Colonies de vacances : Drame de Ras El Ma

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 22 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Un centre datant de 1944 et précarité des infrastructures
    Accusés et témoins devant le juge d’instruction le 25 juillet
    Le dossier d’instruction n°38/2005 concernant le drame de Ras El Ma est loin d’être clos. Accusés et témoins seront entendus une nouvelle fois le 25 courant pour complément d’enquête.


    L’affaire est déférée devant le tribunal de Première Instance de Meknès qui est habilité à statuer pour ce genre d’affaires.

    On a appris que, lors de la première séance, seuls quatre parents de victimes ont été entendus, deux autres étaient absents, ce qui explique l’ajournement pour le 25 juillet pour convocation des autres témoins.

    De sources concordantes, on a appris que le juge d’instruction maître Abdelwahed El Hajoui s’apprêterait à retourner sur les lieux du drame pour déterminer les responsabilités de toutes les parties concernées dans cette affaire.

    Six encadreurs de l’association « Yacoub El Mansour » ont comparu devant le juge d’instruction. Seule l’économe de l’association est maintenue en détention provisoire, poursuivie pour provocation involontaire d’un incendie ayant entraîné la mort de six (6) personnes, d’homicide et blessures involontaires conformément aux articles 432, 433, 435 et 607 du Code pénal.

    Karima El Karnaoui, née le 12-07-1984, est comparue dans un état psychique et moral de grand abattement. Elle ne cessait de répéter en sanglots qu’elle aime ses enfants, qu’elle les adore... mais...

    Effectivement, elle a oublié d’éteindre la bougie, éreintée par une journée d’activité très éprouvante.

    Contrairement aux allégations de certains, il s’est avéré que la colonie n’est pas munie de dispositifs d’extinction de feu, et que Karima dormait dans la tente « maudite » qui avait pris feu, comme nous l’avons relaté suite à l’enquête que nous avons menée sur les lieux du drame.

    Si effectivement la police d’assurance datée du 01-07-2005 sous le numéro 05375115505632 couvrait toute la période de l’estivage, du 02 juillet au 17 juillet, pour 150 personnes, ce sont d’autres défaillances qui surgissent : âge des enfants, mesures de sécurité, surpeuplement des colonies, manque de contrôle et laisser-aller flagrant.

    Selon un responsable de la colonie de vacances de Ras El Ma, on s’apprête à accueillir 2700 enfants pour la seconde période d’estivage alors que la capacité d’accueil est estimée à 1500 bénéficiaires.

    Quand on sait que les infrastructures de ces centres - Ras El Ma, Bensmim, Kharzouza, Timliline, Aïcha Mbarek - datent des années 40, on peut se demander s’il ne fallait pas réaménager ces centres avant de lancer certaines opérations d’envergure.

    Revenant au centre de Ras El Ma, de sources officielles émanant de la délégation du ministère de la Jeunesse, on a appris que ce centre, situé à 14 km d’Azrou et à 05 km d’Ifrane, s’étend sur 90 hectares, avec quelque 5 constructions en béton, 41 cabanes en bois et 134 plates-formes destinées à l’installation de tentes. Sa capacité d’accueil ne dépasse pas 1500 places.

    Inauguré en 1944 au c½ur de la forêt, à une altitude de 1600 m, le camp est alimenté en eau potable à partir de la source Ras Al Ma. Pour l’approvisionnement en électricité, il est assuré par un groupe électrogène relié à un réseau interne qui, d’ailleurs, connaît plusieurs problèmes.

    Le centre qui date de 1944 n’a jamais connu de réaménagement notoire, avec le surpeuplement : 2700 au lieu de 1500. On imagine les conditions d’estivage pour des petits de 9 à 14 ans. Mais comme nous l’a relaté un responsable, chez nous, on attend toujours le pire pour réagir.

    Concernant l’association « Hassaniat Yacoub El Mansour » , sa colonie se composait de 120 enfants - 84 garçons et 36 filles - encadrés par 11 moniteurs et 05 monitrices.

    Au moment du drame, 1484 enfants répartis sur 10 associations se trouvaient au centre. Fort heureusement, l’incendie a été vite maîtrisé par les moyens de bord...


    PAR: H. BENMAHMOUD
    Source: L'OPINION.
     

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