Colloque avant le Sommet de l'Union maghrébine : Sur les pistes d'un rapprochem

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 21 Mai 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    «Marocains et Algériens sont appelés à discuter ensemble de leur avenir. Il leur était nécessaire de le faire depuis longtemps que cela». Cette conviction est largement partagée parmi le parterre de journalistes et d'opérateurs économiques marocains et algériens qui ont fait le déplacement, hier à Rabat, à l'initiative du Centre Lahcen Lyoussi. L'occasion était le colloque qu'organisait le Centre, présidé par Mohamed Lyoussi, sur «la coopération maroco-algérienne et l'édification du Maghreb». Une rencontre qui intervient à quelques jours de l'ouverture à Tripoli, le 25 et 26 de ce mois, du Sommet de l'Union maghrébine.

    Un sommet dont on prédit qu'il contribue à la relance de la coopération entre les deux pays considérés comme les moteurs essentiels de cet ensemble régional.
    La conjoncture aidant, marquée notamment par une décision algérienne de levée de la procédure des visas aux ressortissants marocains qui fait suite à une décision similaire du Maroc à l'égard des ressortissants algériens, la rencontre de Rabat se propose de transcender les questions politiques pour aborder les questions plus concrètes de la coopération économique. Les opérateurs économiques du Maroc et de l'Algérie qui se sont retrouvés hier à Rabat ont appris à se jauger et à s'apprécier ces derniers mois.

    A l'initiative de la Fédération des Chambres de commerce et d'industrie du Maroc, un voyage des hommes d'affaires marocains a été organisé de l'autre côté de la frontière marocaine les toutes dernières semaines durant lesquelles les deux parties ont manifesté leur intérêt à travailler ensemble. Les opportunités d'échange existent, affirmeront en chœur les opérateurs économiques du Maroc et de l'Algérie. Habib Yousfi, président du patronat marocain et son homologue marocain Hassan Chami développeront l'argumentaire de la complémentarité entre les deux économies marocaine et algérienne. Le défi maghrébin est dans toutes les bouches.


    Un ensemble régional, devant permettre de faire face à la mondialisation et à l'ouverture des frontières, se profile comme alternative salvatrice. Un ensemble dont la construction achoppe sur des questions politiques. L'affaire du Sahara en est la principale qui bloque la dynamique de ce projet initié au début des années quatre-vingt et dont le lancement officiel s'est fait en terre marocaine. «Le Maroc et l'Algérie en détiennent la clé, si toutefois ils décident d'affronter leurs difficultés pour regarder vers l'avenir ».

    C'est là , par ailleurs, un des messages essentiels des rencontres de dialogue qui se multiplient ces derniers temps entre des personnalités de la société civile et économique des deux pays. Que faire pour promouvoir la coopération entre Rabat et Alger sur le plan économique en particulier ? Quels sont les freins à l'échange commercial entre les deux pays ? Ce sont quelques questions de fond que pose le colloque du Centre Lahcen Lyoussi.

    Responsable du gouvernement marocain, notamment le ministre du Commerce extérieur, personnalités maghrébines, comme le secrétaire général de l'UMA, opérateurs économiques et hommes des médias se sont appliqués à indiquer les pistes pour la promotion des relations entre les deux pays.

    Le ministre du Commerce extérieur, Mustapha Mechahouri, a affirmé l'existence d'une volonté commune et inlassable de dépasser les divergences politiques, quelle que soit leur intensité, pour activer constamment le processus de normalisation des relations politiques. «Ce nouveau contexte qui laisse entrevoir des perspectives prometteuses pour notre coopération économique gagnerait à être soutenu par une volonté ferme à même de faciliter une solution politique durable et consensuelle à la question du Sahara marocain», a-t-il déclaré.

    Les échanges commerciaux bilatéraux sont loin de refléter les potentialités que recèlent les économies des deux pays. M. Mechahouri appellera à dynamiser les relations commerciales et économiques à travers une exploitation optimale des ressources humaines et naturelles dont regorgent les deux pays. Le même message est souligné par les partenaires algériens à cette rencontre.
    Leur analyse ne laisse pas de doute. Les opportunités de la coopération économique entre le Maroc et l'Algérie existent. Il importe de les définir ensemble pour une dynamisation nécessaire des échanges.

    Regarder les relations maroco-algérienne dans un cadre plus élargi de la coopération régionale est également une piste indiquée par les intervenants à cette rencontre, à laquelle participaient nombre de représentants de la scène politique, notamment des chefs de partis de gauche et de droite.
    L'optimisme des participants à la rencontre, leur ouverture sur le futur et leur réalisme qui consiste à regarder en face les réalités de l'environnement économique régional et international tranchent avec les positions figées et entêtées qu'exprimait le chef de l'Etat algérien la veille même de l'ouverture des travaux des ministres des Affaires étrangères en préparation du Sommet maghrébin qu'abritera la Libye les 25 et 26 mai.

    Abdelaziz Bouteflika réaffirmait non moins son soutient au polisario. Une position aussi imprévisible, à un moment où les contacts se multiplient des deux côtés des frontières dans le but d'un retour à la normal des relations entre le Maroc et l'Algérie, qu'incompréhensible lorsque le chef de l'Etat algérien qui, compte se rendre à Tripoli pour le Sommet de l'UMA, parle de sa volonté d'œuvrer pour «l'édification d'une Union forte pour servir les intérêts de l'ensemble des peuples de la région ».

    Parmi ces peuples, il y a évidemment ceux du Maroc et de l'Algérie qui continuent de vivre des drames humains en raison de la fermeture des frontières entre les deux pays.

    Des populations qui ont vu dans la suppression des visas par les deux pays et dans la rencontre de mars dernier entre les deux chefs d'Etat du Maroc et de l'Algérie, l'espoir d'une réconciliation durable.


    Khadija Ridouane
    source: Le matin
     

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