CMC : prévision de croissance pessimiste pour 2005

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 15 Septembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Alors qu'ils avaient prédit en mai dernier un taux de croissance de 1,2 %, tendance au demeurant en nette rupture avec le cycle ascendant enregistré au cours des années 2003 et 2004, les scientifiques du Centre marocain de conjoncture (CMC) viennent de réviser à la baisse leurs prévisions conjoncturelles pour cet exercice. Pour l'heure, estime Ahmed Laaboudi, directeur général de cet observatoire privé, compte tenu des aléas climatiques et de la flambée des cours du pétrole, la croissance du PIB en termes réels ne devrait pas dépasser 1%.

    Les nouveaux éléments imposés par la sécheresse et par le renchérissement de l'or noir vont introduire, non seulement un fléchissement au niveau de l'activité globale, mais aussi pourraient procéder à une modification du profil de l'activité économique pour l'exercice en cours.

    Lors d'un point de presse tenu hier mercredi à Casablanca, M. Laaboudi a indiqué que l'importante décrue que connaîtra le secteur agricole aura des effets dépressifs sur l'ensemble des rouages de l'économie et affectera le niveau de l'emploi et des revenus.


    Dans ce contexte particulièrement délicat et incertain, avec un prix de pétrole qui a avoisiné la barre des 70 dollars, les équilibres macroéconomiques devraient, eux aussi, subir une altération sensible.

    A ces vicissitudes d'ordre beaucoup plus exogène et leurs implications sur la production, s'ajoute aussi une demande externe très affaiblie avec des pertes de parts de marché notoires.

    De telles perspectives ainsi pressenties pour 2005, renchérit M'hamed Tahraoui, devraient se situer dans un contexte particulièrement inflationniste, l'ICV ( Indice du coût de la vie) se ravivant avec la hausse des prix importés. Selon lui, cet indice qui commence par connaître une tendance particulièrement vive devrait atteindre en 2006 les 3%.

    Mais pour les analystes du CMC, en dépit de ces trous d'air que traverse la conjoncture nationale, «l'économie marocaine dispose de marges de man½uvres assez intéressantes» susceptibles de limiter les dégâts. Faisant montre d'un optimisme très mesuré, ils font valoir, entre autres coudées franches, la relative bonne santé des finances publiques et la reprise que connaissent certaines activités.

    Ainsi du secteur du bâtiment et des travaux publics qui enregistrerait un «dynamisme remarquable» grâce aux programmes à terme lancés par les pouvoirs publics et les projets prévus dans les branches liées au tourisme, au transport et aux télécommunications.

    L'effort de restructuration de l'économie nationale entamé depuis quelques années devrait lui permettre de faire face aux caprices climatiques et aux incertitudes de la conjoncture mondiale. Tant et si bien qu'en 2006, les conjoncturistes de cet observatoire avancent le fait selon lequel le PIB, en termes réels, devrait enregistrer une hausse de 4,9%.

    Pour eux, ce nivellement de la croissance vers le haut tirerait profit du déploiement remarquable qu'afficheraient les secteurs touristiques, des télécommunications et de certaines activités liées aux services.

    Reste que dans cette configuration, le CMC estime que sur le front de l'emploi, la situation resterait tendue, alors que la consommation des ménages enregistrerait un net ralentissement.


    Abdelali Boukhalef
    Le Matin
     

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