Cinq ans après l'adoption du Code de la famille : La culture de la discrimination se

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 6 Octobre 2009.

  1. Info du bled

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    Sur le front de ces Marocaines à la conquête de leurs droits, l'élection du tiers sortant de la Chambre haute a confirmé que le statut de conseillers se conjugue difficilement au féminin. Sur 90 conseillers élus vendredi 2 octobre, seules trois femmes -dont une Usfpéiste- ont franchi le Rubicon et siégeront désormais sous la coupole de la Chambre des conseillers. « On est loin, bien loin du système du quota pour réhabiliter les femmes en politique », constate cette députée élue à la faveur de la liste nationale.
    Si gouvernement et partis politiques ont imaginé un mécanisme, à travers la liste additive, pour que le quota des femmes aux communales atteigne la barre des 12%, après un dérisoire 0,58% de Marocaines élues aux élections locales, rien n'a été fait en ce qui concerne les élections professionnelles, syndicales, préfectorales ou encore régionales. Résultat, les Marocaines se font rares dans les Chambres professionnelles, les conseils préfectoraux et régionaux alors que leur représentation syndicale est symbolique.
    L'élan des communales, cette étape électorale qui a vu l'élection de 3428 femmes, n'est plus qu'un souvenir. La réalité électorale, celle-là même qui donne à voir le triste spectacle des surenchères et marchandages, a eu raison des velléités modernistes et surtout réparatrices d'une injustice. La suite du processus électoral a été une affaire d'hommes, quasi-exclusivement. Dès lors le combat pour la parité apparaît comme une chimère.
    « 40 femmes seulement ont été élues au sein des Chambres professionnelles. Dans les assemblées provinciales et préfectorales, elles ne sont que 29 à siéger alors que 27 Marocaines à peine ont fait leur entrée dans les conseils de région », rappelle amèrement une activiste des droits des femmes.
    A l'approche du 10 octobre et de ses grands discours de bonnes intentions, il est temps de parler de ces mentalités qui résistent aux réformes portées par le Code de la famille. Une étude l'a fait et il faut en rendre hommage à ses initiateurs, la Commission européenne et le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Le constat ne souffre la moindre ambiguïté : Si le Maroc a fait un énorme bond en matière de droits des femmes, rien n'a été par contre effectué pour changer les comportements rétrogrades, pour agir sur les mentalités rétives et permettre aux Marocaines l'accès aux postes de responsabilité. Pas de femme wali, à peine deux femmes gouverneurs en exercice sur le terrain et une seule et unique femme présidente d'université. L'étude le relève sans ambages : la culture de la discrimination à l'égard des femmes a encore de beaux jours devant elle.

    Le Code de la famille n'est pas une guerre des femmes contre les hommes

    Une étude qui, pour la première fois, évalue l'impact du Code de la famille, 5 ans après sa promulgation et dont les résultats ne seront rendus publics qu'à l'occasion de la Journée nationale des droits des femmes. Mais l'on sait déjà l'essentiel. Et cet essentiel donne bien des motifs d'inquiétude : les dispositions du Code de la famille sont méconnues des Marocains et Marocaines lorsqu'il n'y a pas une fausse interprétation du texte. « Non, la réforme de la Moudawana n'est pas une guerre des femmes contre les hommes, mais le rétablissement d'une justice, et surtout, de la dignité des Marocaines. Malheureusement, aucune campagne d'information et de sensibilisation n'est venue l'expliquer aux citoyens de ce pays ! », s'exclame cette militante qui s'est très tôt battue contre les injustices faites à la moitié de la société. Sur le front des droits des femmes, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles. Le ministère de l'Intérieur a reconnu récemment aux femmes Soulalyates le droit de bénéficier, au même titre que les hommes, des prochaines opérations de cession des terres collectives. Il faut ici le dire et le redire, cette décision qui intervient après plusieurs mois de mobilisation du mouvement féminin, vient également réparer un sentiment d'injustice vécu par des milliers de femmes qui n'ont eu de cesse de condamner un « orf » archaïque qui les privait de leurs terres sans autre forme de procès. Les Soulalyates sont donc, et c'est officiel, reconnues comme des ayants droit. Et c'est tant mieux pour le principe de l'égalité homme-femme.
    Ce jeudi 8 octobre, l'Association démocratique des femmes du Maroc, l'une des principales ONG qui a soutenu les Soulalyates, organise une Journée portes ouvertes. A la veille de la journée nationale des droits des femmes, cette rencontre sera une occasion de débattre, d'échanger et surtout de ne pas oublier tous les combats que cette association n'a de cesse de mener. « Femmes et terres collectives », « Campagne égalité sans réserves » et « Participation politique de la Marocaine » sont autant de campagnes qui témoignent qu'en matière de droits des femmes, la lutte continue de plus belle.








    Source : libe.ma
     

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