CGEM : l'électrochoc 2006

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 6 Février 2006.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    2006 sera l'année de la fiscalité. Cette promesse émanant du Premier ministre n'est pas passée inaperçue et la riposte des patrons ne s'est pas fait attendre. Aussitôt réunie, la CGEM annonce la tenue d'une grande journée de réflexion sur le système fiscal, au mois d'avril probablement, sans poisson ! La Fédération « indépendante » de la PME, toujours membre de la CGEM, compte diffuser son propre projet de réforme courant février. 2006 sera aussi l'année des manoeuvres électorales en vue de la conquête du siège de président de la centrale patronale…

    Le rendez-vous du bureau fédéral, vendredi 20 janvier dernier, a révélé le profil des retouches, tant attendues, apportées au code électoral de la CGEM. Le système précédant le vote paraît aujourd'hui assez verrouillé au moins pour éviter les dommages « collatéraux » de l'expérience 2003. Concrètement, le prochain candidat à la présidence, armé au moins d'une ancienneté de trois ans, doit être parrainé par au moins 100 patrons à jour de leurs cotisations. Et derrière chaque candidature, il doit y avoir un programme précis. Les administrateurs de la CGEM mettront en place un comité dit « ponctuel » chargé d'étudier la candidature et éventuellement, le cas échéant, contacter le candidat pour « complément de dossier ». L'objectif derrière cette mise à niveau juridique serait de réunir les conditions d'une élection transparente. «L'élection dépendra ainsi seulement et exclusivement de facteurs internes et non externes à l'entreprise » explique Hassan Chami, président bientôt sortant de la CGEM. Juste un détail pour les intéressés : la date limite de mise à jour des cotisations est prévue le 9 juin, le dépôt des candidatures se fera entre le 28 avril et le 12 mai.

    Jusqu'au jour où nous mettions sous presse, aucune candidature « sérieuse » ne s'est affichée publiquement, si ce n'est certaines rumeurs plaçant des noms comme Mme Bensaleh, K. Benjelloun…Il serait prématuré de démarrer la compagne à cinq mois des élections. H. Chami, qui devra clore son deuxième et ultime mandat, avait l'habitude d'annoncer la couleur deux mois avant le jour J. Cette excitation nominative propagée récemment via canal de presse n'a pas empêché un nom figurant sur la liste de rejeter en bloc sa véracité : My H. Elalamy a signifié à un hebdomadaire économique qu'« il n'a pas d'ambitions personnelles à se présenter à la présidence de la CGEM». Le patron du groupe Saham défend l'idée selon laquelle une candidature à la CGEM n'est surtout pas « une promotion sociale, mais une mission extrêmement périlleuse, notamment pour des raisons d'engagement auprès de ses actionnaires, et de disponibilité pour ses collaborateurs et sa famille.» H. Chami soutient le choix d'un président qui saura «sauvegarder le rôle de la CGEM dans la politique économique tout en préservant un minimum d'indépendance par rapport au pouvoir établi.» Adnan Debbagh, l'ex-patron de la fédération de la PME brille jusqu'à ce jour par son absence. Lui qui a raté de justesse l'échéance de 2003. Son successeur, Hammad Kassal, semble être un peu plus patient : « Nous ne somme pas des carriéristes. Je ne suis pas candidat parce que je connais la pointure de mes chaussures. » Quant au profil préféré ? «Surtout pas un crétin », répond H. Kassal.

    En attendant le choc fiscal

    Outre qu'il sera électoral, l'exercice 2006 sera dédié à la fiscalité. Et là, on assiste à un petit décalage entre la CGEM et l'une de ses fédérations, en l'occurrence celle de la PME présidée par H. Kassal. Le jour où ce dernier a co-signé l'acte de son « indépendance », on croyait que le divorce est pleinement consommé. A la FPME, au lieu du divorce, on préfère aujourd'hui le terme «zawaj al moutaâ (mariage de jouissance)». À l'intérieur de la CGEM, on partage presque la même finalité du discours : « l'indépendance ne veut pas dire divorce. La fédération de la PME est indépendante à l'instar des autres fédérations de la CGEM. » Vis-à-vis de la question fiscale, on sent bizarrement à la fois le décalage et la conscience d'un intérêt commun. Les deux parties partagent le même diagnostic et personne n'empêchera ces «petites » entreprises, à jour de leurs cotisations, de revendiquer aux côtés des autres membres de la confédération. La vérité, il faut le dire, ces jeunes entrepreneurs, en annonçant publi quement leur indépendance, s'assimilent à de jeunes enfants, devenus entre temps matures, aspirant à voler de leurs propres ailes au lieu de rester parrainées chez les parents. Il se trouve que la FMPE ait déjà entamé une réflexion au sujet de la fiscalité. Elle compte même diffuser le rapport et les propositions qui en découlent courant février (voire encadré). La journée de réflexion de la CGEM est programmée, elle, un peu plus tard, en avril. Autrement dit, le gouvernement sera invité à recevoir une deuxième copie de propositions patronales. Une chose est sûre, la réforme fiscale, tant recommandée, a trop traîné au Maroc. Au même titre qu'il a fallu du temps avant que l'Etat n'admette la faisabilité de subventionner le haut de bilan des entreprises soucieuses de se mettre à niveau, le voilà en train d'admettre l'exigence d'une réforme fiscale soucieuse de la compétitivité de l'économie. Face à un baril cher et volatil, on peut comprendre le conservatisme du gouvernement qui ne voyait dans cette réforme qu'un signal précurseur d'une baisse de recettes budgétaires. Une vision statique de la chose fiscale qui explique, en partie, le retard qu'on accuse par rapport à la concurrence euro-méditerranéenne. Maintenant, certes on nous promet la réforme fiscale en 2006, mais… !Ne l'oublions pas, ce même gouvernement nous a promis une année 2005 consacrée aux « retraites ». Elle l'était ou pas ? La réponse dépend du sens sémiologique qu'on prête à la « retraite»…

    L'observateur.ma


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    propose par aghilasse
     

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