Civilisation de l'Afrique Noire

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 6 Octobre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    AFRIQUE NOIRE

    Afrique noire, expression désignant l’Afrique subsaharienne, par opposition à l'Afrique blanche, qui comprend tous les pays bordant la mer Méditerranée et dont elle est séparée par le Sahara.


    DIVERSITÉ ET UNITÉ

    L’Afrique noire, ou Afrique subsaharienne, compte moins de 50 États. Bien que les civilisations traditionnelles anciennes se soient en partie effondrées, sous les effets successifs et conjugués de la traite des Noirs, de la colonisation puis de la modernisation et de l’urbanisation, des milliers de communautés de pasteurs, agriculteurs ou chasseurs-cueilleurs peuplent encore les savanes et les forêts.

    Les différents groupes ethniques se caractérisent par un certain nombre de traits communs comme la reconnaissance d’un ancêtre, d’une histoire ou d’une langue commune. Par ailleurs, le grand nombre de langues parlées — entre 1 200 et 1 500 langues, malgré une apparence de mosaïque, peuvent être regroupées en quatre grandes familles linguistiques.

    L’Afrique noire, dont les cultures sont marquées par la tradition et la transmission orales, présente ainsi, malgré la diversité des langues vernaculaires et des influences postcoloniales, une certaine unité de civilisation.


    ÉVOLUTION DE LA NOTION

    1. Une notion ancienne…
    La notion d’Afrique noire trouve ses racines chez les Grecs anciens, qui parlent de « visages brûlés » (Éthiopiens) pour désigner les peuples d’Afrique subsaharienne. Les Arabes reprennent ensuite cette vision en parlant de Bilad al-Sudan, « pays des Noirs ». Bien que certains traits d’unité anciens subsistent, l’islamisation des pays d’Afrique du Nord accentue les différences, réelles comme perçues, avec les peuples du Sud, faisant apparaître des particularismes nouveaux et réduisant les échanges culturels entre les deux zones — un phénomène renforcé par l’expansion du désert et le commerce d’esclaves noirs pratiqué par les marchands arabes.

    2. … exploitée par l’Occident colonisateur
    Sur ces bases, finit par apparaître, vers le XIVe siècle, l’idée d’une séparation du territoire africain entre peuples « civilisés » du Nord et peuples « arriérés » du Sud — outre la couleur de la peau, le système religieux (culte des ancêtres, polythéisme et animisme, en opposition à la croyance en un Dieu unique) est un élément important à l’origine de cette discrimination.

    Cette vision de l’Afrique s’est longtemps perpétuée chez les Européens, l’expression d’« Afrique noire » renvoyant souvent à une notion idéologique d’infériorité des peuples africains, toile de fond justifiant la colonisation du continent et le commerce triangulaire.


    Généralités

    Traditionnellement, les Africains pratiquent l’agriculture et l’élevage de subsistance. Il existe de grands marchés et le commerce a été à l’origine des civilisations africaines depuis le début de notre ère. L’artisanat est une activité essentielle et les artisans (tisserands, forgerons, sculpteurs) faisaient partie des principaux enjeux au cours des batailles. Les grands empires de la savane, les royaumes de la forêt et les cités-États sont nés de l’artisanat et du commerce à grande distance.

    La colonisation européenne introduisit de nouveaux produits agricoles, et l’exploitation des minerais entraîna un développement de l’émigration régionale ; de nouvelles voies de communication furent construites (routes, chemins de fer), l’introduction de techniques modernes et de produits européens permit l’essor d’une économie d’échanges. L’artisanat local (tissages, outils en fer) fut concurrencé par les marchandises européennes plus valorisantes. Les industries de transformation se développèrent, ainsi que les ports et les
    centres administratifs. La coexistence d’une économie de subsistance et d’une économie moderne caractérise l’économie africaine, mais dans les périodes de récession, une économie « informelle » (échanges traditionnels non mesurables par les méthodes d’investigation habituels) permet à la population de subvenir à ses besoins.

    Le développement économique représente également un problème majeur dans une économie mondiale elle-même en crise. Plusieurs États africains détiennent des ressources naturelles importantes, mais seule l’Afrique du Sud possède les moyens financiers pour se développer. Les entreprises privées étrangères considèrent souvent l’investissement dans ces régions sous-développées comme trop risqué, ce qui s’est vérifié dans de nombreux cas. Les seules autres possibilités de financement proviennent des institutions nationales et internationales de prêt. Voir pays en voie de développement.

    Le niveau de vie des nations africaines a considérablement chuté au cours des années 1990, suivant en cela le cours des matières premières. La récession à l’échelle mondiale du début des années 1980 a multiplié les difficultés provoquées par l’augmentation des prix du pétrole dans les années 1970. Le règlement de la dette extérieure et les économies imposées par la Banque mondiale ont attisé le mécontentement populaire. La famine et la sécheresse se sont abattues sur de nombreuses régions au cours des années 1980 et des millions de réfugiés, chassés par la sécheresse ou les conflits civils, se sont établis loin de leur pays d’origine. Le choléra et le paludisme restent récurrents en Afrique, alors que le sida ne cesse de se propager.

    2. Agriculture, forêts et pêche
    Malgré l’expansion du commerce et de l’industrie, la plupart des Africains restent des agriculteurs et des éleveurs. Dans le nord et le nord-ouest de l’Afrique, on cultive le blé, l’avoine, le maïs et l’orge, et on récolte les dattes dans les oasis, les olives et les agrumes sur la bordure méditerranéenne ; les cultures maraîchères sont variées et pratiquées un peu partout grâce à l’irrigation. Dans la savane, on pratique l’agriculture itinérante liée au degré d’épuisement du sol et à la pratique du brûlis. Il en est de même dans les zones forestières. Les céréales, comme le mil et le sorgho, sont les principales cultures de la savane ; le riz, les ignames, le manioc, le gombo, le plantain et les bananes sont les cultures alimentaires des régions plus humides. Partout, on élève des chèvres et des moutons. Au Sahara, les chameaux sont utilisés pour les transports traditionnels.

    L’élevage des bovins est impossible dans les régions infestées de mouches tsé-tsé, c’est-à-dire dans la plupart des zones forestières. En Afrique occidentale, ce problème sanitaire est à l’origine du grand commerce régional nord-sud du bétail, élevé par les pasteurs peul et expédié sur pied vers le sud pour nourrir les grands centres de la côte. Les hauts plateaux d’Afrique orientale et australe restent cependant le domaine privilégié des éleveurs.

    La culture commerciale, ou culture de rente, est commune à tout le continent et occupe près de la moitié des terres cultivées. Le café, le coton, le cacao, les arachides et l’huile de palme sont destinés à l’exportation. L’Afrique fournit plus de la moitié de la demande mondiale en café, cacao, arachide, sisal, clou de girofle.

    Le bois n’a plus qu’une valeur limitée, sauf pour son utilisation locale comme combustible, mais le déboisement intensif, surtout dans la périphérie des villes, accentue le processus de désertification. Le Gabon est le principal fournisseur d’okoumé, un bois utilisé pour la fabrication du contreplaqué ; la Côte d’Ivoire, le Liberia, le Ghana et le Nigeria sont les principaux exportateurs de bois durs, mais l’exploitation souvent anarchique accentue la déforestation.

    À l’intérieur des terres, aux côtés de la pêche, l’élevage de poissons se pratique depuis un demi-siècle. Ainsi, le Mali, où la pêche est pratiquée de façon intensive depuis toujours dans le delta intérieur du Niger, arrive au premier rang dans ce domaine en Afrique. Les côtes de l’Atlantique sont parmi les plus poissonneuses du monde, mais les pêcheurs locaux n’ont pas le matériel nécessaire pour pratiquer la pêche industrielle. Toutefois, les pays riverains perçoivent des pays développés d’importants droits de pêche.

    3. Mines et industries
    L’extraction minière représente le plus grand volume des revenus de l’exportation. Près de la moitié du revenu des minerais d’Afrique revient à l’Afrique du Sud ; une grande partie vient de l’exploitation des mines d’or et de diamants. Les autres principaux pays fournisseurs de minéraux sont la Libye (pétrole), le Nigeria (pétrole, gaz naturel, charbon, étain), l’Algérie (pétrole, gaz naturel, minerai de fer), la République démocratique du Congo et la Zambie (cuivre, cobalt, charbon, plomb, zinc). Le fer est présent sur tout le continent. On trouve également du pétrole le long de la côte occidentale de l’Afrique, du bassin du Gabon à l'Angola (Cabinda).

    Un tiers de l’uranium mondial est fourni par l’Afrique, notamment par l’Afrique du Sud, le Niger, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Gabon. Environ 20 % des réserves de cuivre du monde se concentrent en Zambie, en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud et au Zimbabwe. La République démocratique du Congo possède également environ 90 % des gisements de cobalt connus dans le monde et la Sierra Leone détient les plus grandes réserves de titane connues. L’Afrique fournit près des trois quarts de l’or mondial ; l’Afrique du Sud, suivie par le Zimbabwe, la
    République démocratique du Congo et le Ghana, en sont les principaux producteurs.

    Les mines d’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, de l’Angola, de la République centrafricaine et du Botswana fournissent virtuellement la totalité des gemmes et des diamants industriels. La plus grande partie des richesses minières de l’Afrique est cependant exploitée par de grandes multinationales. Les pays africains ont tenté sans
    grand succès de devenir actionnaires dans l’exploitation de leurs propres richesses.

    Le Nigeria, la Libye, l’Algérie et l’Angola sont parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Les exportations de gaz naturel se concentrent en Algérie. Le charbon est exploité au Zimbabwe et en Afrique du Sud ; leur production est destinée à l’utilisation locale. Les autres pays d’Afrique doivent importer leur énergie, en particulier le pétrole. L’augmentation du prix du pétrole dans les années 1970 a été préjudiciable à de nombreux pays, déséquilibrant la balance des paiements et augmentant la dette, ce qui a entravé le développement dans les années 1980 et 1990.

    Bien que l’Afrique détienne près de 40 % du potentiel hydroélectrique mondial, seule une partie relativement limitée s’est développée en raison des coûts de construction, de l’inaccessibilité des sites et du transport de l’énergie. Cependant, depuis les années 1950, quelques-uns des plus grands barrages du monde ont été construits en Afrique, notamment à Assouan sur le Nil, à Akosombo sur la Volta, au Ghana, à Kariba et à Cabora Bassa sur le Zambèze.

    Les industries de transformation sont fondées sur l’extraction minière et pétrolière (fonderie et raffinage). L’Afrique du Sud, premier producteur industriel du continent, a développé l’industrie lourde, la métallurgie et la fabrication de machines et de moyens de transport. Des centres industriels importants se sont également développés au Zimbabwe, en Égypte et en Algérie.

    Les industries liées aux minerais sont présentes en République démocratique du Congo et en Zambie ; le Kenya, le Nigeria et la Côte d’Ivoire se sont spécialisés dans le textile, l’industrie légère et les matériaux de construction. Dans le reste de l’Afrique, la production industrielle se limite à la fabrication et à l’assemblage de biens de consommation, comme les chaussures, les bicyclettes, les textiles, les denrées alimentaires et les boissons.

    4. Échanges
    Les moyens de communications datent presque tous de l’époque coloniale et n’ont guère été améliorés depuis (sauf le Transgabonais et le chemin de fer de Mauritanie construits pour exporter les minerais, et le réseau de l’Afrique du Sud). Les réseaux routiers de la plupart des pays sont constitués en grande partie de routes de terre, impraticables pendant la saison des pluies. Ils relient principalement l’intérieur du pays à la côte, mais sont dépourvus de routes transversales. Seule l’Afrique du Sud possède un réseau de
    communications digne de son époque.L’économie des États africains dépend essentiellement des exportations et porte sur des matières premières dont la vente permettra d’acheter des biens industriels et de consommation. La plupart des anciennes colonies britanniques entretiennent toujours des relations commerciales lâches avec le Royaume-Uni et conservent leur réserve monétaire à Londres. Les anciennes colonies françaises ont des relations plus étroites avec la France. La plupart sont membres de la
    zone du franc CFA. En outre, la plupart des États africains ont des liens économiques avec l’Union européenne et bénéficient de réductions des tarifs douaniers (conventions de Lomé).

    Le commerce interrégional porte essentiellement sur les échanges traditionnels (bétail, céréales) et échappe en partie au contrôle des États. Des systèmes économiques interafricains modernes ont cependant été mis en place. Les plus durables et les plus réussis sont la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest et la Communauté économique des États d’Afrique centrale. L’Organisation de l’unité africaine (OUA) œuvre également pour le développement du commerce et du développement économique interafricains.


    MYTHES ET CROYANCES

    Les mythologies africaines sont si nombreuses, complexes et variées qu’elles ne peuvent faire l’objet d’un panorama exhaustif. Bien que la tradition et la transmission orales propres à la culture africaine constituent un obstacle majeur à cet effort de recensement et qu’il ne faille pas négliger l’importance primordiale des parcours initiatiques, seules clés pour toucher réellement le cœur de la signification symbolique des rites et des légendes, on peut dégager d’une vision d’ensemble des mythologies africaines quelques caractères généraux communs aux différentes croyances. Ceux-ci se regroupent autour de trois points : l’existence d’un Dieu suprême inaccessible aux humains et régnant sur l’Univers ; la présence d’un groupe formé d’un large nombre de divinités couramment invoquées par les hommes ; enfin, l’importance de diverses sortes d’esprits et de génies liés à de nombreux aspects de la vie quotidienne.


    L'ETRE SUPRÊME


    L’un des points de convergence des mythologies africaines réside en la croyance en un Être suprême qui crée et gouverne l’ensemble de l’Univers, espace rigoureusement ordonné. Cette divinité s’inscrit dans un registre à part au sein des différents panthéons. Elle porte le nom d’Amma chez les Dogon du Mali, de Juok chez les Chillouk (Shilluk) du Soudan. Au Togo, au Bénin et au Ghana le peuple Fon considère Mawu-Lisa, couple divin formé de la Lune et du Soleil et figurant par sa dualité l’équilibre de l’Univers, comme la Divinité suprême. Mawu représente le principe féminin, sa figure est associée au froid, à la nuit et à la fécondité. Lisa est le principe masculin incarnant la force. Le couple crée la Terre avec l’aide de Dan, le serpent cosmique, et engendre les quatorze divinités du panthéon. Pour les Yoruba, peuple du Bénin et du Nigeria, la divinité majeure est Olorun, ou Olodumaré, dieu du Ciel qui règne sur 400 Orisha (divinités secondaires) et sur les esprits de la nature. Chez les Bamileke, elle est nommée Si. Au Burundi et au Rwanda elle porte le nom d’Imana ; pour les Peul elle se nomme Gueno ; pour les Sérères du Sénégal, Roog Sène ; pour les Douala, Nyambe ; pour les Malinké et les Bambara, Mangala ; pour les Massaïs, Ngai. Une divinité du même type existe également dans les croyances d’autres peuples africains tels ceux du Kenya, de la Tanzanie et de l’Éthiopie. Au Mozambique, l’Être suprême est connu sous le nom de Muluku.


    Les dieux

    1. Héros civilisateurs
    Les différents panthéons africains sont composés de très nombreuses divinités.
    Ne possédant pas le statut inaccessible des Êtres suprêmes, elles font l’objet de rites plus développés et suscitent une ferveur plus grande. Au premier rang se situe souvent un héros civilisateur, culturel, fondateur. C’est le cas de Nommo, personnage central de la mythologie dogon, qui civilise la Terre en faisant don aux hommes de la parole enseignée par son père Amma. En Ouganda, le premier homme porte le nom de Kintou. Il épouse Nambi, fille du Dieu suprême, souverain du Ciel, Gulu. Pour les Fon, le héros civilisateur porte le nom de Gu. Il enseigne aux hommes de nombreuses techniques, notamment celles concernant le travail des métaux.

    2. Quelques dieux et messagers divins
    Parmi les autres divinités d’importance, il existe par exemple chez les Yoruba Ogun, le dieu du Fer, des Forgerons et de la Guerre et Legba, messager des dieux, qui aide les hommes à agir sur leur destinée. Au Rwanda et au Burundi c’est le dieu Ryangombe, roi des esprits mbandwa, qui occupe une place prédominante.

    3. Divinités de la nature
    Parmi les autres divinités il faut ajouter celles directement liées à la Terre, au Soleil et à la Lune ainsi que celles associées aux manifestations naturelles comme la pluie, à l’exemple de Wamara, dieu des peuples de la région des Grands Lacs, la foudre ou le vent. Pour les Yoruba, c’est le dieu Sango qui préside aux phénomènes atmosphériques, en particulier au tonnerre. Au Mozambique, le dieu Tilo règne sur le ciel et déchaîne les orages.

    4. Hommes divinisés
    D’autres dieux sont associés aux travaux agricoles, à la fertilité, à la chasse et la pêche mais également à une grande variété d’activités humaines comme l’art de la forge ou la poterie. Certaines divinités, enfin, sont des ancêtres divinisés ou bien des personnages appartenant à l’histoire du groupe, du peuple, par exemple des souverains ou des guerriers défunts. Pour certaines ethnies, le statut de divinité peut être acquis par des personnes vivantes et certains rois ou chefs religieux bénéficient de ce privilège.


    Les esprits et les génies
    Venant compléter la liste des divinités, les esprits et les génies jouent un rôle primordial dans les croyances africaines.

    1. Esprits
    Les esprits sont pour la plupart ceux des ancêtres, qui sont parfois extrêmement redoutés. Les esprits des morts, nommés abazimu au Rwanda et au Burundi, sont considérés, lorsqu’ils sont mécontents, responsables de maladies ou de problèmes variés. Chez les Bantous, peuple au sein duquel les récits mythologiques sont peu développés, c’est le culte rendu aux esprits des ancêtres défunts qui occupe la place prépondérante. D’autres formes d’esprits peuvent être associées à de nombreux aspects de la vie humaine mais les plus nombreux sont ceux évoquant des puissances de la nature.

    2. Génies
    Les génies existent quant à eux sous des formes diverses. Au Sénégal notamment, ils peuvent prendre la forme d’animaux, en particulier de serpents ou de chats. Les animaux considérés comme des incarnations de génies sont protégés et il est interdit de les tuer. Les génies peuvent également posséder une apparence humaine. Ils sont parfois assimilés à des lutins et, tout comme les génies, ils peuvent avoir une influence bénéfique ou néfaste. Ainsi chez les Bambara du Mali, Wokolo est connu pour être un génie malveillant. Le génie peut être attaché à une personne, un groupe social ou un lieu. Certains résident ainsi dans la brousse ou dans un arbre, une source, un bosquet bien précis. On peut ajouter que des génies des eaux et de la brousse sont supposés être à l’origine de la création du peuple Bambara.


    Les mythes
    Parmi les mythes qui nous sont parvenus avec le plus de détails figurent essentiellement les récits ayant trait à la création de l’Univers.

    1. Mythe cosmogonique dogon
    L’un des mieux connus, en raison des travaux réalisés au Mali par l’ethnologue Marcel Griaule, est celui appartenant à la tradition dogon. Sorti du néant, l’Être suprême, nommé Amma, doté de la parole, crée l’œuf primordial, qui par la suite est assimilé à la Terre. Amma fait de cette dernière son épouse et conçoit avec elle un premier fils connu sous le nom de Renard Pâle. Celui-ci s’empare d’une partie de l’œuf primordial, vol considéré comme un acte incestueux commis sur la personne de sa mère. Pour réparer cette faute qui met en péril l’ordre universel, le second enfant d’Amma et de la Terre, Nommo, à la fois homme et femme, s’offre en sacrifice. Il est ensuite ressuscité par son père qui crée alors, en les façonnant dans de l’argile, quatre paires de jumeaux qui forment les huit ancêtres de l’humanité. Nommo les élève au rang d’hommes en leur transmettant la parole. Ce mythe est rejoué pendant plusieurs jours lors du Sigui, la plus grande des fêtes dogon célébrée tous les soixante ans.

    2. Mythes cosmogoniques yoruba et chillouk
    Pour les Yoruba le monde prend naissance grâce à Olorun, dieu du Ciel. Il crée la Terre et y envoie son fils, connu sous le nom d’Obatala ou Orishala. Mais celui-ci s’enivre de vin de palme et ne réalise aucune des tâches que son père lui a confiées. Olurun charge alors son second enfant, Odudua, d’accomplir sa volonté. Celui-ci crée la vie sur la planète en plantant les diverses espèces végétales. Par la suite les autres divinités, au nombre de seize selon certains récits, descendent à leur tour sur terre.

    Pour les Chillouk du Soudan, Juok le Dieu suprême crée l’ensemble de l’humanité en la façonnant à partir de diverses sortes d’argiles. Cette pratique de modelage des êtres humains à partir de l’argile se retrouve dans de nombreuses mythologies africaines.

    3. Mythes de la mort
    Parmi les mythes importants il convient également de citer ceux ayant trait à l’origine de la mort. Dans nombre de mythes, un animal, chargé par l’Être suprême de transmettre un message aux hommes pour les informer de leur immortalité, s’attarde en route ou est détourné de son chemin. Le message du dieu ne pouvant être délivré par la faute de l’animal, les humains ne peuvent plus dès lors échapper à leur destin de mortels. Dans d’autres légendes, les hommes sont eux-mêmes à l’origine de cette fatalité parce qu’ils ont négligé de se soumettre à certaines exigences divines.


    Mythes, société et quotidien

    Cette vie spirituelle, peuplée de dieux, de génies et d’esprits, est intimement mêlée à l’existence quotidienne des peuples africains. Quelques mythologies offrent même une explication directe à l’organisation de certaines sociétés. C’est le cas notamment du système de castes qui existe chez les Dogon, au Mali. Pour ce peuple ainsi que pour les Malinké et les Bambara, la mythologie imprègne avec tant de force les différents aspects de la vie humaine qu’il existe par exemple une correspondance entre elle et les différentes parties de l’anatomie humaine ou le système astronomique. En outre le rapport au monde invisible s’exprime tout au long de l’existence des peuples africains au travers de manifestations organisées pour célébrer la correspondance entre monde terrestre et monde spirituel. Ces cultes, auxquels sont liés divers objets tels les masques et les statuettes, se réalisent sous des formes que l’on retrouve chez les différents peuples : sacrifices sanglants ou non, offrandes, récitations, chants, musiques et danses célèbrent des rites liés entre autres à des questions de purification, d’initiation, de commémoration ou de levée de deuil.
    Le monde des dieux et des forces invisibles qui gouvernent le monde habitent le quotidien de la spiritualité africaine et dans certaines régions, où pourtant le christianisme et l’islam ont pris une large place au fil des siècles, les croyances ancestrales jouent toujours un rôle prépondérant, ancré au plus profond de l’âme africaine.


    Informations complémentaires :

    http://fr.encarta.msn.com/refedlist_210001072_1/Afrique_précoloniale.html

    http://fr.encarta.msn.com/refedlist_210001072_0/Afrique_coloniale.html

    http://fr.encarta.msn.com/refedlist_210001072_2/Exploration_européenne.html

    http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761555353_4/Afrique_noire_littérature_d'

    .html#p36

    http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761574805/Afrique_noire_art_d'.html#p2

    http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_741527624_2/Afrique_noire_musique_d'.htm

    l#p11


    Source : Encarta
     

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