Colloque sur le bilan et les perspectives de la privatisation

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 9 Décembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Depuis son lancement en 1993, le programme de privatisation a dégagé une recette globale de 77 milliards de dh, résultat de la cession totale ou partielle de 44 sociétés et 26 hôtels. Ce constat a été rappelé hier à l'occasion de la tenue du colloque sur le bilan et les perspectives de la privatisation organisé par le ministère des Finances et de la privatisation en coordination avec la délégation de la commission européenne.


    Inaugurant cette rencontre, le ministre des Finances et de la privatisation, Fathallah Oualalou, a souligné que l'objectif de ce colloque consiste à établir un bilan d'étape, afin de faire le point sur ce qui a été réalisé et surtout, d'en tirer les enseignements pour un réajustement du processus, compte tenu des évolutions de l'environnement national et international.
    Un bilan positif, "réconfortant", selon le ministre des Finances et de la privatisation, d'abord en terme de recettes, mais surtout, en terme d'implications sur les entreprises privatisées elles-mêmes, sur l'amélioration de l'environnement concurrentiel dans les secteurs d'activité, la redynamisation du marché financier et la relance de l'investissement. Si 70 opérations ont été réalisées sur les 102 retenues initialement, certaines d'entre elles resteront marquées à jamais dans les annales de la privatisation, eu égard à l'impact qu'elles ont eu, aussi bien en terme de recettes, qu'en terme de transfert de savoir-faire et d'accélération des investissements. Il s'agit tout d'abord de l'opération historique de la privatisation de Maroc Telecom, qui a connu trois moments forts.
    D'abord en 2001 avec la cession de 35% du capital et une recette de 23,34 milliards de dh, en 2004 avec l'introduction de 14,9% du capital sur les bourses de Casablanca et de Paris, une opération qui a drainé près de 9 milliards de dh et enfin la cession de 16% de son capital au prix de 12,4 milliards de dh. Non moins importante, l'opération de la privatisation de la Régie des Tabacs, dont 80% du capital a été cédé au groupe Altadis, a drainé à l'Etat un pactole de 14,08 milliards de dh. En troisième position on trouve les sucreries nationales Surac, Sunabel, Suta et Sucrafor qui sont revenues au groupe marocain Cosumar avec un montant d'acquisition de 1.368 millions de dh. La dernière opération en date concerne la cession de 38% de la Somaca, dont 26% du capital ont été cédées en 2003, et le reliquat, à savoir 12%, a été transféré en 2005. Cette transaction, d'un montant global de 95 millions de dh est accompagnée par la réalisation par Renault d'un projet industriel visant à créer une voiture familiale, en l'occurrence la "Logan", destinée au marché intérieur et à l'exportation.
    Certes, les privatisations ont permis de renflouer les caisses de l'Etat, puisqu'en moyenne, les recettes des privatisations sur la période 1993-2003 au budget général de l'Etat ont été de 5,8% avec des pics de 24,5% en 2001 et de 13,8% en 2003. Mais à partir de 2001, une part importante de ces recettes est transférée au Fonds Hassan II pour le développement économique et social. En juillet 2005, ce fonds a absorbé plus de 23 milliards de dh, provenant des recettes de la privatisation. L'impact sur l'investissement étranger a été également ressenti, puisque la souscription cumulée des investisseurs étrangers a atteint 63 milliards de dh à fin septembre 2005. Une situation qui a permis au Maroc de se positionner au 3ème rang juste après l'Afrique du sud et le Nigéria, en terme de pays destinataire d'investissements étrangers.
    Les résultats encourageants obtenus en matière de privatisation ( seules les sociétés ICOZ et SIMEF ont nécessité l'intervention de l'Etat) incitent le gouvernement à poursuivre ce programme, notamment à travers les politiques de libéralisation sectorielle et le développement des partenariats public-privé (PPP). Ainsi, pour l'année 2006, la loi de Finances a prévu des recettes de privatisation de l'ordre de 4,4 milliards de dh. Cette recette sera dégagée, entre autres, de la privatisation des 20% du capital restant de la Régie des Tabacs, de 79,46% du capital de la COMANAV, de 100% du capital de Biopharma et de 99,95% du capital de SOCOCHARBO.


    LIBERATION
     

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