combien y'a-t-il de ahmed au bled?

Discussion dans 'Scooooop' créé par geamsa, 27 Septembre 2006.

  1. geamsa

    geamsa Visiteur

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    L’enfant sauvage


    Quelques jours après son
    admission à l’hôpital .[​IMG]




    Ahmed Yassine, 6 ans, a passé la moitié de sa courte vie enfermé avec 4 chiens et 30 chats, dont il partageait la pâtée. Né sous X, il a été adopté par une femme aujourd'hui sur le banc des accusés, jugée pour maltraitance. Retour sur un fait-divers particulièrement sordide.


    Plus de quinze jours après la découverte d'Ahmed Yassine, la demeure où il a été séquestré trois ans dans des conditions de vie sordides, contraint de partager son enfance et des restes de nourriture avec quatre chiens et une trentaine de chats, effraie encore les voisines de Zahra G., propriétaire de la maison du drame, accusée d'être responsable de l'état de délabrement physique et mental du petit garçon. Il faut dire que la bâtisse coincée dans une impasse, et à moitié achevée, a pris un aspect lugubre et mystérieux dans l'imaginaire des habitants, imprégné de la vision de cauchemar d'Ahmed, découvert nu, à l'état sauvage, très sale, avec des ongles de plusieurs centimètres, le visage caché par une chevelure impressionnante. Devenu une star dans son quartier, Samir raconte pour la énième fois comment il a découvert Ahmed, dont personne ne soupçonnait l'existence dans le derb, d'après les dires des voisins : “Depuis ma terrasse, j'ai vu une forme aux cheveux longs qui marchait, voûtée. J'ignorais si c'était un animal ou un jenn. Certains ont même affirmé que c'était un extraterrestre tombé de la lune”.
    D'ailleurs, les policiers appelés à la rescousse ont été si effrayés par l'aspect de l'enfant qu'ils n'ont pas voulu l'approcher, laissant à Hamouda et à d'autres woulad derb le soin de le récupérer, avant de le vêtir d'habits de fortune. L'être, qui a semblé surnaturel aux habitants, était on ne peut plus humain mais avait été traité de façon inhumaine. Selon le rapport médical, l'enfant de six ans avait le poids et la taille d'un gamin de trois ans, il était dans un état avancé de malnutrition et présentait, entre autres, des traces de morsures de chiens sur plusieurs parties du corps. “Le premier mot qu'il a prononcé, est kelb (chien). Qui plus est, quand il a aperçu des chats traînant à l'hôpital, il a été pris de panique”, raconte Fathia Charaoui de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) qui a été l'une des premières, avec quelques habitants du quartier, à rendre visite à l'enfant à l'hôpital. “Au début, il réclamait sans cesse à manger et de l'affection. Puis, il a voulu se promener sans arrêt comme un prisonnier privé de liberté depuis trop longtemps”, ajoute-t-elle. “Il se protège des inconnus en mettant les mains devant son visage comme pour parer les coups”, constate, pour sa part, Hamouda. D'après les personnes qui ont pu le voir à l'hôpital, l'enfant présente des difficultés d'élocution mais conserverait des souvenirs antérieurs à sa détention. Ainsi, il a réclamé une bicyclette à Samir et Hamouda en précisant la couleur : “blanche”. “Quand je suis allée le voir à l'hôpital, il m'a immédiatement reconnue en m'appelant Mama Khadija”, raconte sa tante, qui a élevé l'enfant de sa s½ur, né hors mariage, jusqu'à l'âge de trois ans, avant de le confier à Zahra. G.

    La matrone du derb
    “Quelqu'un a fracturé la porte de la maison de Zahra”, s'inquiète une vieille dame, propriétaire de la maison mitoyenne de la présumée coupable. Quelques uns des chats que nourrissait Zahra G. se sont échappés par la porte entrebâillée et stationnent dans la ruelle, dans l'attente d'une nourriture qui ne viendra plus : “Zahra avait l'habitude de donner à manger à tous les chats du quartier”, ajoute la femme qui décrit l'accusée comme une dame respectée dans le quartier. La mère biologique d'Ahmed, interrogée par Al Ahdath Al Maghribia, dépeint Zahra G. comme bienveillante mais colérique. “Je ne l'aurais jamais cru capable de tant de cruauté”, renchérit une autre voisine qui s'habitue, peu à peu, à la curiosité des gens des quartiers voisins, venus voir de près le lieu où Ahmed a souffert le martyr. Animés par le voyeurisme et l'indignation, les Marrakchis ont également afflué en masse au tribunal, lundi dernier, lors de la comparution de l'accusée. Plus de 500 personnes à un procès, on avait jamais vu ça de mémoire de Marrakchi. La curiosité des gens s'explique par le côté sordide de l'affaire mais aussi par la personnalité de l'accusée. Zahra G. était une notabilité à Bab Doukkala. Ex-secrétaire du procureur du roi à Marrakech, cette retraitée (elle a bénéficié du DVD) avait imposé un respect mêlé de crainte grâce à ses entrées à la police et au tribunal. “Elle intervenait souvent pour faire libérer les jeunes du quartier”, raconte la mère de Samir. “Quand je suis allée prévenir la police, je l'ai trouvée au commissariat en train d'intercéder pour un habitant arrêté pour vente de cigarettes au noir”, raconte ce dernier. Pourtant, malgré ces petits services de bons voisinage, les habitants disent tout ignorer de la vie et des allées et venues de Zahra G. : “elle rentrait très tard chez elle, on ne la croisait jamais” raconte une habitante. Aujourd'hui, Zahra G. bénéficie du conseil de cinq avocats. “C'est grâce à ses relations”, explique un membre du barreau marrakchi qui a requis l'anonymat.

    Enfant de l'exclusion
    Si les années de martyre d'Ahmed contiennent beaucoup de zones d'ombre, l'enquête étant en cours, les trois premières de sa vie sont relativement bien connues : “Ma s½ur a accouché d'Ahmed alors qu'elle n'était pas mariée. Zahra a voulu adopter l'enfant dès sa naissance mais nous n'avons pas voulu. Je l'ai donc élevé jusqu'à l'âge de trois ans avant de le lui confier car je ne pouvais plus subvenir à ses besoins. J'avais entière confiance en elle car c'est une amie de la famille depuis plus de trente ans. Mais chaque fois que je demandais des nouvelles, elle m'expliquait qu'il était chez sa s½ur à Rabat et que tout allait bien pour lui”, raconte Khadija en larmes, au siège de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) qui a décidé de se porter partie civile. “Nous voulons grâce à ce procès dénoncer la situation dont sont victimes les enfants nés hors mariage”, explique Omar Arbib de l'AMDH. Il est rejoint en cela par l'association Touche pas à mon enfant qui a dépêché également son avocat à la première audience de lundi dernier : “Ahmed est devenu malgré lui une icône tragique de la maltraitance. Ce procès sera l'occasion de souligner qu'il n'y a pas d'enfants de la honte”, précise Aniko Boehler de cette association. Pour sa part, Khadija ne sait pas si elle doit porter plainte ou s'en remettre aux avocats de l'AMDH. Elle affirme pourtant posséder une procuration de sa s½ur, la mère biologique de l'enfant mais cette dernière, qui s'est mariée et a eu deux enfants légitimes depuis la naissance d'Ahmed, ne semble plus vouloir entendre parler de cette affaire. Après une interview anonyme accordée à Al Ahdathe Al Maghribia, elle fuit aujourd'hui les médias et craint de devoir venir témoigner au tribunal : sur le point d'accoucher à nouveau, elle a peur du regard réprobateur de la société vis-à-vis d'Ahmed, ce “would l'hrame”, comme l'ont appelé certains habitants bien-pensants du quartier. La naissance du petit Ahmed était un secret connu seulement de quelques femmes proches de la mère biologique et de Khadija, sa s½ur. L'oncle de l'enfant martyr a lui-même participé au sauvetage, sans savoir qu'il avait affaire à son neveu. Il a, lui aussi, jeté l'opprobre sur cette mère qui a abandonné son enfant, avant d'apprendre le lien de sang qui les unissait. Depuis, il n'a plus remis les pieds dans le quartier. Aujourd'hui, la mère adoptive, Zahra G., qui a comparu à nouveau vendredi dernier, est sur le banc des accusés. Si elle a pu maltraiter Ahmed si longtemps en toute impunité, c'est sans doute parce que la société cloue au pilori les filles mères et condamne leurs enfants à la clandestinité. Quant à Ahmed, malheureuse victime d'une morale qui le dépasse, il a été, selon une source médicale, transféré à l'hôpital militaire de Rabat sur instructions de Lalla Latifa, mère de Mohammed VI.
    Par Hassan Hamdani,
    envoyé spécial à Marrakech
    telquel(n°230)

    :(
     
  2. atlasabdel

    atlasabdel Visiteur

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    Re : combien y'a-t-il de ahmed au bled?

    lah yakhoud fiha 7a9
     
  3. geamsa

    geamsa Visiteur

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    Re : combien y'a-t-il de ahmed au bled?

    est ce qu'on peut nous imaginez dans l'état de ahmed? est ce qu'on peut savoir ce que ahmed a dû endurer pendant ces trois ans? et comment croire qu'une enfance pourait vivre une vie (3ans) sans qu'on s'occup de lui? ce bébé qui a vécu dans la rue, où dormait-il? que mangeait-il? qui fréquentait-il?
    il est né sans foyer, il a pas de mére, sa tante l'a abandonné à 3ans, son pére n'existe pas, il a vécu 3 ans dans la rue, ahmed, au moins il a un prénom. c'est tout ce qu'il est "un nom"
     
  4. ذات النقاب

    ذات النقاب أختكم في الله

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    Re : combien y'a-t-il de ahmed au bled?

    :-( nass 9lobhoum 9sat
     

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