Ce qu’on n’ose pas dir sur les sujets tabous

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 18 Février 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Plus que le chômage, la montée de l'intégrisme ou la cadence des réformes, l'affaire du Sahara est l'un des problèmes qui menacent le plus la stabilité du Maroc. C'est aussi l'un des sujets qui inquiètent le plus l'opinion. A plus d'un titre puisque la quasi-totalité des difficultés que vivent les Marocains depuis trente ans résultent des sacrifices économico-financiers consentis dans ces provinces. C'est aussi le Sahara, on le constate depuis belle lurette, qui offre aux gouvernants un sujet qui se prête à l'exploitation politique. En jouant tantôt sur les sentiments des Marocains qui n'admettent aucunement le destin de vaincus dans une confrontation engageant leur intégrité territoriale, et tantôt en accusant les voisins et tous ceux qui reconnaissent la fantomatique RASD d'occulter la réalité en déformant la vérité sur le terrain.


    Au-delà de ces soubresauts, que ponctuent depuis trois décennies manoeuvres dilatoires et complots d'Etats, il existe bien d'autres sujets tabous qui ne sont pas évoqués publiquement. Surtout que le pouvoir a toujours fait de ces questions une réalité qui transcende les clivages politiques et échappe aux états-majors des partis. D'où la difficulté de l'examiner sereinement et objectivement tant elle paraissait fort gênante et souvent particulièrement démobilisatrice.

    • PREMIER SUJET TABOU : LE MAROC A-T-IL COMMIS UNE GROSSIÈRE ERREUR EN ABANDONNANT LE PROCESSUS RÉFÉ- RENDAIRE POUR LEQUEL IL AVAIT DONNÉ SON ACCORD AU DÉBUT DES ANNÉES 80 ?

    Tous les spécialistes des couloirs de l'ONU vous diront que l'engagement du monarque défunt fut solennel et ne prêtait à la moindre confusion lors de ce fameux sommet de l'OUA à Nairobi en 1981. La société internationale se tient donc à l'application rigoureuse de ce principe et pressent en même temps une volonté marocaine de s'y soustraire. Ce qui peut autoriser une levée de boucliers contre ce que l'on considère une volte-face et une parole non tenue. Le Maroc est décrit, chez la plupart des pays qui, ces jours-ci franchissent le Rubicon et reconnaissent les séparatistes, comme un Etat qui «agit en marge de la légalité internationale puisque peu soucieux de s'imposer l'exécution de ses propres engagements». Par ailleurs, l'épisode du partage du Sahara avec la Mauritanie qui s'était octroyée Tiris El Gharbia-Oued Eddahab – avant que la province ne fut «annexée» au reste du royaume au lendemain des accords de 1979 entre le Polisario et le gouvernement de Nouakchott, est évoqué aujourd'hui pour rappeler le caractère «annexionniste» et «expansionniste » de la politique marocaine dans la région - lire ci-contre l'article d’El Houssine Majdoubi.

    • DEUXIÈME SUJET SENSIBLE : LE SÉPARATISME, JUSQU'ICI CANTONNÉ DANS LES CAMPS DE TINDOUF, GAGNE DU TERRAIN ET TROUVE DES ADEPTES À L'INTÉ- RIEUR MÊME DES TERRITOIRES LIBÉRÉS. Pire, depuis quelque temps, quelques voix indépendantistes s'élèvent dans des zones limitrophes au Sahara anciennement occupé par l’Espagne : Guelmim, Tan Tan… menaçant le pays en entier d'une déstabilisation sérieuse. Comme si on testait le potentiel marocain de résistance s’agissant de son unité territoriale. Mais une nation qui ne disposerait pas de forces immunitaires contre les velléités sécessionnistes serait en faillite depuis long temps. Doit-on se contenter de cette forme de résistance en faisant confiance à des politiques peu innovantes – en tout cas sans stratégie qui mobilise autour d'elles - et dispensant au compte- gouttes les informations qui éclairent ? Il est vrai que certains considèrent qu'il est scandaleux d'accorder la parole ou de discuter avec des adversaires de la marocanité du Sahara. D'autres - une minorité pour le moment - pensent, à l'inverse, qu'il est utile de se rapprocher de ces dissidents, pour mieux comprendre la situation et maîtriser l'évolution du phénomène. L'opinion n'est pas informée des initiatives des séparatistes et de ce fait elle subit, à son insu, une démobilisation mentale qui rend sa réactivité lente et paresseuse. En effet, l'opinion publique marocaine ignore tout des démarches du Polisario, sous prétexte qu’on lui évite le moral en berne. Or, il serait instructif que notre opinion vive les contradictions de cette entité qui vient, par exemple, de saisir la semaine dernière, pour leur signifier son refus du plan marocain, Kofi Annan et l'ambassadeur américain à l'ONU, à l'exception des autres représentants des Etats membres permanents du Conseil de sécurité. N'est-ce pas là un précédent curieux ? L'opinion mérite aussi qu'on la tienne avisée de l’évolution conjoncturelle et notamment de certaines actions, peu ordinaires dans le no man's land du côté du mur : réception des délégations étrangères, autorisations en faveur de sociétés de prospection pétrolière…

    • TROISIÈME THÈME GÊNANT : LES RATÉS DU ROYAUME DANS LA GESTION DE L'APRÈS RETRAIT ESPAGNOL. CAR, LE DISCOURS OFFICIEL N'A JAMAIS DÉPASSÉ LE STADE DE L'ÉVOCATION DES RÉALISATIONS QU'IL VANTE À TOUTES LES OCCASIONS. Jamais l'ombre d'une autocritique publique pour soulever les dysfonctionnements avérés d'une gestion qui a conduit, par moments, à des situations insurrectionnelles se déroulant sous l'oeil scrutateur des médias internationaux. Sans compter les camouflets diplomatiques que nous n'avons cessé de collectionner depuis qu'il a été décidé de faire du dossier du Sahara un domaine réservé à des cercles du pouvoir fort restreints. En tout cas, cette gestion «directe» du dossier, basée sur une approche prébendière et comptant sur des acteurs malléables et rétribués à l'aune de leur degré de servilité, a manifesté, depuis longtemps, des signes d'essoufflement et a même fait l'objet, à l'avènement de la nouvelle ère, d'un remodelage conséquent mais insuffisant pour combler les déficits abyssaux hérités dans tous les domaines. Pour avancer sur les deux fronts, de la gouvernance locale et de la diplomatie, on ne saurait faire l'économie d'une remise en question radicale des pratiques de mise dans un registre comme dans l'autre. Pour cela, il importe d’associer l'ensemble des composantes de la société marocaine pour en faire des partenaires à la fois acteurs et témoins d'une expérience pilote de régionalisation moderne. Le dépassement de l'actuelle situation ne peut se concevoir sans notre capacité de lui apprêter les moyens humains et organisationnels pour réussir.

    • LA QUATRIÈME FAUSSE IDÉE, QUI S'INSTALLE CHEZ NOUS SANS LA MOINDRE CONTESTATION ET NE SUSCITE CHEZ LA CLASSE POLITIQUE AUCUN DÉBUT DE RÉFLEXION, EST RELATIVE À CETTE CONVICTION PROFONDE QUE NOUS POUVONS COMPTER SUR LE SOUTIEN DE NOS ALLIÉS TRADITIONNELS. En particulier la France et les Etats-Unis, et dans une certaine mesure l'Espagne avec laquelle nous réunit un faisceau d'intérêts - historiques, commerciaux, humains, culturels…- où les deux présides, Sebta et Melilia, occupent une place influente. Nous entretenons l'illusion que ces puissances voleront à notre secours dès que nous serons en difficulté réelle à l'ONU. Cette croyance, quelque peu naïve, est évidemment un mirage politique si l'on se tient aux seuls faits : car ce sont bien les Américains qui, pour faire aboutir le Plan Baker, s'appliquent aujourd'hui à lui baliser la voie en cherchant à mettre fin à la mission de la Minurso. Selon l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, cela devrait intervenir «en moins d'un an». Voilà qui devrait inquiéter les Marocains, confiants jusqu'à la démission des réflexes basiques, et les remettre en état de vigilance pour saisir la gravité d'une telle perspective. Celle-ci a été décrite par le nouveau patron de la mission onusienne, le général Kurt Moostgard, de manière on ne peut plus pessimiste : «Ce serait là une décision des plus graves, elle équivaut à pousser les parties concernées sur le sentier de la guerre.»

    • Sommes-nous seulement conscients que l'Amérique, loin de toute autre considération, est au service de ses propres intérêts qui, pour l'instant, se trouvent précisément dans le camp algérien où il existe, en abondance, les hydrocarbures qui ont motivé ailleurs un interventionnisme armé sans précédent des Américains. Malgré toutes ces données objectives, nous persistons à croire que le Maroc constitue plus qu'une carte que les Américains hésiteraient longtemps avant de la sacrifier. Or, notre pays ne cesse de manifester, à titre de gages d'amitié durable, les preuves de sa bonne volonté à l'égard de Washington, sans recueillir les dividendes idoines. Cette attitude excessivement bienveillante du royaume lui a attiré les foudres des défenseurs des droits humains qui l'accusent - à tort ou à raison - d'avoir permis des interrogatoires de présumés terroristes sur son territoire. Autrement dit d'avoir été co-auteur d'actes de tortures. La signature de l'accord de libre échange, qui a fait jaser l'Union européenne , et l'accueil, en décembre 2004, du forum dédié au Grand Moyen-Orient, projet si cher à l'administration Bush, ont été sans doute les démonstrations spectaculaires d'une série d'actes visant à prouver la fidélité marocaine vis-à-vis du géant américain. Celui-ci ne rend pas la pareille. La preuve par le tournant pris par le dossier du Sahara sous l'impulsion de la diplomatie américaine.


    • LA CINQUIÈME IDÉE REÇUE QU'ON N'OSE JAMAIS REMETTRE EN QUESTION CONCERNE LA FRANCE. CERTES, C'EST LE PREMIER PARTENAIRE DU ROYAUME ET LES AUTRES FORMES D'ÉCHANGES AVEC LE PAYS, NOTAMMENT CULTURELS, SONT MULTIPLES, INTENSES ET RICHES. MAIS, LA FRANCE – PUISSANCE RÉGIONALE - N'A PAS UNE POSITION CLAIRE SUR L'AFFAIRE DU SAHARA. PARIS, CONTRAIREMENT AUX APPARENCES, N'A PAS DE POLITIQUE ARABE ET ENCORE MOINS UNE POLITIQUE MAGHRÉ- BINE. LES FRANÇAIS N'ONT PAS - AUTRE IDÉE REÇUE - UNE PRÉFÉ- RENCE POUR LE MAROC AU DÉTRIMENT DES AUTRES PAYS MAGHRÉBINS. IL SUFFIT DE CONSTATER QUE LES RÉSIDENTS EN ALGÉRIE ISSUS DE L'HEXAGONE REPRÉSENTENT LE DOUBLE DE CEUX QUI ONT OPTÉ POUR LE MAROC. CELUI-CI N'HÉ- BERGE GUÈRE PLUS QU’UN NOMBRE ÉQUIVALENT DE RÉSIDENTS FRANÇAIS EN TUNISIE DE BEN ALI.

    Et c'est une attitude fort ambiguë qu'entretient la France sur le Sahara. Bien que le président Chirac est un promarocain zélé, au point de parler de «provinces du sud» en évoquant le Sahara, il ne faut y voir là qu'une attitude personnelle dictée par les relations privilégiées que nouent la famille Chirac et la monarchie chérifienne. La position officielle de la France n'est pas celle du président, et il faudrait une dose exagérée d'ingéniosité pour croire le contraire. A cet égard, il importe de méditer le contenu de la déclaration de M. A. Moratinos, le ministre espagnol des Affaires étrangères, devant le Parlement en juin dernier : «La France, a-t-il dit, commence à changer d'attitude. Elle est désormais plus sensible à notre inquiétude au sujet du peuple sahraoui.» En outre, lorsqu'on remonte la genèse de la tension qui prévaut dans la région, on découvre le rôle prépondérant de la France dans les multiples ramifications du contentieux. En créant de toutes pièces une entité étatique dans la province marocaine de Chenguit (Mauritanie), en amputant le royaume de ses provinces méridionales (Tindouf, Bechar, Touat) pour les annexer au département de l'Algérie française et en se portant au secours de l'armée espagnole – opération Ecouvillon - défaite au Sahara occidental par l'armée de libération marocaine.

    • ENFIN LE SIXIÈME SUJET TABOU QUI PARALYSE LES MAROCAINS ET CONTINUE DE RELEVER DES SEULES SPHÈRES DU POUVOIR CONCERNE LES RAPPORTS AMBIGUS AVEC L'ESPAGNE. En effet, pendant que le PP et le PSOE au pouvoir votent une loi sur l'hispanité des deux présides occupés (Sebta et Melilia) et que les partis nationalistes catalan, basque et galicien s'y opposent en demandant la restitution sans tarder des deux villes au Maroc, le porteparole du gouvernement, N. Benabdellah, déclarait à Paris que «Sebta et Melilia ne font pas partie de l'agenda du gouvernement marocain en ce moment.» Du coup, on se rend compte, après la récente visite de Zapatero aux deux enclaves, que décidément Madrid est consciente de l'inertie du Maroc officiel et de son incapacité à associer tous les Marocains à un vrai projet de liberation . Et qu’après tout il s’accrochera toujours à son projet d'attentisme sisyphien. Désireux de se rallier l'appui espagnol dans l'affaire du Sahara, le Maroc n'entreprendra quoi que ce soit dans l'affaire des présides. Alors l'idée que d'aucuns considèrent comme relevant des tabous serait de négocier un statut nouveau pour les deux villes en contrepartie d'un engagement total aux côtés du Maroc dans la question du Sahara.


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  2. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

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    Re : Ce qu’on n’ose pas dir sur les sujets tabous

    ce article kan moumkin dirlo Abréviation au thanina men 9rraya... Le Maroc 7achakoum...

    hada houwa l'article kamel [22h]
     
  3. rafali

    rafali Visiteur

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    Re : Ce qu’on n’ose pas dir sur les sujets tabous

    la kenti tkhtassér had topik w tkoul: le sahara marocain é basta, [21h]
     
  4. Friend

    Friend Bannis

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    Re : Ce qu’on n’ose pas dir sur les sujets tabous

    1er "tabou" : -Le referendum n'est plus applicable de la reconnaissance meme de Koffi Anna dans l'un de ses rapports au Conseil de Sécurité !
                     -determiner d'abord le corpd electoral , mission impossible du fait du refus du polisario à reconnaitre la "sahrawité" de nos concitoyens malgrès leur conformité aux critères établis par la commission d'identification de l'ONU elle meme. Que ceux qui veulent faire des recherches n'hesitent pas (voir le site de l'ONU par exemple)
    2eme "tabou": Les voix séparatistes sont extremement rares ! les manifestations qu'a connu le sud du Maroc  ont plus une connotation economique et sociale plus qu'autre chose ! Seulement , afin de beneficier de plus d'avantages et de Droits (emploi..) d'aucuns recourent à la menace séparatiste pour acculer les autorités à plier à leurs revendications !
    3eme "tabou" : La situation dans le Sud marocain était il est vrai du ressort de "cercles du pouvoir"..plus maintenant ou les partis politiques , les ONG, etc sont impliqués dans tout processus à meme de preserver les droits du Maroc ! Tout est à mon avis clair ! Il suffit de s'interesser au sujet c'est tout!
    4eme "tabou": Le Maroc compte sur ses alliés traditionnels comme l'Algerie le fait de son coté , mais ceux qui connaissent les marocains savent que ces derniers comptent toujours sur eux memes ! l'auteur de l'article a mentionné 3 choses :
    - La torture au Maroc sur instruction des USA , aucune preuve tangible !
    -"le Grand Moyen -Orient" : Le Maroc a entrepris son processus démocratique  des annés avant l'initiative americaine ! l'auteur est completement à coté de la plaque!
    - La mission de la "Minurso" se limite à controler le cessez le feu entre les 2 parties et n'a aucune compétence politique ! Si on pense qu'elle est trop couteuse et qu'il faut lui mettre fin ...je ne vois pas personnellement de problemes!
    5eme "tabou" : Il ne faut pas personnaliser la question du Sahara , Chirac est l'ami, jilai est l'ennemi ! Notre pays dispose d'arguments historico-juridiques , et meme ethniques pour ne compter que sur lui meme! La verité eclarera ...au grand dam de l'auteur !
    6eme "tabou" :Sebta et Melilia sont deux villes marocaines ( meditez le mot presides au lieu de territoires espagnols) et le Maroc n'a aucune intention de les troquer comme une simple marchandise ! Au contraire le Maroc qui a toujours revendiqué ses deux villes occupées ne cesse de relancer notre voisin à ce sujet ! C'est un processus politique tres long , à moins de faire la guerre à l'Espagne ce qui releverait de la betise politique ! Sam7ou lia ila 6awwalt 3likoum!
     

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