3,35 DH en moyenne. A cause des contraintes climatiques, les éleveurs ont procédé à la vente massive du poulet de chair, la demande en viande de volaille étant importante pendant la période estivale.
    Afin de redresser la situation, l’ORMVA /SMD, en collaboration avec la FISA, supervise le secteur par le biais de commissions locales tripartites, à savoir, Agriculture, Santé et Intérieur. Pour la surveillance des élevages avicoles, le dispositif de veille sanitaire a été renforcé. Il ressort du suivi de l’approvisionnement et des prix que la demande est plus importante que l’offre.
    Dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA), des subventions seront accordées aux aviculteurs pour l’achat de matériel d’amélioration des conditions d’élevage. La création d’incinérateurs au niveau des zones à fortes activités avicoles permettra aussi une meilleure gestion des déchets et cadavres pour un environnement plus saint.
    Pour ce qui est du secteur apicole, l’on signale, au niveau d’Oulad Teima, 30% de pertes. A Inezgane, une perte de 100 ruches sur 700 a été enregistrée. A Biougra, un apiculteur a perdu 200 ruches peuplées sur 800, soit 25% de sa production. Devant l’urgence de la situation, les apiculteurs ont effectué une transhumance vers les régions d’Anezi et Tighmi dans la province de Tiznit.

    http://www.leconomiste.com/

     

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