Cinq ans après l'assassinat du juge Ahmed Nabih: meurtriers toujours en liberté

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 4 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Va-t-on un jour ou l'autre mettre la main sur l'homme qui a assassiné sauvagement Ahmed Nabih, juge communal à la commune rurale de Sidi Laïdi, province de Settat ? Agé à l'époque de 77 ans, il quitte son domicile situé à Hay Smaâla vers cinq heures de l'après-midi à destination de sa ferme. Ahmed Nabih, connu sous son nom de résistant "Al Ouadi" ne se doutait pas que sa vie allait prendre, ce 24 juillet 2000, un tournant tragique.

    Sa famille qui l'attendait comme d'habitude pour le dîner ne le reverra plus. Selon le témoignage des ouvriers de sa ferme, la victime avait quitté sa propriété vers le coup de 8h30. C'est probablement ce moment-là qu'ont choisi ses agresseurs pour sceller son sort avec 30 coups de couteau.

    Il a été trouvé mort dans sa voiture le 25 juillet allongé sur le dos, sa tête posée sur le siège avant gauche et ses pieds sur le siège avant droit avec de graves blessures au niveau des joues, de la tête, du cou et de la poitrine. Les enquêteurs avaient alors conclu à un crime avec préméditation. Le rapport d'autopsie confirme la thèse des enquêteurs. La victime a bien été assassinée sauvagement par une dizaine de coups de couteau à la tête, au cou, à la poitrine, aux joues. Cinq ans après ce crime abominable, les criminels n'ont pas encore été arrêtés.

    Ce crime non élucidé et encore présent dans la mémoire des habitants de Sidi Laïdi à Settat. Ces derniers s'étonnent que les enquêteurs aient échoué jusqu'à présent à identifier les agresseurs surtout que le crime est commis dans une petite localité où tout le monde se connaît. Aujourd'hui, le dossier de cette affaire est au bureau du juge d'Instruction de Settat Mohammed Naciri, ce dernier a refusé de donner une quelconque information sur l'état d'avancement de ce dossier cinq ans après le crime arguant que l'article 15 du code de la procédure pénale lui interdit de faire des déclarations pour protéger le secret de l'instruction.

    A Sidi Laïdi, les habitants affirment que le crime pourrait être l'aboutissement d'une sombre affaire de vengeance familiale. Selon plusieurs témoignages recueillis à Sidi Laïdi, le crime serait motivé par une tentative de spoliation des terres appelées " Bled Amor " qui appartient à plusieurs membres de la famille Nabih dont sa femme, Moukrime Saadia.

    A en croire ces témoignages, un dénommé D. M, proche de la victime avait jeté le dévolu sur ces terres et il a réussi par usage de faux à établir des contrats de vente stipulant qu'il a acheté la totalité des titres fonciers de ces terres. Il est même parvenu à faire légaliser les fausses signatures des présumées vendeuses à la commune de Sidi Laîdi alors que ces dernières n'ont jamais mis les pieds dans cette commune pour légaliser ou signer quoi que ce soit ou même l'avoir rencontré à ce sujet.

    Les cartes nationales fournies pour la légalisation des contrats de vente étaient celles d'inconnus de sexe masculin dont l'un était même décédé au moment des faits. Aucun document attestant que les biens vendus appartiennent bel et bien aux vendeuses comme l'exige la loi n'a été fourni à la personne qui a légalisé les documents. Malgré toutes ces anomalies, M.D est parvenu à avoir 16 fausses attestations de propriété familiale signées et cachetées par le Caïd de la Commune et dont sa secrétaire va déclarer ultérieurement que les 16 attestations délivrées par le Caïd sont toutes fausses.

    Cette affaire de faux et usage de faux a éclaté au grand jour quand la prénommée Moukrime Khadouj, l'une des trois présumées vendeuses a reçu une lettre de l'administration des impôts de Settat, l'invitant à payer la taxe du profit immobilier de l'ordre de 60.000,00 DH. Mais après une petite enquête au service des impôts ainsi qu'à celui de l'enregistrement et avec l'aide de la victime, Moukrime Khadouj a découvert qu'elle a été victime d'une machination montée par D.M. Elle déposa alors une plainte contre ce dernier. Cette affaire d'usage de faux va à la surprise générale être dans un premier temps classer. Quelques semaines plus tard, l'affaire d'usage de faux sera relancée après l'intervention de la victime.

    Cinq ans après l'assassinant de juge communal, le crime reste non élucidé. A Sidi Laïdi, les habitants s'étonnent que les enquêteurs fussent incapables jusqu'à présent d'identifier les assassins surtout que le crime est commis dans une petite localité où tous les habitants se connaissent. Selon la famille de la victime, une multitude d'erreurs commises par les enquêteurs allait rendre l'enquête plus difficile. Les enquêteurs de la Gendarmerie Royale, qui avaient en charge le dossier, avaient ordonné, la matinée du 25 juillet 2000, malgré l'opposition de la famille du défunt aux sapeurs pompiers de laver la voiture détruisant ainsi toutes les pièces à conviction (traces de sang, empreintes, cheveux, etc.) qui auraient pu faire l'objet d'analyses scientifiques.


    En outre, les enquêteurs n'avaient pas pris au sérieux le témoignage de Ahmed Erraoui, un chef de chantier, qui avait déclaré à la Gendarmerie Royale avoir croisé, la nuit du crime entre 22h30 et 23heures, l'un des suspects au volant d'une voiture 4*4 grise qui roulait à vive allure non loin de l'endroit du crime.
    Ce témoin a reconnu à plusieurs reprises le suspect dans les locaux de la Gendarmerie Royale. Ce dernier n'aurait jamais inquiété malgré ses déclarations contradictoires sur son emploi de temps la nuit du crime. Ce qui est troublant dans cette affaire, c'est que l'un des suspects s'est catégoriquement opposé à l'autopsie demandée par le procureur général du Roi. Il a même obtenu du Caïd un certificat de décès qui parle de " Mort naturelle ", alors que la victime a été poignardée à 30 coups de coteau.

    Après l'échec de la Gendarmerie Royale concernant l'identification des assassins, le procureur du Roi près la Cour d'appel de Settat a confié l'enquête à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Cette dernière a repris l'enquête à la case de départ en interrogeant à nouveau les témoins. Et contre toute attente, elle a conclu qu'il n'y avait pas de piste du fait de l'absence d'indices scientifiques.

    Aujourd'hui la famille du défunt profondément attristée par l'échec des enquêtes initiale menées par la Gendarmerie et par la BNPJ, demande au juge d'instruction d'ordonner au frais de la famille de procéder à un complément d'enquête avec notamment l'analyse de la voiture au Luminol et l'analyse du cadavre à l'ADN. D'autant plus que l'opinion publique de la province de Settat s'interroge sur les parties qui ont toujours couvert et qui couvre, aujourd'hui encore le véritable instigateur de ce crime abominable.

    La famille de la victime a même ouvert un site Internet "www.assassinat.info" qui contient toutes les données sur ce crime crapuleux et invitent ceux qui peuvent aider à la progression de l'enquête à leur porter leur aide.


    LEMATIN
     

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